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CHAPITRE IX

Lacune de Ralliements d'amour.

Lacune forcée, par le préjugé qui m'oblige à supprimer la partie gracieuse du calcul des ralliements, le quadrille d'équilibre amoureux.

Ralliements d'amour. Mode.

Par le Fe'at : ( Ascendant ,

Par TAngélicat : J de Tinf. au sup.

Par le Faquirat : \ Descendant,

Par le Pivotât. } du sup. a l'inf.

La suppression de ces quatre articles est d'autant plus gênante pour moi, qu'ils auraient désappointé les malins , portés à supposer qu'une théorie de libre amour est une théorie d'obscénité.

A coup sûr toute liberté de ce genre serait, chez les civilisés, une source d'impudicitéet de dévergondage; mais, en Harmonie, les quatre ralliements d'amour sont des gages de sublimes vertus sociales, correspondant sel< n la table suivante :

AuFéat, l'Hospitalité composée [féade.]

A I'Angélicat , le Civisme composé.

Au Faquirat, la Charité composée.

Au Pivotât, la Constance composée [muséade.] Les quatre ralliements d'amour conduisent au but que se proposent les moralistes et môme les romancierfaire prédominer en amour le principe spirituel noiimx affection sentimentale, céla.'onie (570), illusion do l'< 9 prit et du cœur; à prévenir l'influence exclusive du prin

i<)^ ASSOCIATION COMPOSl

eipe matériel ou lubricité (379), qui, lorsqu'il est seuf dominant en amour, dégrade l'espèce humaine, la ravale au niveau des brutes.

Ce vice est très-fréquent dans les amours civile surtout dans ceux de mariage , dont la plupart, au bout de quelques mois et peut-être dès le second jour, ne sont rent que brutalité pure, accouplement d'occasion, provoqué par la chaîne domestique, sans aucune illusion ni d'esprit, ni de cœur : effet très-ordinaire chez la masse du peuple, où les époux affadis, bourrus, et se querellant pendant le jour, se réconcilient forcément au chevet, parc e qu'ils n'ont pas de quoi acheter deux lits, et que le con- , le brut aiguillon des sens, triomphe un instant de la satiété conjugale. Si c'est là de l'amour, c'est du plus matériel et du plus trivial.

Tel est pourtant le piège sur lequel spécule la phil< phie, pour transformer la plus gracieuse di^ passions en source de duperies politiques, exciter la pullulation de la populace, et stimuler de pauvres gens au travail, par l'aspect de leur progéniture en haillons. Quel noble rôle donné à l'amour, en ('change de la liberté qu'on lui ravit ! On fait de lui, chez les civilisés, un fournisseur de viande à canon; et chez les Barbares, un persécuteur de la moitié faible du genre humain : voilà, SOUS les noms de sérail

1 1 mariage, les honorables Ponctions qu'assignent à l'amour nos prétendus amants de la liberté!

nfiw les fices de leur politique amoureuse, ils i poussent toute idée de calcul sur les propriétés de l'amour libre. Ignorants et trompeurs sur les emplois opportuns de la liberté, ils n veulent iHimitee dans le connnei dont les crimes (II, 219) et les fourberies (III. 124) appellent de toute part le frein des lois; et ils privent d<

■ iule liberté l'amour, dont le vaste essor en Série pass. conduirait à toutes les vertus, à toutes les merveilles en politique sociale. Quelle science malencontreuse que < théories de libertés civilisées; quel instinct d'opposition à tous les vœux de la nature et de la vérité!

Brisant sur l'impéritie philosophique, raisonnons stractivement sur les emplois du libre amour.

Les équilibres cardinaux dont nous traitons sont < parablcs à un char qui, pour marcher, a besoin de ses quatre roues. Il est perdu du moment où l'une des quatre est brisée ou enlevée : c'est ce qui arrive de la théorie des ralliements. Le préjugé enlève au char une de quatre roues, en excluant la théorie des ralliements d'amour, qui doivent donner à la passion les plus vaste* développements en accords de tous degrés (JII , 356).

Ce n'est qu'à ce prix qu'on en fait naître les sublimes accords décrits sous le nom de ralliements , et dont la propriété est d'absorber l'égoïsme et les discordes individuelles dans les accords des masses ; propriété dont j'ai souvent expliqué les emplois spéciaux en régime sociétab voyez (LU, 578), application aux subsistances (111, 509 ; application aux grandes réunions domestiques, etc., etc.

Sur l'obstacle dont je me plains , des ergoteurs me répondront : c Donnez votre théorie d'équilibres sociaux . » en supprimant ce qui touche à l'amour ; elle sera un peu » moins étendue; on jugera également de ces applications » utiles. » À les en croire, il semble que la théorie, tronquée d'une de ses quatre branches , doive conserver les 3 f de sa valeur. C'est raisonner comme s'ils prèlendaienl que le char dont on aura enlevé une roue, fera encore i<l- " I «lu chemin qu'il aurait fait avec les quatre roues. Il sera perclus à ne pouvoir pas avancer de quatre [>■

ASSOCIATION COMrOSl'i .

I est l'étal où Ton réduit la belle théorie de l'équilibre passionnel. si, pour complaire au préjugé, l'on en retranche le ralliement d'amour qui est, parmi les quati le plus fort absorbant de l'intérêt, le plus puissant red'union entre les inégaux.

J'ai décrit dv> cône \ . . > les

trois autres cardinales, et surtout dans l'ambition; mais ils ne sont pas de nature à remplacer ceux qui naissent de l'amour. C'est, parmi les quatre passions cardinales, celle qui fournit le plus de liens : les beaux accords décrits aux chapitres de l'ambition, régularisent la marche «le l'intérêt; ceux d'amour ( notés 461) ont un autre emploi, qui est d'absorber l'intérêt : sous ce rapport, aucune autre des troi- , issions cardinales ne peut suppléer aux lacunes en ralliement d'amour.

Prévoyant que je serais arrêté à ce chapitre, par les ronances morales, et que cette lacune paralysa tout l'expose de la théorie, j'ai de longue main préparé !" lecteur à cet incident; je l'en ai averti dés l'avafltpropos.

Sans - onlrariété, je n'aurai pas eu besoin de

tant de précautions ni de si longé prolégomènes, pour (ormer l'opinion du lecteur; il a dû s'étonner souvent de trouver dans le i oui - de l'ouvrage des détails qu'on pourrait juger hors-d'uuvre, comme l'analyse du lien conjugal, aux Inler-Iimii 't de la duperie des savants i Intérim, II, r>'iS).

Au premier coup d'oeil on traita les accessoires d« diatribes superflues, de chevilles et redondances qui tardent l'exposé de la théorie; il n'en est rien : i d - digressions nécessaire i pour rappeler - que

le siècle n'< :t d'entendre la vérité en étude

de la nature , et qu'il faudra par cette raison le priver <|p< plus belles portions d'une théorie dont pourtant j'annonce la découverte intégrale.

Pour convaincre le lecteur de la fausseté de ses jugements en étude de la nature , je l'ai remontré , dès l'introduction, sur ce qui touche aux destinées matérielle* climatériques , dont j'ai traité dans la grande Note A. Elittraite de l'impéritie des modernes en calcul d'harmonie physiques du globe. Lorsqu'on voit les esprits faussé à ce point, sur des branches d'étude que le préjugé n'entraverait pas, comment augurer quelque bon sens relativement aux études réprouvées , comme celle des emol* du libre amour?

En vain les présenterais-je comme tableaux des mœurs établies dans Saturne et Herschel; mœurs toutes favorâbles aux quatre vertus d'hospitalité, civisme, charité et constance ; on n'amènerait pas la philosophie intolérante à capituler sur le chapitre de la liberté amoureuse et dés combinaisons qu'elle produit en tous degrés de gamme (III, 357). Il est donc force de mutiler la théorie, la réduire à des aperçus partiels non susceptibles de lien général, ni de preuves complètes sur l'art d'équilibrer en plein les passions de tous degrés.

Je continuerai, néanmoins, car il est des branches vn régime sociétaire, entre autres celle de l'induslriejournalière , où l'on a peu besoin du secours que prêteraient les ralliements d'amour. Mais en calcul d équilibre passionnel général et de répartition satisfaisante pour les trois (acuités, capital, travail et talent, c'est celui qu'il aurait i urgent de décrire avant de passer au grand problème de la répartition.

Il est aisé de reconnaître que l'amour est la passioi

i66 ASSOCIATION COMPOSKL.

plus puissanlc on mécanisme de ralliements : déjà , parmi nous, il sait créer subitement des liens entre un roi et une bergère, entre une princesse et un simple soldat : les trois autres affectives peuvent bien, par fois, opérer des rapprochements entre inégaux; mais non des ralliements aussi forts, aussi subits.

C'est donc l'amour qui possède par excellence la propriété de ralliement, et c'est de lui qu'on tirera les plus puissants leviers, soit pour le rapprochement et L'affection entre inégaux , soit pour l'art de concilier les antipathies naturelles ou accidentelles. Mais le préjugé si complaisant sur les obscènes peintures d'un sérail turc , sur les mœurs immondes ou atroces des Barbares, ne veut pas admettre le tableau des amours d'un peuple libre et décent, d'un régime satisfaisant pour tous les âges , où la vieillesse trouverait l'art de s'affranchir des vils moyens de séduction pécuniaire ; où la jeunesse trouverait dans le calcul de sympathie occasionnelle, des milliers de charmes inconnus en civilisation.

Ces mœurs honorables sont réprouvées par l'ombra geuse philosophie : je lui cède le pas, en supprimant la théorie des ralliements sur laquelle je n'ai fait (pie préluder, .le ne doute pas que les auteurs de cette lacune ne soient les premiers 6 se plaindre de mon extrême circonspection.

Entretemps : on peut les remontrer sur la marche vraiment illibérale qu'ils ont donnée aux amOUTS civilisés : on

n'en voit naître que des liens d'égolsme sui\ is d'un oubli eomplet. Tri couple s'est adore avec grand étalage de

ion, et peu de temps après les deux individus (n

UC- eu d'autres liens, soit de mari âge, soit d'amour, sonl

iussi indifférents, aussi étrangers l'un a l'autre, que s'ils

ne s'étaient jamais connus. Ingratitude provoquée par la morale , qui déclare champions de vertu ceux qui oublient , pour une épouse, tout lien antérieur. Même dépravation dans l'opinion. Elle prône ceux qui, oubliant toutes les maîtresses passées , leur refusent tout secours , et ne considèrent que la dernière en date.

Cet ègoïsme sanctionné par la philosophie conjugal* est l'opposé du but de la nature, qui veut créer des liens nombreux et stables dans les 4 branches d'affection. Que l'amour soit tout entier pour la dernière venue, cela n'importe; mais l'équilibre social exigera qu'on maintienne des liens entre amants qui se seront quittés. L'usage sera de se titrer en héritage , lorsque les amours auront eu quelqu'éclat, soit en passion, soit en durée. Aussi les hoiries d'amour joueront-elles un grand rôle dans la 5e. portion de 1/4 ou 1/5 , donnée aux affections autres que celles de consanguinité ou d'adoption.

Les courtisanes, par instinct, devinent le vœu de la nature ; elles se font doter et pensionner ; elles ont raison : si la flamme était si ardente, au dire de l'amant, n'est-n pas juste qu'il en reste quelque chose, ne fût-ce que pour l'honneur des serments tant prodigués ?

Le titre d'hoirie une fois concédé en Harmonie n'est plus révoqué. Une telle action serait infâme ; la maîtresse régnante s'en ombragerait, et craindrait, avec raison, d'essuyer le lendemain pareille avanie. En môme temps, la cour d'amour notifierait à l'égoïste révocateur, qu'il n'est plus admissible à ses séances. Une quarantaine Séries industrielles qu'il fréquente, lui notifieraient que son nom est voilé sur le tableau , et qu'entache par un procédé civilisé, il ne sera admis aux séances <i s qu'avec un crêpe jaune au bras.

iG8 ASSOCIATION COHPOS1

Les hommes ètanl titrés en hoirie par les fenun l'amour devient pour les deux sexes une belle chance d'héritages; il est même probable qu'il figurera pour un quart en concurrence avec les descendants, les collatéraux <: les adoptifs. On n'aura que très-peu d'amis a titrer en hoirie; les amis, s'ils sont jeunes, ont les \ chances précitées, et, s'ils sont vieux, ils se trouvent d'ordinaire enrichis par lesdites hoiries et les bénéfices industriels.

Les liens d'hoirie en amour d'Harmonie sont de di\< rs degrés, dont le principal est le Pivotât, ou lien de constance composée, amour omnimode x , qui s'amalgame avec tous les autres. On appelle pivotale, une afieclion qui broche sur le tout, a laquelle on revient périodiquement, et qui se soutient en concurrence avec d'autres .unours plus nouveaux et plus ardents.

Tout caractère de haut titre, bien équilibre, doit avoir en Harmonie des amantes pivotales ou amants pivot, iu\ . non compris le courant, c.-a.-d. les amours de passions successives , et le fretin ou amours de passade, qui sont très-brillants en Harmonie, vu les pa de légions

d'un et d'autre sexe. Ils donnent lieu a tous les couples d'amants de conclure des trêves de quelques jours, lesquelles I rêves ne sont point réputées infidélité, pourvu

qu'elles soient régulières, consenties réciproquement aprè> coup , et enregistrées des le lendemain de la variante, en chancellerie de 1 1 oow d'amour, alin de démentir l'intention de fraude cachée.

Cet contâmes , je le répète , sont celtes de la planète

Her$€h$l, qui, n'étant point honorée des lumières de la

philosophie ni des maladies siphyllttiques, suit en amour

des usages fbfl opposés aUX nôtres : tel est le pivota! cite

plus haut, qui donne lieu h et trés~heaui ralliements

qui est appui de la constance simple, seule connue parmi nous.

La civilisation ne s'est élevée à aucune étude sur le simple et le composé en amour , sur les belles conbinaisons sociales dont l'amour composé est susceptible quand il module en tous degrés de gamme ( III, 557 ). De cet oubli résulte une plaisante bizarrerie; c'est d'avoir ennobli la populace amoureuse, les titres bourgeois et soli tones, et d'avoir avili les officiers passionnels (p. 439), les polytones, qui sont seuls aptes aux régies de Séries amoureuses. Par suite de cette subversion biérarchique, le système des amours en civilisation est le pur jacobi nisme erotique, la souveraineté du peuple passionnel, c'est-à-dire de tous les bas titres caractériels, et l'avilissement de tous les hauts titres ou âmes susceptibles de liens grandioses, et d'aptitude à la direction générale. C'est un mécanisme dont l'examen sera des plus curieux.

Un indice de cette subversion est l'opinion régnante sur les deux principes ou éléments d'amour (379). Lubricité et Céladonie. On feint de dégrader le premier, le matériel , qui pourtant domine exclusivement ; puis on feint de considérer le 2e., le spirituel, qui est non-seulement ridicule par le fait, mais inconnu, confondu avec des duperies sentimentales et visions comme celles de la tante Aurore. Taule d'étude sur l'élément spirituel, on n'a pu ni découvrir les belles combinaisons qu'il peut produire, comme YAngëlicat et le Faquirat (461 ), ni constater l'état insocial et dépravé des amours civilisés, où règne le plus vil égoïsme, la provocation légale à l'ingratitude. Mais brisons sur ce sujet, puisqu'il a été convenu de le passer sous silence.

(Not.O. En terminant sur les ralliemenl lervons

i70 ASSOCIATION COMPOSi

qu'il eût fallu traiter de celui de haute transition, donne par les propriétés politiques du veslalat. >.égligeons ce sujet; il faudrait, dès celte lre. livraison, 4 volumes au lieu de 2, si je voulais entrer dans les détails méthodique ment nécessaires.

Pôst-àlabLes. — Résumé sur les RalliemenU

le trioaire en leviers, et (juaternaire [591 en mode

La théorie des ralliements est, comme tout l'ensemble du calcul sociétaire, un nouveau monde social. En v in troduisanl des lecteurs novices, il faut leur ménager quelques points de direction et de reconnaissance.

La meilleure boussole pour eux sera de se délier de l'arbitraire, exiger des calculs réguliers. Les passions sont l'ouvrage de l'éternel géomètre; il ne procède pas arbitrairement comme Platon et Sénèquc, réprimant telle passion et proscrivant telle autre. Il ne les a pas cr< inutilement : elles ont un emploi; il s'agit de le déterminer par des règles fixes.

Des milliers de théories sur la morale et l'équilibre social nous persuadent que la modération et la répression sont les voies de sagesse. Je viens de prouver, dans L'aperçu des ralliements cardinaux, qu'on n'arrive BUI équilibres sociaux que par un vaste dévelopement des passions, un essor illimité, mais contre-balancé par qu i druplc impulsion.

J'ai démontré que chaque passion doit ,

1°. Opérer par base composée, mettre en j<mi ses deux éléments indiqués à la table | 379 , c'esl la lro. condi tion d'équilibre, Par exemple, en mécanisme d'ambition , si l'on ne fait intervenir que fini inj 1 1 ijl>ire. OU lu

gloire sans l'intérêt, on n'arrivera qu'aux discordes sociales ; et ainsi des trois autres passions. Il faut, dans tout essor de passion, donner cours à ses deux éléments ou principes. On a vu, dans les quadrilles (583, 421 , 450), que si l'un des deux principes domine dans chaque impulsion , l'autre y intervient, quoiqu'en moindre influence.

Cette première règle (combinaison des 2 éléments, 193) est tout-à-fait inconnue de nos politiques. Ils en o : .• t donné, dans ce siècle, une preuve assez notoire, en prônant le commerce qui déclare franchement qu'il ne travaille pas pour la gloire, mais pour l'intérêt seul. (Elément simple.)

On prouverait aussi aisément, sur les trois autres passions cardinales, que nos théories, toujours simplistes, ne mettent en jeu qu'un seul des deux éléments.

2°. Développer la passion en contre-poids composé. Deux essors ascendants en direct et inverse; Deux contre-essors descendants en direct et inverse.

Cette règle a été observée dans les ralliements cardinaux (383 , 421 , 4o0), où j'ai mis en jeu 2 impulsions ascendantes et 2 impulsions descendantes.

Ladite règle est tout-à-fail inconnue de nos équilibristes; ils veulent réprimer au lieu de contre-balancer. Les plus sages d'entre eux ne sont toujours que des oppresseurs, voulant comprimer et modérer les passions d'autrui, pour donner cours aux leurs (voyez l'Ultra- Pause) : un mécanicien social doit donner cours à toutes les passions, sauf a régulariser leur marche par des contre-poids qui ne peuvent avoir lieu que dans l'état sociétaire.

3°. Alimenter l'essor en tous degrés (table, III, 357); opérer -Hir des matériaux assortis en tous échelon

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la méthode suivie dans les Phalanges; elles M formeot

un arsenal de matériaux, un clavier à SlO caracU i p. 139), distribué par Séries où se classent les vanet les gradations, de manière a former une échelle complète, un magasin où l'on ait la faculté de puiser des doses quelconques de chaque titre, et procéder méthodiquement à la formation et à l'engrenage des ac< passionnels.

Ces 3 principes ont été exposés dans le cours de la section, il convient de les rappeler aux étudiants, en le> combinant avec la règle déjà posée ( 591 ), ce qui donne une gamme de sept principes, savoir :

I relatifs au mode (391 ) :

," relatifs aux leviers, ci-haut (471 ) : .< Principe fondamental, les Séries pass. Au lieu de discuter sur ces développements restes et méthodiques-, nos théories civilisées veulent réduire chaque passion au plus faible essor, borner l'ambition aui petits bénéfices, au mépris des places lucratr eindre l'amour à une même femme pendant fa

entière.

Il faut enfin s'entendre sur ces chimères de modei non; elles B€ trouvant confondues lorsqu'on les BMl M parallèle avec les vrais équilibres que je viens de drenre, et qui se fondent sur des contre-poids et non sur des répressions

Les accords pajsionnels, nommés ralliement i «ni de passions immodérées, insatiables dans leurs désirs :

OU a vu qu'il faut, en Harmonie d*ambilion, convoiter des

trésors immenses, aspirer nui divers sceptres du monde :

qu'il faut en Harmonie de famillisme. étendre le Ken A

L'infini, par la polygamie masculine et f4m*me] sbsoi

légoïsme familial, dans les ramifications nombreuses de la parenté et des héritages ( sauf organisation sociétaire par Séries pass. )

Les sophistes n'ont admis le principe de Vaste essor que sur la seule amitié. La philosophie veut faire de tout le genre humain une grande famille de frères et amis ; mais elle ne veut tolérer que l'essor le plus médiocre en ambition, en amour, en famillisme.

Remarquons ici leurs inconséquences en théorie et en pratique; et d'abord en théorie. Que signifie cette prétention de donner plein essor à telle passion, et de réduire telle autre au plus faible développement? C'est accuser Dieu d'impéritie; prétendre qu'il a eu tort de créer telles ou telles passions; qu'il devait les supprimer ou les réduire au quart de leur intensité, pour complaire à Platon et Sénèque.

En pratique. Analysons les prouesses de la philosophie répressive : pour modérer les passions dans l'âge moderne, elle a mis enjeu la douce fraternité et l'amour du trafic.

En résultat on a vu la fraternité vouloir envahir et révolutionner tout le globe; prétention qui n'est rien moins que modérée. D'autre part, le trafic, avec ses monopoles, a voulu asservir et a de fait asservi tout le globe; de tels effets sont loin de la modération.

Il est évident, d'après ces preuves, que l'ambition est incompatible avec l'essor modéré, et que nos équilibrâtes sociaux tombent en duplicité de système, lorsqu'ils veulent développer l'amitié et modérer l'ambition. Ce sont les 2 sœurs, les 2 cardinales majeures ; elles interviennent mus cesse l'une avec l'autre. Si l'on veut comprimer l'une des deux, on i. 'aboutit qu'à les fausser loutes deux. C'«9l ce

i7l ASSOCIATION C0MP0S1

qui est arrivé : nous n'avons su organiser qui' di - amitiés trompeuses, el des ambitions insatiables sous le mai de modération.

Bref, nos pbilosophes, tout en raisonnant Bans o d 'équilibre et de balance, n'ont voulu faire aucune étude de la science des équilibres dont je viens de poser les 3 ils n'ont pas môme analysé les passions ni leurs éléments, encore moins les ressorts et degrés d'équilibre ils ne connaissent pas les matériaux sur lesquels ils veulent opérer; ils ne suivent d'autre boussole que l'arbitraire, que les caprices de Sénéque et Platon, auxquels ils ajoutent les leurs.

Par exemple, en Amitik, seule passion dont ils daignent autoriser le plein essor, la philanthropie uniurs-lb : . quels moyens recourent-ils pour y parvenir! Si on leur propose d'organiser des accords philanthropiques ou omnipbiles, titres Y el \ (M, 375), ils ne sauront pas construire la moindre pièce de cet accord; ou n'obtiendra d'eux que des verbiages sur les dedx charmes de l'amitié pure, les tendres plaisirs de la douce fraternité.

On ne trouve rien de ces langueurs dans l'amitié pbilantbropique : c'est une passion ardente et fougueuse ■ n -immodérée en degré ï ( III , 575 )-; ou bien une

sîod piquante, raffinée, ennemie «b1 la fadeur, en A v. décrit (III, 579 el 580), noteC.

Même ignorance en équilibre d'ambition. L'on veut modérer U ni intérêt t l'un des éléments de la passion I 379) : il n'a rien de vil quand il se combina atei la gloire , 2e. élément d'ambition] mais pour opérer i

alliance de l'intérêt el de la gloire, quelle voie suivent DOS

réformistes? Ils mettent enjeu l'esprit mercantile, dont tous les agents ont pour devise, le mépris

LITRE IV. SECTION VII. î 7 •»

s'écrient en chorus : Nous ne travaillons pas pour la gloire; c'est de l'argent qu il nous faut. Singulière prétention en mécanique sociale, que de vouloir modérer la soif de l'or et d'exciter l'amour du trafic ! On aura peine à croire , lorsque la civilisation sera finie , qu'elle ait pu , de propos délibéré, tomber dans des contradictions aussi lisibles.

Si nos équilibristes veulent modérer l'amour des richesses, pourquoi proscrire et réduire au moindre essor la passion la plus puissante pour balancer l'intérêt ? C'est l'amour, principal ressort de la libéralité. Harpagon, le plus tenace des hommes, laisse passer son diamant au doigt de la belle Marianne : si donc on veut établir dans les relations sociales une générosité universelle, il suffira de donner aux amours la plus grande extension possible , sauf la règle de développer les deux ressorts (379) et éviter les amours simples, purement matériels ou faibles en illusion, ne laissant après eux aucun lien capable d'exciter la générosité.

Il résulte de ces aperçus, que l'équilibre passionnel dont on a tant raisonné dans notre siècle, n'est point une science arbitraire comme celle des Platon et des Sénèque : il repose sur des règles fixes, que j'ai dans ce résume réduites au nombre de trois pour en faciliter le souvenir.

Si ces règles ne sont pas observées, ainsi que la condition primordiale d'Association par Séries contrastées, les passions deviennent l'image d'un orchestre d'instruments discords qui fausseraient à qui mieux mieux , et dont les auditeurs s'écrieraient : Arrêtez les violons, réprimez les basses, modérez les flûtes, etc. Ce n'est pas ainsi qu'on procède pour atteindre à l'Harmonie ; il faut bien accor-

derles instruments , et les diriger en jeu combm.

cun selon ses emplois indiqués en partition; après quoi

i! n'y aura rien à réprimer.

Tel doit être le jeu des passions : Dieu n'a pas crée ces >rts de mouvement pour les réprimer ; il veut au contraire leur donner l'essor le plus actif, sauf les emplois indiqués par synthèse de l'Attraction, et sauf à en régulariser la marche par les contre- poids dont la théorie nous restait à découvrir, et dont je viens de donner, sous le nom de ralliement, un aperçu qui relègue au rant: d«'v visions toutes les billevesées de modération.

IIÈME SBI

LA DÉRAISON POLITIQUE ET MORALE , OU LE PIÈGE DES OUVRAGES BIEN ÉCRITS.

• Quelque sujet qu'on traite, ou plaisant ou sublime. ■ Que toujours le bon sens s'accorde avec la rime. > Si le bon sens est exigé même en poésie, à plus forte raison est-il exigible en prose. Dès lors on ne voit pas à quel titre les moralistes peuvent se croire affranchis des règles du bon sens et du sens cou: dans leurs théories de modération.

Surpris de l'apostrophe , ils vont répliquer que rien n'est plus sensé (jue la morale douce et pure, é.ayée de la froide raison. Quant à moi , j'\ cherche vainement une lueur de raison, et je n'y trouve à chaque page qu'un tissu de folies. Choisissons pour preuve quelque fragment d'une de ces morales qui font le todb dl monde note, III. S2h ; la morale du divin Fénélon , ami des hommes et des dieux, oracle des saines doctrines de la simple nature. Voyons, dans cette courte analyse, à quel degré de folie les dogmes de modération peuvent conduire ■rit humain.

Apres avoir décrété de quelles couleurs les 7 classes de citoyens seront habillées à Sa'ente, et avoir assigné aux dernières classes les couleur: s rose, jaune et blanche; d'où il suit que les charbonniers, cordonniers et fabricants d'encre seront en habit rose , jaune et blanc, Mentor- continue par le décret suivant . qui serait assez mal accueilli dans notre siècle mercantile.

On ne souffrira jamais aucun changement., ni pour la naum . ai pour la forme des habits; car il est indigne que des hommes destines a une vie sérieuse et noble s'amusent à inventer des parures affectes voilà le congé de réforme pour les fabricants et ouvriers de mode : ni qu'ils permettent que leurs femmes, à qui ces amusements seraient moins honteux . tombent jamais dans cet excès. » Le décret est galant: ainsi, Mesdames, quand vous i parer d'un colifichet, votre époux, s'il est ami des saines doc1: doit vous défendre tout changement dans les parures et vêtements; ja

M hall, ni bonnet de nouveau goût ; ainsi l'exige la morale et pure du divin Fénelon.

[1 défendit irchandiaes des pays étranger* qui peuvent

478 ASSOCIATION COMPOSJ

• introduire le luxe et la mollesse. Qu'il se garde bien de pn cette morale aui Fabricants de Paris et <!e Lyon, ainsi qu'à ceui d'An erre, tous gens tort jaloui de rendre leurs coquilles à l'étranger. « Il régla de même la nourriture des citoyens II! ■ Ceci détient u

téressanl : le sieur Mentor \a nous prescrire et limiter nos mets à par pétuité. Quelques-uns se plaignent déjà du carême, qui établit celte gène pendant six semaines : ici la philosophie va plus loin: elle unit régler la nourriture pendant tout le cours de l'année. Mais \o statuts en

cuisine.

■ Quelle honte, disait-il, que les hommes les plus élerés fassent consister leur grandeur dans les ragoûts par lesquels ils amollissent leur i âme et ruinent incessamment la saute de leur corps! Jl faut donc, ajoute Mentor, borner vos repas au viandes apprêtées sans aucun ragoût; c'est un art pour empoisonner les hommes. Tout doui . seigneur Mentor; on nous citera tels indiv idus qui ne peinent se nourrir que de ragoût , même à déjeuné. Voilà bien les moralis'.es : ils veulent non-seulement soumettre a leurs caprices tous les esprits, mais, qui pi^ est . tons les estomacs.

I.e roi Idnméni t eu \ rai ami des saines doctrines re'.ranche dont tous les ragoûts . et Mentor retranche ensuite la musique m efféminée qui corrompait toute la jeunesse. U borne la musique aux

- . dans les temples, pour \ chanter les louanges des dieu\ et des héros, i Voilà de saines doctrines musicales : défendons tous 04

chants efféminés des Grétrj . des Saccnini : n'admettons que les musiques mâles, comme la CarmapioU et le Tragala, si nous roulons être au ton de la morale douce cl pore.

il défendit très-séfërement la magnificence des maisons, et roulul

• pie chaque maison un peu grande eût un péristyle. ■ Y penses-TOUS seigneur Féuélonî un péristyle est une magnificence très-coût< Voilà bien les moralistes : coûte qui coule , ils veulent que chacun se

conforme à leurs goûts , et un philosophe qui aura bâti un péristyle, ordonnera a tout citoyen d'en bâtir autant. Celui-ci reut «pie chaqtu maison ait de petites chambres pour les personnel libres. Pourquoi dans nu pays très-chaud connue Salente état île Naples . ne y. ■ mettre les grandes chambres salubres et bien aérées? Mais notre mora .unie b s petites chambres; il faudra (pie cha< un ne comm<

lui dans un réduit, tout en taisant l'énorme dépense d'un péristyle, qui suppose colonnes ou pilai I

L'article d'où j'extrai mettes ne s'étend qu'aune huitaine de

pages, ce qui rend les contradictions d'autant plus plaisantes qu'elles ne sont souvent qu'à un teuiiiei de dis tan e, comme les suivantes de l'attention des commerçants et économiste

Il faut régler l'étendue de terre que chaque famille pourra possédai :

• il ne faut permettre à chacune, dans chaque classe, que l'étendue ■ de terre, YBSOLUME>T NÉCESSAIRE pour nourrir le nombre d«

•> personnes dont elle est composée « C'est la loi agraire, l'arriére

secret de la morale douce et pure.

« Si l'on a planté trop de vignes, il faut qu'on les arrache ; le \ in est la source des plus grands maux parmi les peuples. Que le vin î,oii donc conservé comme une espèce de remède, ou comme une liqueur très-rare, qui n'est employée que pour les sacrifices. ■ Et ailleurs il dit) « qu'on n'admette que le vin du pays. >

>e garder du vin que pour les burettes!!! Voilà un moraliste bien endiablé contre les ragoûts et le vin : comment s'accordera-t-il avec- Horace et Anacréou, et même avec les sacrificateurs ou prêtres, qui ne sont point d'avis qu'on limite aux burettes l'usage du vin; ils aiment assez avoir du vin sur table : mais procédons au recueil des contradictions que notre moraliste va articuler, dès les pages suivantes , contre i précepte de loi agraire et destruction des vignes. • D'ailleurs, la liberté de commerce était entière à Saleute : bien loin » de le gêner par des impôts, on promettait une récompense à tout marchand qui pourrait attirer à Salente le commerce de quelque nouvelle nation. ->

Eh! sur quoi commercera-t-on dans un pays qui, ne cultivant que la quantité de terre absolument nécessaire pour nourrir son peuple, n'a pas de superflu à exporter? Un pays qui, arrachant les vignes et n'admettant que les vins du cru, ne peut acheter ni vins étrangers, ni liqueurs, également prohibées, et qui défend toutes marchandises de pays étrangers, pouvant introduire le luxe et la mollesse-, un pavs où le savant politique Mentor « retrancha un nombre prodigieux de mar - > chauds qui vendaient des étoffes façonnées de pays éloignes broderies, des vases d'or et d'argent, avec des ligures de dieux, d'hommes et d'animaux; des parfums, de beauv meubles, etc. • (Mentor a ordonné plus haut de rassembler tous les meubles somptueux et de les vendre aux Peucetes , pour éviter la corruption et la renvoyer charitablement chez les voisins.

Après tant de prohibitions, je ne vois pas sur quoi on pourra commercer dans une contrée qui ne veut rien acheter de l'étranger, et qui. n'ayant que les cultures absolument nécessaires, n'a rien a donner en

* change, rien à livrer au commerce extérieur.

Cet obstacle n'embarrasse pas notre moraliste, et il \a d'un trait de plume créée dans Salente un commerce plus immense que celui de Londres : écoutons.

Unsi les peuples ; accoururenl bientôt en foule de

■480 lssocj mon composé! .

le commerce (U^ cette \ille était semblante m ilu\ et réuni de la

i mer: le j entraient connue les flots \iennent l'nu sur l'autre

la franchise, la bonne /oi, la candeur semblaient, du liant de cc^ superbes tours, appeler les marchands des pays les plus eloi chai nn d'eui \i\ait paisidA et en saVtfc dans Salente. • Hola , Seigneur Fenelon ! \rnis ave/ dit pins haut qu'on irtranchait. c.-a-d. qu'on excluait et noiirthaniil tous ceoi qui vendaient les etotfi s de paya éloignés, les uns. Liqueurs, parfums, rases, meubles étrange | : que pouvaient donc tain- ;i Salente ces marchands fin apporta \rv i s trésors commt les flots viennent l'un sur l'ont n t Les marchai, viennent pus peur la promenade, et ne livrent leurs ti t'a bonnes

enseignes. Ils ne pom aient pas vendre ans Salentini des sub» puisque Mentor avait pris des précautions pour que chaque taniilh ei produisit le nécessaire : on pom ait encore moins vendra an\ Salentins des étoiles même d'utilité, puisque Mentor avait employé am arts nécessaires, comme draperie et toilerie. tous U> ouvriers qui sei * aux arts pernicieux : ces navigateurs ne vendaient i pices dans

nn pays qui proscrivait les ragoûts, ainsi que toutes tes production^ lines et riches : le paya ne buvait (pie du \in dn cru : sur quoi oiiimert aient ces légions ds marchands oui apporta* m I comme les flots viennent rua sur l'autre' Venaient-ils faire emple vertus? de la raiacaiss, u sonna roi, u csanana, que Mentor place m haut des tours de Salente' (.es denrées moraics n'ont rien qui ; tenter les marchands : il faut laisser la franchise . la bonne loi et la cas deur au-dessus des tours anperbea; si elles en descendaient ponrv4 la bourse, elles se trouveraient furieusement déj

Singulière science que la morale1 Quel étrange privilège que celui d'enseigner gravement des inepties, des contradictions stnpidcs qu'un entant de 10 ans rougirait d'avoir écrites l Horace «.lit que les peintres et les poètes peinent tout oser: il me semble que les moral1»

lient de ce droit. Quel dommage «pion ne rencontre plu» aV

comme [doménée, à qui nn moi pourrait dire

Change tes passion», rediiue la table : point de ragOtttS, ils amollis

l'âme; point de mus étn ds ruinent le corne; point d

. ni liqueurs: point de heau\ meubles m de be;m .

appartements: borne-toi à une petite cellule, selon le sage Mentor point (le couverts d'argent ni de raisseUe plate: mange dans une cailler de bois, selon Is morale douce et pure de Salente, qui défend les vases et meubles d'argent ; ob< Cmenl ans onlresdas phi

losophes; rrprinw trni» u» iIcmi s ; I vignes; I

les cultures et les propriétés ; établis la loi et ta seras digne

i\u beau nom de Roi pb ■ Voilà en résume la morale que

Mentor fait adopter au bon prince Idoménée : bonne pâte de roi; on n'en fait plus de cette trempe !

« Aussitôt Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain ex- » cellent (pourquoi si bon? le pain bis serait plus moral), du vin » du pays, qui est agréable et fort, avec des viandes simples. Personne

■ n'osa se plaindre d'une RÈGLE que le roi s'imposait lui-même ; et » chacun se corrigea ainsi de la profusion et de la délicatesse où l'on » commençait à se plonger par les repas. >»

Ladite règle prescrite et pratiquée par le roi ne s'accorde guère avec la règle précédente, qui veut qu'on réserve le vin pour les sacrifices et les médicaments ; qu'on n'en cultive que le nécessaire pour ces deux emplois. Voilà les Salentins réduits, selon l'usage moral, à opter entre plusieurs règles contradictoires ; celle de Mentor, qui ne veut point de vin à table, et celle du roi qui se fait servir sur table du vin agréable et fort, comme exemple à suivre. Ici les Salentins se rangeront à l'avis du roi, et avec d'autant plus de raison que Mentor, après avoir dit d'une part qu'il faut arracher les vignes, parce que le vin est la source des plus grands maux, dit, aux précédentes pages, qu'il faut en cultiver beaucoup : voici le texte.

« Mettez des taxes, des amendes, sur ceux qui négligent leurs cul-

■ tures; et Bacchus, foulant sous ses pieds les raisins, fera couler du » penchant des montagnes des ruisseaux de vin plus doux que le » Nectar; et les creux vallons retentiront des concerts des bergers. »

Nul doute que les bergers et paysans ne chantent miracle , quand ils verront les ruisseaux changés en vin aussi bon que du Nectar. La joie sera la même qu'aux noces de Cana. Mais il faudra bien leur permettre de boire de cet excellent vin, puisqu'on les punit par des taxes et amendes, s'ils en négligent la culture.

Un célèbre fabuliste blâme les médecins. Tant pis et Tant mieux . d'ouvrir deux avis contradictoires dont le malade est victime. Ces médecins ont au moins l'excuse de la dualité d'individus. Ici le moraliste étant seul ne devrait avoir qu'une opinion, et il en a non pas deux, mais trois bien distinctes : en effet,

i°. Il veut d'abord faire arracher les vignes, source des plus grands manx; n'en laisser que pour les sacrifices religieux, contre l'a\is des prêtres mêmes, qui ne sont pas fâchés de voir du vin sur table.

2°. Après avoir condamné l'usage du vin, il excite le roi à donner l'exemple de boire chaque jour, à l'ordinaire, du vin agréable ei fort c'est vouloir que le roi invite à l'immoralité , puisque le vin et les ragoûts sont la source des plus grands maux.

5°. Oubliaiit ses diatribes coutre le x in , il Boit par changer les ; IV. 2 1

482 ASSOCIATION COMPÛS.

seaux en vin délicieux comme du Nectar, dont les paysans ne manqueront pas de se gorger au point de tomber morts-ivres et se titrer dans l'ivrognerie a tous les déportements.

routes ci s contradictions sont applaudies movenuant le passe-; -te morale douce et pure. Un écrivain senaé et non philosophe aurait adopté une seule opinion, un parti raisonnable , comme de permettre qu'on but modérément du vin. chose assez nécessaire au cultivateur, sous un climat brûlant comme celui de Naples.

LVnelon, dans un autre chant de son livre, t'ait l'ék tffUs de Bacvhus pour charma- les souns des howtmes : pourquoi fOUloil «•n priver le cultivateur qui en a besoin, non pour se charmer, ma pour prévenir des maladies et réparer ses forces épuisées parles feux de la canicule? Un pauvre moissonneur brûlé pendant une journée pai le soleil de Naples aurait besoin d'un peu de vin pour se soutenir: il n'en aura point ; cela ne convient pas à la morale : il faut que les moissonneurs deviennent philosophes, qu'ils s'exposent à une bonne lièvre plutôt que de se restaurer par un verre de vin : ristHN t<nc<;

Le Tm.kmvou. est vante comme oracle des saines doctrines de l'éducation philosophique : je n'v vois, ainsi que dans tous les livres de 00 raie . qu'un tissu de fadaises faites pour fausser l'esprit iU-^ jeun* les conduire à la perdition s'ils suivent seulement le quart de ces pré: i eptes . que tout pire a bien raison de démentir par instituée?) cuti

202 ,TJn entant imbu de tels principes ne serait qu'un pédant h« bete arrivant a la table de son pi re . il \ verrait, comme dans tous tes me nages , un ragoût des restes de la veille : il faudrait donc qu'il sortit de table en disant au père : i Jr ru veux pas amollir mon <im( ni juin "U.s,, ii ,■ nia grandeur dans les ragoûts. Si c'est un prince élevé selon le Telcmaque, il faudra qu'en montant au troue de France, il ttia peuples : Habitants de Rordeaux et Cognac, de Languedoc et Pi » de Bourgogne H Champagne, arrachez tnut< gnes;n*engardea

QJUede quoi dire la messe: le \in est la sonn e des plus grands maux.

Quand il n'v aura plus ni vins ni enux-de-vie a rendre dans Bordeaux - et la Rochelle, dans Marseille d Cette. TOUS verre- II J

u courir de Joules parts, et les trésors \ entrer comme les t

v îer. nenl l'un sur l'auli I •( mal interprète!-, nplique-t -ou : lYnelou disait cela au ligure. • N .u vraiment : d'ailleurs, a quoi servent des pi qu'il ne faut

prendre qu'au BgSJTSJ ' U ordonn- ositifemeol . avev des SjagUI ' -s

sinistres contra ceux qui n'obéiront pas : |< m doute du

nilieu!' doctrines, examinons-en pièce -qnolqnee unes

d'où il sera évident que l'auteur veut anéantir la ci' HieatiOll I serait fort sage s il indiquai une meilleure société [Ganntiatnav, n\ 0,

II, 25); mais semblable à tous les philosophes, il veut détruire sans savoir édifier. Démontrons par des citations.

Éducation des Cretois : « On ne leur propose jamais d'autre plaisir ■ que celui d'être invincibles par la vertu. » Quelques-uns penseront qu'avec la vertu il faut de l'artillerie; encore n'est-on pas sûr d'être invincible avec des vertus et des canons. Si je ne craignais les longueurs, je voudrais analyser au moius vingt balourdises dans cette proposition de plaisir moral, où il est impossible de trouver un sens. Allons plus loin.

« En Crète, ou met le courage à fouler aux pieds les trop grandes » richesses. » Encore une vingtaine de balourdises dans ce genre de courage , comme dans le plaisir précédent. Tous les riches Cretois sont donc occupés à fouler aux pieds des sacs d'argent 1 S'ils le méprisent tant, pourquoi ont-ils pris la peine de le gagner? La belle chose que les idées morales, quand on les met en parallèle avec le bon sens.

« En Crète, ou punit trois vices qui sont impunis chez les autres » peuples, l'ingratitude, la dissimulation et l'avarice. » Eh! ce sont les colonnes de la civilisation. Egoïsmc, fausseté, cupidité. Si Fénélon ne veut pas de ces trois vices , il ne veut pas de la civilisation.

« En Crète, tout le monde travaille et personne ne songe à s'enrichir. » De plus fort en plus fort ! Comment se fait-il donc qu'il y ait tant de gens trop riches, mettant leur courage à fouler aux pieds les trop grandes richesses ? Ile fortunée! on s'y enrichit à l'excès, sans songer à rien gagner ! Le seigneur Fénélon a rêvé ici un effet de l'Harmonie sociétaire; il ne lui restait qu'à en inventer la théorie.

« On n'y souffre ni meubles précieux, ni festins délicieux, ni habits » magnifiques, etc., etc. On y boit peu de vin 'c'est dommage, dans le » pays de malvoisie). Tout au plus y mange-t-on de grosses viandes, » sans ragoûts. » Encore la guerre aux ragoûts et au vin ! mais les Mahométans qui ne boivent pas de vin, sont-ils meilleurs que nous? Voyez les massacreurs de Scio , les bourreaux ottomans occupés à faire périr une nation entière dans les supplices! Sont-ils donc moins virieui que les buveurs anglais qui lenr aident à exterminer les Grecs? [ 1822.]

Parlant du roi de Crète, il dit: « Les lois peuvent tout sur lui : il a » les maixs liées dès qu'il veut faire le mal ( voit i les principes jacobites

• dans un traité de morale douce et pure et d'éducation rertueus . Lei n lois, en Crète, ne veulent pas que tant d'hommes servent par leur » misère et leur lâche servitude, à flatter l'orgueil et la mollesse d'un » seul homme. Le roi m: doit bieh avoiu jjd-dessi - des ai rasa; il doit

• être plus sobre, plus exempt de faste qu'aucun autre; il ne doit pas i avoir plus de richesses et de plaisirs [la sainte égalité; : ce n'est

» point pour lui-même que les Dieux l'ont fait Roi , il ne l'est que pour être l'homme des peuples. Quelle horrible inhumanité de leur arracher les doux fruits de la terre qu'ils ne tiennent que de la naUin

raie et de la sueur de leur front ! » En substance, il veut qu'on supprime les impôts, qu'on rédirne la liste civile , qu'on lie les mains au Roi , et que l'autorité passe au peuple. \ oila en propres termes l'argot de la jacobinière , le pendant de la loi rtire conseillée plus haut. Cependant c'est Fénelon qui parle; c'est le livre sans pareil, la boussole d'éducation, la quintessence de morale douce et pure. Eh ! trouve-t-on dans la morale autre chose que l'esprit tnagogique allié aux rêveries de folles vertus? Tel est le piège de* ouvrages bien écrits : déraison politique et morale ; pas une phrase où l'on puisse concilier l'auteur avec lui-même ; pas un préeepte compatible avec l ns commun! Tout à l'heure Mentor a retranche ÎTS la musique molle et efféminée qui eorrompt toute la jeunesse, et plus loin il met n en quête pour aller chercher des chansonnettes ! 1 .1 berger revient avec sa flûte , et chante à sa famille assemblée lea nouvelles chansons qu'il a apprises dans les hameaux volaille. - Qooi . seigneur Fénélon ! vous voule/ ITT] qu'on mené une vie sérieuse et noble, saus aucune musique molle it efféminé i \ et voua conseillez de perdre le temps à s'occuper de chansons , en changer tous les jours ! \ telle page vous n'admettez que la gravite et la constance, puis au feuillet suivant vous prêchez la frivolité et la nouveauté aces misérables S^lentins. Vous dites : a Ils n'auront que du pain et des fruits de leur propre ter: Bel I la sueur de leur visage. L'époux avec leechatl

enfanta doivent revenir fatigues; tous les maux do. bravai] finissent B?ec la journée. * Les voilà donc harasses, ne songeant qu'à trouver leur soupe aux choux et leur chàlil. n'ayant pas le tempe de courir tel villages voisins, pour i'j meubler l'esprit île chansons efféminées, et

i Utefl m-Idii voa dogmei . qui IT8 ■ bornent la musique aux f« I

• s temples, aux louangi - ■!- - Dieux et des Héros. - Pour en finir de Ml bille,, > m m »ra!c> . \oiei le vertueux Narl>al prouvant qu'il vaut mieux mourir que de mentir; soutenant que Télé-

pie et lui doivent aller a l'crliaiaud plutôt que de dire un petit men lOUge <]\u leur sauverait la vie. Mais si nous avions raisonné de la sorN> en 93 et 0 '«. OU en serions-nous'.'' (.liaeun. pour sauver H vie. a dit forée mensonges aux comités révolutionnaires ; pour mon compte, j'ai

mné trois fois en un jour le comité et la visite domiciliaire: dans Ce seul jour j'ai troil lois échappe a la guillotine par de bons mens ongi et je crois avoir bien fait, n'en déplaise aux moralistes. Je pense même qu'un bon civilise doit 202 exercer ses enfants ;iu mensonge cl |

lissimulation. Le beao galimatias qu'on verrait, si les diplomates et

les courtiers prenaient tout à coup fantaisie de dire la vérité. De bonne foi, est-elle faice pour la mercantile civilisation?

Eh! si ces docteurs moraux sont si amoureux de la vérité, pourquoi avoir tardé 3000 ans à faire le calcul de la vérité supposée , 5e. issue de civilisation ( II, 1 42) ? Je n'ai pas employé d'autre procédé pour découvrir le mécanisme des Séries pass. Ils y seraient parvenus de même en spéculant sur la vérité collective, combinée avec l'industrie interne et externe ; tandis qu'en prêchant la vérité individuelle, isolée des emplois industriels , ils n'ont pu aboutir qu'à enraciner la civilisation , engouffrer le genre humain dans les sept fléaux lymbiques ( II, 98) et dans la déraison politique et morale.

Je viens d'appuyer la thèse par un aperçu des sottises dogmatiques duTélémaque; le bon homme Fénélon ne se doutait guère des résultats qu'aurait, en 1789, sa doctrine essayée en France. Fénélon n'est pourtant pas suspect de perversité : qu'est-ce donc des auteurs écrivant bien comme lui et n'usant de ce talent que pour exciter le désordre , s'élever aux fonctions publiques en bouleversant le système social? >e sulflrait-il pas de cette considération, pour apprendre enfin aux modernes qu'il faut, en politique sociale, se défier des ouvrages bien écrits, recourir aux inventions bien raisonnées, reconnaître enfin à quels travers systématiques, à quel degré de folie les dogmes de modération et les jongleries oratoires peuveut conduire la politique, lorsqu'elle se confie aux systèmes des philosophes qui , en feignant de vouloir modérer les passions, ne veulent que se livrer à leurs fantaisies et y asservir font ce qui existe?

Je reprendrai ce sujet au Post-Logue, où je traiterai d'une erreur capitale des modernes , qui pensent que le bel esprit , les charmes du style sont le seul guide à suivre en politique sociale, sans aucun accèi pour le bon esprit et le sens commun.

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