APERÇUS DIVERS
Traiter à demi un sujet très-neuf et très-abstrus, c'est risquer de fatiguer le lecteur sans l'instruire. J'ai craint cet inconvénient, et gêné par le défaut d'espace, j'ai dû renvoyer au tome suivant l'exposé des hauts moduls (0 auquel j'avais affecté le livre III.
A parler net, ce traité n'est pas d'absolue nécessité pour initier les lecteurs aux dispositions sociétaires ; il ne sera désiré que par les rigoristes, qui veulent des mé-
(») Modul !!! Pourquoi ne pas s'en tenir aux termes usités, qui sont, mode, module et modulation? C'est que ces trois mots ont un sens limite , spécial et très -différent de celui dont il s'agit ici. Je dois adapter un nom nouveau a un sens nouveau, s'il est vrai, selon Condillac, que les mots sont les véritables signes de nos idées. J'adopte mode et modulation, termes d'analogie, ayant le même sens en passionnel qu'en musique : mais module , nom de dimension en architecture, en numismatique, ferait équivoque en passionnel ; je préfère modul, pour indiquer les \ formes des Séries pass.
Des Tava.U-propos, j'ai réfuté ces objections parasites contre
thodcs pleines et sans lacune , des théories ralliées à l'ensemble de la nature.
Celle classe de lecteurs sera exigeante sur les preuves, et pensera que le 4e. livre qui contient un aperçu des équilibres passionnels, a plutôt l'air d'un tableau de plaisirs que d'une théorie d'unité sociale.
Pour obvier à ce reproche, j'avais projeté de placer, ayant le tableau des équilibres, une théorie des calculs d'où l'on extrait cette doctrine. Ces calculs très-étendus auraient désabusés les gens superficiels qui seront tentés de croire , en lisant le livre IV, que la théorie des équilibres est un beau rêve non etaye de démonstrations méthodiques.
Loin de là : les preuves seront surabondantes; mais il n'y a pas d'inconvénient a les différer. Si quelques lecteurs les exigent, on est assuré que le grand nombre veut une prompte initiation, et répugne a s'engager dans un dédale de calculs. Je me bornerai donc, dans deux articles, à donner un aperçu des sujets que devaient traiter les deux m'( lions du liv. IIIe.
Je désigne sous le nom de moduls d'Harmonie . les
h néologie obligée , et je dois rappeler à ce sujet la tolérance des grammairiens sur les bizarres expressions qui sont chaque jour mises en scène par la finance elle commerce, comme le cumul etle débet , le déorocktmenâ de la rente et le rac irnt
de la pratique. Tout est permis en néologisme, quand les agioteurs
ont dicté L'ordre ans académies. M. us un Provincial , un Paria,
ijui a L'impertinence de faire des découvertes sans être academî cien , doit-il être admis aux droits dont jouit chaque limiei d'agiotage .' Non \ ceua-ci ont le prii 'ilege île néologisme grossier et inutile; un inventeur n'a p.i> même le droit de néologie tecu nique et obligée' \ oilà la justice littéraire.
quatre méthodes employées dans la distribution des Séries.
1°. En simple , 2°. en mixte, 3°. en mesure, 4°. en puissanciel.
On peut les comparer avec nos méthodes employées
dans le langage , savoir : r j
D D ' Correspondance.
Modul 1er., simple, — prose ordinaire.
Modul 2e., mixte , — prose poét. ou mêlée de vers.
Modul 5e., mesuré, — vers libres.
Modul 4e., puissanciel, — vers suivis et stances.
La méthode simple est celle des civilisés dans leurs tableaux de la nature, où ils se bornent à passer consécutivement des classes aux ordres , de là aux genres , puis aux espèces, etc., négligeant de distinguer les transitions.
Cette méthode a été suivie dans la série des banqueroutiers, qu'on a lue aux Inter-Liminaires (III, 124). On y a distingué 3 ordres, 9 genres, 36 espèces : je n'ai pas mentionné celles de transition. Le mode simple ne les classe pas séparément.
La méthode mixte a été employée (II, 219) dans le tableau nominal des crimes du commerce. Elle est déjà plus féconde en accords que la simple ; elle est plus distincte en progression croissante et décroissante ; elle donne plus de saillie, plus de contraste aux subdivisions de genres et d'espèces : en outre, elle détache les transitions, qu'elle sépare aux deux extrêmes, en double sorte, selon ce tableau d'une série mixte à 64 espèces.
I P. TS. Ordre ascend. Centhe. Ordre descend. TS. TP.
Cette division a tous les avantages de la simple, et y en ajoute d'autres, comme de mieux graduer les termes,
")1 1 ASSOCIATK»- COMPOSÉE.
rt mieux distinguer les transitions en deux primaires et quatre secondaires. Mais il reste, dans cette méthode, le tort de ne pas distinguer et graduer les pivots. Elle a seulement un grand corps pivotai , qui est figuré ici par le n°. 8. Ces distinctions sont encore loin de l'harmonie désirable dans une série. Celle-ci peut subdiviser ses termes copieux, faire de 7 et 8 les sous-séries 2,5,2: et 2, 4,2.
On obtient des accords bien plus nombreux, un classement plus méthodique et plus varié , si Ton emploie le r>e. modul, ordre mesuré , ou distribution par octaves et pivots. Elle est de divers degrés : nous ne parlons ici que du 5e., contenant 2 octaves. C'est celui qu'on emploie pour classer les tribus et les chœurs d'une Phalange sociétaire (III, HO) : cette méthode est ébauchée (III, 459 • t ï 10) : je vais la tracer régulièrement.
I ABLE PIYOTKF DUS 16 TRIBUS ET s2 (MŒURS. Gamme 7naj?ure ou chœurs masculins.
. 1. [5. Foyers. 14. 16. a
J ! Bas K Bauts ! H
g pivots. X pivots. :
^^^^g^^aaa^^^"" -n^/-^-" "^^^^^*^**^*^^^a^^i ■ "
GaniwM mineure ou chœun feminii
j I i ihiis de .. .., .. ,
11». S > U 91. J 1 1 1 m de
^ \ complément.
ao. 1 ;
Les rhilVros désignent lei chœurs masculins.
Tes lettres désignent !<"* chœurs féminins.
PS
Le foyer ou grand pivot est quadruple, composé de
La Magnalure, l'Aréopage, l'État-major, la Régence.
On dispose ainsi les lettres de l'alphabet naturel :
Les 4 foyères : A long , A bref ; 0 long , 0 bref ;
4 voyelles [redoublées] en bas pivots, 4 "en sous-lransition :
12 consonnes en majeur, 12 en mineur, correspondant comme les 6 couples,
Majeur Be. De. Se. Je. Gue. Ve.
Mineur Pe. Te. Ze. Che. Que. Fe.
Couples qu'il faut porter à 12; je les indiquerai.
Cette distribution, dite mesurée , est la plus commode pour établir des affinités ou sympathies en matériel et en passionnel.
De tout temps la classe qui aime le merveilleux a rêvé des calculs sur les sympathies. Le défaut de notions fixes a donné sur ce sujet beaucoup de crédit aux charlatans et magiciens. Quelques savants ont pensé confusément qu'il pouvait exister une théorie fixe en ce genre ; ils ont essayé quelques systèmes simples, et n'en ont obtenu aucune lumière sur cette énigme.
Les sympathies et antipathies ont été pour Dieu l'objet d'un calcul très-mathématique ; il a réglé celles de nos passions aussi exactement que les affinités chimiques et accords musicaux.
Je comptais préluder sur celte matière dans le 3e. livre, qu'il est forcé de renvoyer. Ce délai s'accorde bien avec l'annonce faile(fII,425),d'èIeverd'abordlesdiscipIes en routiniers, à la manière des maçons gâcheurs, qui deviennent architectes par pratique.
Bornons-nous donc à l'argument de la science différée.
Les sympathies ne peuvent s'établir méthodiquement
qu'en graduant les caractères par douzaine, avec pivot et transitions, selon le tableau ci-dessus.
Os douzaines ou octaves doivent être distribuées do manière à produire 3 sortes d'accords :
1°. Le contraste progressif majeur et mineur, qui est en rapport avec les tierces, quartes, quintes et sixtes musicales.
2' '. Le conjugué progressif ou identique. On peut en voir les degrés dans le tableau suivant, où la série se conjugue sur elle-même en divergence.
r>(>. L'alternat progressif, selon lequel les sympathies doivent alterner du contrasté au conjugué, et du mode majeur au mode mineur.
Celte division correspond aux trois passions distribuâtes, qui doivent régir les sympathies, comme tout»' autre harmonie.
La cabaliste régit les accords contrastés; La composite régit les accords identiques; La papillonne régit l'alternat des accords.
Appuyons-nous de quelques détails.
Rien de plus connu que les accords de COBtnttC : j'ai déjà prouvé que les espèces vicinales sont discordantes en passions comme en notes musicales ; que la femme blonde préfère l'homme brun ou opposé en couleur; que i. groupe cultivant le heure uris sera antipathique atec celui du heure vert, espèce trop rapprochée*
Le tort des philosophes, toujours simplistes, s été de penser que cet accord de contraste était l'unique bons sole des sympathie*. kUcs ont besoin de se former aissi
en identique ou homogénéité de penchants, qui se trouve dans les caractères parfaitement semblables. Une âme veut ces 2 sortes de sympathie , pour être bien équilibrée en accords composés.
L'accord identique ou conjugué existe par degrés entre les 16 âges correspondants, selon la série ci-dessus. L'accord est plein, 8 8, entre les deux tribus, 4. bambins, 16. patriarches : leurs goûts se concilient à merveille. L'accord est 7/8 entre les tribus, 2. chérubins et 15. vénérables. Enfin, il est très-faible, réduit à la dose de 1/8, entre les deux tribus