CHAPITRE PREMIER
Formilli générale, des Équilibres de compensai i
Aous touchons au plus important problème de l'Harmonie, celui de répartition équilibrée et graduée en raison des trois facultés industrielles, Travail, Çapitai Talent. Le lien sociétaire serait rompu dés la lre. aniu e, s'il échouait sur ce point, et si chacun des sociétaires, homme, femme ou enfant, n'était pas persuade'' qu'il a été rétribué équitablement, dans les trois sortes de dividendes alloués a ces fonctions.
Le débat sera fort peu scientifique ; la solution sera plus sentimentale que savante. Cependant, pour déférer autant que possible aux rigoristes, je vais préluder par un chapitre de théorie sur tes compensations, qui jouent le plus grand rôle dans ce mécanisme. Les répartitions y étant toujours inégales, il faut bien que chacun se trouve suffisamment compensé, et qu'on ait à cet égard des is liv -, opposées à l'arbitraire, au système dérisoire des compensations civilisées.
H faudra, selon l't attaquer le vieo incorrigible de
notre politique, le simplisme, l'obstination à vouloir fonder les accords passionnels sur des ressorts Simples, l'opposerai à celle erreur une formule applicable à l'équi-
libre de compensation composée, en toutes sortes de passions.
Les optimistes, secte d'embranchement en morale, ont de tout temps mis en scène des compensations chimériques et illusoires. Selon leurs théories , un pauvre qui n'a ni feu , ni lieu , pourrait trouver dans son dénûment autant de bonheur qu'un riche dans ses palais.
Jusqu'ici les pauvres ne sont guère de cet avis, et les riches encore moins, car on ne voit aucun Crésus faire échange de ccndilion avec le pauvre, son voisin. Les compensations n'existent donc que dans les rêves de la morale qui prétend , selon Delille , que la nature est un échange perpétuel de secours et de bienfaits. On ne voit pas quels bienfaits elle répand sur la populace affamée d'Irlande, sur les nations trahies et livrées aux bourreaux, comme les Grecs.
Certains riches, pour pallier leur égoïsme, aiment à se persuader que le peuple est heureux, que ses misères sont compensées. On entretient les monarques dans cette illusion, et tout sophiste est bien venu lorsqu'il suppose des compensations dont il n'existe pas une ombre dans l'état civilisé.
La véritable compensation doit être sentie et avouée. Or, combien rencontre-t-on, dans l'état actuel, d'hommes qui se trouvent compensés du manque de richesse? Qu'on fasse l'appel nominal sur cette question; il donnera, pour un homme satisfait de sa fortune, cent mécontents qui se plaindront du défaut d'argent, de l'injustice des hommes et des rigueurs du sort. Ils ne sont donc pas compensés par un bien-être senti et avoue ! Leurs passions sont h<>r> d'équilibre compensatif, puisqu'elles souffrent des pri vations.
f'SK ASSOCIATION COMPOSÉE.
L'équilibre passionnel est un ordre dans lequel chacun trouve un dédommagement réel et suffisant à l'endemniser des inégalités de fortune et de facultés. La théorie sociétaire enseigne l'art d'établir subitement ce bien-être parmi les 900 millions d'hommes qui peuplent ce globe, ^t leur procurer le charme compensatif sur chacune de leurs douze passions. Mais auparavant, apprenons à quelles conditions il peut régner parmi neuf hommes, sur une passion quelconque; ensuite nous étendrons le procédé d'une passion à toutes les douze, et du petit nombre de neuf hommes à l'ensemble des 900,000,000.
Soit pour exemple , un festin de neuf personnes bien assorties , bien amicales , qui dans celte réunion auront joui de la 12e. passion, la composite, exigeant le concours d'une affective et d'une sensitive.
Chacun dans ladite réunion aura joui d'une sensitive par la bonne chère, et d'une affective par l'amitié et la gaieté qui auront régné entre les convives.
Chacun des neuf aura donc joui de la composite , mais en variétés graduées et contrastées; car tel aura plus joui en gourmandise qu'en amitié ; tel autre, plus en amitié qu'en gourmandise. De celte différence graduée nous allons déduire la formule de l'équilibre compensalif-composé.
Vomi dos neuf conrircs. L. M. N. 0. P. Q. R. S. T.
IVpr.i de plaisir , I S 7 6 5 4 5 2 1
mm;//. a a j a a a a a a
D. prr» .!r pl.imr, 1 1 3 456789
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Les exposants 1, 2, 5, indiquent les échelons on degrés •le plaisir, c'est-à-dire que T est celui qui a le plus joui de l'amitié, de la coofersalion; L est celui qui a le plus joui de la bonne chère.
T est donc au premier rang en essor d'amitié, et au neuvième en essor de gourmandise; L est au premier rang en essor de gourmandise, et au neuvième en essor d'amitié.
Pour expliquer l'équilibre de compensation entre ces neuf personnages, il suffira d'examiner le mécanisme sur trois des convives, les deux extrêmes et le moyen : L Apicius , P Mécène, T Virgile.
Le convive P, Mécène, est le seul qui ait goûté en égale dose les deux plaisirs , amitié et gastronomie : il les a ressentis en 5e. degré, moyen essor de chaque passion.
Le convive L, Apicius, préoccupé de la chère, n'a joui du plaisir amical qu'au degré 9e., qui est le dernier; mais il s'est élevé au 1er. degré en plaisir gastronomique; c'est lui qui a le mieux fait honneur aux mets et aux vins. On trouve son contraste dans le convive T, Virgile, qui a donné peu d'attention au matériel du repas; aussi est-il au 9e. et dernier rang en plaisir gastronomique; mais il a fait une dépense de bel esprit; il a brillé; son amourpropre est flatté; il a fait le charme des convives, et goûté le plaisir amical au plus haut degré, au 1er.
Ses deux jouissances, amicale en 1er. degré,
gastronomique en 9e. degré, font compensation ou équilibre avec celles d'Apicius, dont l'essor passionnel donne plaisir amical en 9e. degré,
plaisir gastronomique en 1er. degré.
Le convive P, Mécène, qui a développé de niveau I< m deux ressorts passionnel, amitié en 5e. degré,
gourmandise en 5e. degré, n'a ni plus ni moins joui que les deux précédents ; car chez tous trois les doses réunies des deux plaisirs donnent parité d'essor : 5 et 5 équivalent à 9 et 4, à 1 et 9.
ASSOCIATION COMPOSl
Il en est de môme des hx convives,
M, N, 0, en dominance de gourmandi Q, R, S, en dominance d'amitié.
On voit à l'inspection du tableau que les doses contraster- el graduées de leurs deux plaisirs, ont dû procurer à chacun compensation de jouissances, mais Un égalité d'essor chez aucun des 9; tous ayant dévelopj leurs deux passions'en degrés inégaux, sauf le convive P, dont les deux essors, quoiqu'égaux entre eux, ne sont pareils en degré à aucun essor des 8 autres convives.
Cette formule d'équilibre compensatif est un germe auquel on donnera l'extension nécessaire au traité d< sympathies et antipathies. IS'ous n'en sommes ici qu'aux leçons élémentaires ; sur quoi il faut observer que [comn celle (Ill,*>G9) plus complète que celle-ci] l'Harmonie pass. n'i ;iige pas des groupes aussi régulièrement équilibres et gradués; mais dans les formules on spécule toujours sur un équilibre de pleine exactitude en tous échelons, sauf à en approcher le plus qu'il se peut dans la pratique*.
On voit, par ladite formule, que l'équilibre pass. des groupes n'admet ni iV.alitï: ni siMi-iicné , car il exige 2 ressorts développés en gradation et en contraste, avec variante ou inégalité d'un individu à l'autre, jeu combiné des deux ressorts dans chacun et dans la masse entier' In tel ordre compose en tout sen> esl fort loin de la
mnplicit
I ouïe simplicité ou monalité de ressorts ne produirait
ju'une absence d'équilibre compensatif : en effet, si.nou^
supposons une réunion bornée à l'un des deux plaisirs, a
l'amitié seule (mode simple spirituel), aux ebarmes du
bel esprit, le personnage T, Virgile, pourra trouver grand
plaisir dans cette séance; le personnage I, Apicius, y tombera dans l'ennui ; P, Mécène, y sera moyennement satisfait; et en résultat il n'y aura dans cette séance, au lieu d'équilibre passionnel, qu'une disparate choquante, selon la table suivante.
T \ S 2, R 3, flattés , contents de leurs frais de bel esprit, le premier surtout.
Q \ P 5, 0 6, moyennement contents en ce genre , 0 médiocrement au-dessous du moyen terme.
N 7, M8, L 9, le premier affadi de la conversation, le 2e. ennuyé, le 5e. fatigué de n'y jouir d'aucun plaisir matériel.
Ces 3 derniers, dans un repas (plaisir composé), auraient goûté du plus au moins les saillies des beaux parleurs, grâce à la diversion faite par la bonne chère ; mais ici, réduits au plaisir simple de la conversation, ils n'y attacheront plus le môme intérêt; ils seront en un quart d'heure saturés de bel esprit, surtout le troisième L, Apicius, qui au bout de 5 minutes donnera au diable les faiseurs de phrases.
Môme disparate aura lieu en sens contraire, si on spécule en mode simple matériel, sur le seul plaisir de la gourmandise, et qu'on place les 9 individus chacun à une table isolée, comme les Chinois et les Parisiens, avec bonne chère, mais privation de compagnie et de babil.
Apicius, L, sera ici au premier degré de jouissance, quoique moins satisfait qu'il ne l'eût été au banquet des 9 convives. Mécène, P, ne sera que moyennement content, malgré l'excellence des mets : quant a Virgile, T, prive d'étaler sa faconde et les trésors de son esprit, il s'ennuiera malgré l'art du cuisinier. Ce plaisir de goinfrerie solitaire lui paraîtra ignoble; il se hâtera et fera un triste repas.
Au résumé, [dans un groupe régulier,] Irois conditions distribuées et deux fondamentales sont nécessaires à l'équilibre de compensation collective et individuelle; m ce groupe » doit être [ d'abord conforme au vœu des trois passions: J
Selon la Comp. 1. Composé, c.-à.-d. formé de deux ressorts développés simultanément, et non d'un seul.
Selon la Cab. 2. Echelonné [et Nuancé], applicable en doses graduées à tous les membres de la société qu'on veut équilibrer.
Selon la Pop. o. Contrasté [et Engrené] par divergence conjuguée desdeux ressortsdanslaséried'individus.
V. INTERNE plein, c.-à.-d. senti et reconnu par tous les membres de cette société collectivement et individuellement, [en dose graduée] avec bienveillance réciproque pour la coopération de chacun au plaisir de tous. v. EXTERNE plein, lié aux autres fonctions antécédentes et subséquentes des personnages à équilibrer dans cette séance.
I.esdites conditions, sauf la \, sont remplies dans le repas des 9 convives qu'on vient de citer: il reste àétendie cet équilibre aux autres séances de leur journée; problème de bien haute importance : car si l'on peut parvenir à composer le bien-être et équilibrer les passions de 9 inégaui pendant le court espace d'une journée , on connaîtra par suite l'art de compenser le sort et équilibrer le> passions «le 900 millions d'inégaux pendant leur fie entière* L'opération sera la même du petit au grand. Quant à la méthode à suivre dans cette sorte d'accords, c*est celle déjà suivie dans tous les autres qui ont été décrit- ; c'est toujours l'emploi combiné des trois pas-
..ns distribuées : elles sont les agents executifs de toutes
les Harmonies, notamment de la fondamentale , celle des Séries pass., qui doivent être, ainsi qu'on l'a vu : «Exaltées > par la Composite 12; • Nuancées > par la Cabaliste 10; t Engrenées > par la Papillonne 1 1 .
Ce n'est que par le concours de ces trois ressorts qu'on arrive à l'unité ; aussi n'en ai-je pas employé d'autres dans l'équilibre de compensation. On voit plus haut les trois passions dislributives accolées aux trois conditions essentielles, 1, 2, 3, d'où naissent les deux effets unitaires Y interne et \ externe.
Dans chacun des 16 ralliements, l'on trouvera de même par analyse, le jeu des trois dislributives d'où l'Harmonie sériaire ne s'écarte jamais. Boussole aussi commode en opérations qu'en études! 11 suffît de se rappeler des 5 passions proscrites par la philosophie :
10e. , Esprit cabalistique, obstination de parti;
11e. , Manie depapillonnage, et raffinements en plaisirs;
12e. , Aveugle enthousiasme, ennemi de la réflexion. Qui aurait pu penser que ce trio de prétendus vices fût la voie de la véritable sagesse ou unité sociale ? Cependant si Dieu nous donne ces trois passions, il faut qu'il les ait jugées utiles : on peut en pressentir l'excellence en arguant du contact des extrêmes ; d'où il suit que les voies de l'extrême folie dans l'état insociétaire doivent être voies d'extrême sagesse dans l'état sociétaire.
Il est entendu qu'en fait de compensations, comme en fait de ralliements, tout est subordonné à la condition primordiale, au régime sociétaire des Séries pass. , et aux quatre bases essentielles indiquées (38G).
Par exemple , sans la 2e. de ces bases ( 58G ) , celle du minimum proportionnel, quelle compensation assigner
(94 -OflAriGN COMPOS!
aux malheurs du pauvre entouré d'enfants affamés? Nos philosophes lui offriront en dédommagement les beautés du commerce et de la charte : inutiles verbiages; il n'y a point de compensation la où il n'y a pas de minimum garanti. Aussi, plus la civilisation fait de progrès, plus elle est dépourvue de compensations , ne fût-ce que par h4 défaut de minimum.
Même obstacle aux compensations dans les petites choses, dans le défaut cl éducation unitaire, l'une des bases de ralliement (387). 11 est difficile de concilier nos réunions sur la nature des conversations; les femmes surtout qui sont très-peu initiées aux sciences, aux arts, et qui s'ennuient dès que la conversation sort du cercle des futilités. Beaucoup d'hommes sont dans le même I cet obstacle aux liens accidentels se trouve levé par l'éducation harmonienne qui, du plus au moins, initie chacun à toutes les branches de sciences, arts, cultures , fabriques, etc.; de sorte qu'homme ou femme, chacun peut participera une conversation quelconque, y figurer en 9e. degré, et y former partie intégrante d'un équilibre
npensàtif tel que je viens de le décrire.
Ajoutons que les compensations doivent s'élendn toutes sortes dépassions. Telle femme à 60 an> est encore amoureuse, mais dédaignée des jeunes gen». Quelle compensation lui fournir? Un sophiste répondra qu'à 60 ans une femme doit devenir philosophe, renoncera l'amour et ne s'attacher qu'éui beautés de la morale douce •I pure : mais ce raisonnement ne salisfnil point la passion ; il faut, on h contenter par la jouissance de l'objet désiré, ou faire diversion compensatiye par un autre amour, <>u faire Contre-poids par substitution absorbante 111, 553),
L'ordre sociétaire opère dans tous les cas par un de ces trois moyens, et souvent par deux et trois a la fois, mais au moins par un seul. C'est sur quoi échoue la civilisation qui, tout en reconnaissant la nécessité des compensations et des contre-poids, n'en fournit en aucun cas, ou n'en donne que d'illusoires et dérisoires (226), et organise le jeu des passions, notamment en ambition et en amour, de manière à donner tout aux uns et rien aux autres.
J'avais préparé un chapitre sur les fausses compensalions, mais i! exigeait des formules, des parallèles, etc. : il ne faudrait pas moins d'une ample section pour traiter méthodiquement des compensations réelles et illusoires. II en eût fallu deux autres encore pour traiter des contrepoids de substitution, et des sympathies en essentiel et en occasionnel, qui exigent aussi un long formulaire.
Il suffît d'avoir démontré que tous ces bienfaits rêvés par la philosophie, équilibres, compensations, contrepoids, sympathies, doivent ôlre l'objet de calculs réguliers dont on ne peut trouver la voie que dans la théorie de l'attraction ou art de développer les passions; art tout opposé à la philosophie, qui ne nous enseigne qu'à les contraindre.
J'ai donné sur une seule branche de leurs équilibres, sur le ralliement d'extrêmes divergents, une section assez complète pour dénoter que la théorie sera régulière et satisfaisante sur les autres branches dont je suis obligé do différer le traité ; nous pouvons après cela passera l'équilibre unitaire, qui est le résultat de tous les autres.
11 se divise en interne ou répartition, et exlerne ou commerce véridique. Ce deuxième seul exigerait un volume de contre-preuve ou analyse du commerce libi <
mensonger (III, 219: IV, 19). Par défaut d'espace, nous nous Gxerons à l'objet primordial en théorie, à l'accord unitaire interne ou domestique, fondé sur la répartition équilibrée en raison des trois facultés.
ciiapitki: II.
Formule d'un groupe d'équilibre industrie!.
On se rappellera que les formules sont des modélsuivre approximativement, et que l'équilibre n'exige pas une échelle d'assortiments aussi réguliers que ceux des formules. 11 suffît de les prendre pour guides en distribution, et d'en approcher autant que possible, par une exacte proportion des 810 caractères (page 439), et de leurs compléments (III, 440).
La Phalange de Gnide est célèbre par la culture des (làllets : elle a la prétention d'être la première du globe en ce genre. La fabrication des parfums à l'œillet est une des branches d'industrie qui distinguent celle Phalange ( les parfums sont gérés par une Série distincte de celle qui cultive la Heur ) : cette Série se compose de trois groupei ;
In pour les grosses espèces .
Un pour les moyennes à parfum, Un pour les petites.
Je ne disserterai que sur un seul de ces trois grotlp celui des grosses espèces en uni el panaché. Il est composé de 32 sectaires, selon le tableau suivant !
ŒILLETTISTES. groupe de plein équilibre. Sectaires. Ages. Fortune. Chefs d'emploi en
Méctibe et Théophraste, 80. Médiocrité. Connaissances théoriques. Baucis et Philémon, 63. Pauvreté. Connaissances pratiques. Zénobie et Crésus, 50. Opulence. Cabale extérieure.
Araminte et Damon, AO. Médiocrité. Correspond, et comptabilité Artémise et Cléophas , 30. Opulence. Cabale intérieure. Amaryllis et Tiryre, 25. Pauvreté. Tentes et serres. Aréthuse et Atys, 22. Médiocrité. Étalage, vases, pot».
Galatée et Endymiou , 18. Pauvreté. Apparat et culte. SéJima et >"isus, 14. Pauvreté. Marcottes et graines.
Chloé et Lvcidas , 11. Médiocrité. \ ,
r*ui 4*1 o ^ i ) Menus soins, [arrosage,
Chtieet Astvauax, 8. Opulence. \ . ■ ^
,«. .„. .. I tentes , encartage.
Zeiis et Hylas. 6. Pauvreté. ;
Plus, 4 aspirants non compris au tableau, et de divers âges : car le goût d'une culture peut naître à 50 ans comme à 5.
Plus, 4 auxiliaires ou émérites qui ont quitté le groupe, mais qui, experts à ce travail, s'y rendent en cas d'urgence.
Tous les sectaires de ce groupe, sans distinction d'âge, sont violemment passionnés pour leurs carreaux d'oeillets : chacun d'eux est disposé à faire des sacrifices de toute espèce pour soutenir la renommée du groupe. Crésus et Cléophas, ZénohieetArtémise, malgré leurgrande fortune, mettent la. main à l'œuvre et encouragent à l'envi les travaux : enfin ces 24 sectaires sont 24 maniaques, perdant la tète pour leurs œillets, dont la patriarche Hécube est aussi engouée que la chérubine Zélie. Ils ne souffriraient pas dans leur compagnie un sectaire modérément passionné, ils ne l'admettraient pas même pour aspirant : ils n'accordent ce titre qu'aux novices ardents à l'ouvrage et brûlants d'enthousiasme. Si tel enfant qui postule en admission, négligeait, aux approches d'un orage, d'accourir pour couvrir de tentes les carreaux d'œillets, on le
ASSOCIATION COMMMf
rejetterait comme élèyi gl cial, incapable de soutenir la renommée de ce groupe célèbre.
Ce- claires et leurs aspirants ou auxiliaires, mat-
gré l'inégalité de fortune, se considèrent comme famille cabalistique, et s'enlr'aident en toute occasion; propriété que n'ont pas les familles. Les quatre enfants pauvres, Sélima et ?visus, Zélie et Hylas, ont des prolecteurs zélés dans Crésus et Zénobie, dans Cléophas et Arlémise. dont véritables enfants n'ont pas pris parti dans le groupe des œillellistes. La nature croise les penchants et les fait alterner du père au fils, [ pour ménager des chances d'adoplion industrielle.]
Ëo conséquence, Crésus âgé de 50 ans aime de prédilection la jeune Selima . . de \\ ans, p rce qu'elle e>t un autre lui-même aux travaux de l'œillet; elle s"' emparée de tous les soins matériels que Crésus , au retour de l'Age, commence a négliger. Les plaisants diront que ee penchant de Crésus pour Sélima est suspect de quelqu'aulre affinité; il n'importe : si Crésus conçoit de l'amour pour elle, il ne l'en aimera que mieux sous le rapport cabalistique, à litre d'héritière de ses penchants et fantaisies industrielles ; et il ne testera pas sans lui gner un legs dans la cl isse des lois d'adoptifs > cl isse qui obtient communément un tiers dans tous les testaments harnioniens.
Nous supposons que Thaïes, riche sectaire - roupe, mor» l'année précédente, aura laissé des V [Uel-
ques-uns des quatre enfants pautres, , i a plusieurs des
Laires.
Chacun des huit enfants trouve des instituteurs aussi
doctes qu'emj . dans Hécubeet Théôphraete, dans
is el Philémon. Il importe <!•- remarquer, au sujet
des œillets, ce mode d'éducation amicale et passionnée qui s'étend à tous les travaux de l'Harmonie.
Le hasard a bien servi les œillettistes de Gnide, en enrôlant avec eux Galatée qui est la plus belle vestale de la contrée. Elle contribue puissamment à attirer les curieux au magnifique parterre de ce groupe. Tous les sectaires sont flattés que, dans les cercles et fêtes, elle paraisse quelquefois en costume d'Hamadryadede l'œillet; qu'elle soit leur bannerette dans les parades, leur déesse mythologique dans les festivités, leur organe dans les réceptions d'étrangers et d'amateurs.
Arrêtons-nous un instant à observer les convenances qu'offre à tout étranger un groupe régulièrement gradué en séries d'inégalités contrastées. Celui-ci est disposé de manière quechacun,cnl'abordant, trouve ù s'y assortir. Si un monarque vient visiter les œillets de Gnide, on ne lui adjoint pas, selon l'usage, des beaux esprits pour l'endormir; on lui donne pour introducteur la vestale Galatée. Si c'est une Reine, elle est accompagnée par le damoiseau Fndymion. Si c'est un patriarche, il aura pour compagne la jeune Àréthuse, de l'ordre des Faquiresses qui protègent la vieillesse. Une vieille dame sera accueillie par le jeune Atys, de l'ordre des Faquirs; un chérubin de ;> à 6 ans sera reçu et informé par les patriarches; et ainsi des autres.
Un groupe régulièrement gradué a cette propriété d'offrir pour chaque âge des liens de contraste et d'idenlitc L'étranger, en l'abordant, y trouve toujours des introducteurs assortis à ses convenances; à défaut de quoi il n'y aurait que plaisir simple ou philosophique. On viendrait admirer l'œillet pour l'œillet même, sans autre stimulant qui formât plaisir composé, selon le vu de la lt>e.
800 ASSOCIATION COMPOSI- .
passion nommée composite, qui n'opère que par doul-k et triple ressort.
Cette règle est méconnue de nos sages, qui veulent faire aimer la vertu pour elle-même, sans l'appuyer de la fortune, de la considération et du plaisir.
Crésus et Zénobie n'ont pas voulu se contenter des modestes édifices que fournil la Phalange, pour hangars de chaque groupe agricole. Ils songent moins à orner leur appartement que leur parterre chéri. (J'ai dit ailleurs, qu'en Harmonie personne ne se tient à son appartement , à moins de maladie ou rendez-vous , et qu'on reçoit une visite dans les séristères du palais, ou les belvédères et castels des groupes agricoles.)
Crésus a fait les frais du pavillon où se réunit la secte des œillettistes; Zénobie, les frais de la serre et du hangar, les marbres et colonnades y sont prodigués ; Artémise a fourni les statues qui décorent le parterre; Cléophas a fait construire le château d'eau. Enfin le défunt Thaïes a fourni un matériel aussi somptueux que le mobilier d'un prince. Le dais des patriarches, les costumesde travail et de festivité, tout est du plus grand éclat. Les folies des harmoniens sont folies industrielles pour charmer les travaux.
Il est entendu que ce faste ne régnera ni daûs l'Association simple, ni dans les premières années du la composée. Je décris l'Harmonie en 5'. et 4". génération, et formée de sectaires élevés dans cet ordre. Il faut se garder aussi de confondre ce que j'ai dit des costumes de lestivilé, avec les vêlements industriels. On peut penser qu'au travail , une femme n'arrivera pas en costume d'Hamadryade, mais en tunique de couleur peu salissante , et sans autre parure que les signes distincts du groupe.
tels que pompon, collier, panache ou aulre objet d'uniforme qui puisse s'allier avec les travaux.
Il est des lecteurs assez simples pour confondre ces emplois de costumes, et croire qu'une déesse va aller au travail avec des franges d'or, comme dans l'assemblée de festivité; il faut pour la seconde fois les désabuser bien positivement, et quant à ce luxe industriel, répéter que pour bien faire comprendre le mécanisme de répartition en Harmonie simple, il faut décrire celui qui existera en Harmonie composée, et retrancher ensuite ce qui ne sera pas applicable à l'ordre simple.
Déjà il a fallu de la théorie préparatoire éliminer la portion la plus intéressante , celle des amours libres et ralliements d'amour, si puissants pour absorber la cupidité et établir au moment des partages, la générosité ou propension du riche à soutenir le pauvre, qu'il ne cherche aujourd'hui qu'à spolier. Je n'ai pu faire valoir en ce genre que des ralliements de moindre influence , comme h protection fédérale inverse (page 415), et autres liens moins forts que ceux d'amour. Ne négligeons donc pas d'énoncer les accessoires de luxe et autres qui excitent la bienveillance collective des sectaires , et les préparent à n'élever en séance de répartition, que des luttes de générosité (381 ), et jamais de sordide intérêt.
Augure de visionnaire , dira-t-on ! Les hommes sont vertueux à l'intérêt près : je le sais; mais on verra au chap. 7 (équilibres hypo-unitaires) que c'est par intérêt et par raison cumulativement, que les harmoniens atteindront à cette générosité collective, dont l'augure fait sourire de pitié les mercantiles civilisés.
502 ASSOCIATION COMPOSLL.