‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 2)Chapitre 128 sur 156 · A F ÎU L E U S E · texte numérisé non relu

A F ÎU L E U S E

camp... Enfin, me voici près de toi, dans le palais où j'ignore quels obstacles j'aurai à vaincre; mais je te déclare qu'hier déjà j'étais bien décidée à ne pas accepter ton prince, (vivement.) et aujourd'hui bien plus encore.

El pourquoi cela?

THÉCLA, avec embarras.

Pourquoi? Pourquoi? Parce qu'il est à toi... qu'il t'appartient... et que tu l'épouseras!

MARGUERITE

Quelle folie!

THÉGLA.

Comment êtes-vous ensemble?

MARGUERITE

Au plus mal! Je voulais lui recommander un jeune officier, le frère d'une de nos bonnes amies de couvent...

THÉGLA.

Qui donc?

MARGUERITE

Conrad d'Halbersladt... en faveur duquel Votre Altesse avait daigné écrire sans le connaître.

THECLA, d'un air d'indifférence.

C'eit vrai! Je ne le connaissais pas. Eh bien?

MARGUERITE

Eh bien! Non-seulement le prince Max a résisté à mes prières, mais il l'a empêché de venir au bal et l'a mis aux arrêts.

THÉCLA, à part.

Ah ! c'est pour cela qu'il était condamné!...

Aussi, de toute la soirée, je n'ai adressé au prince ni un mot ni un regard.

284 COMÉDIKS — DRAMES

THÉCLA

Tu as bien fait.

MARGUERITE

J'ai dansé avec tout le monde... et lui, pendant ce temps, donnait le bras à la grande-duchesse, sa tante.

THÉCLA

Cela lui apprendra.

MARGUERITE

Et au moment où il la reconduisait à sa place, moi, qui suis toujours là, derrière elle, j'ai entendu une conversation à demi-voix que je ne comprenais pas, mais où je vois maintenant qu'il était question de vous, princesse. La grandeduchesse disait : « Il faut d'abord lui plaire, je l'exige. — Je ne peux pas, je n'y entends rien. — Vous prendrez des leçons ; j'ai placé pour cela quelqu'un auprès de votre personne. »

THÉCLA

En vérité I

MARGUERITE

Et l'on a prononcé le nom du baron Galaor. Le connaissez-vous?

THÉCLA

Très-bien. Il nous arrive de la cour de France. Un ex-séducteur retiré, qui exerce toujours, et qui, la saison dernière, aux eaux de Bade, se permettait' des regards... malheureux.

MARGUERITE

Est-il possible?

THÉCLA, souriant.

Bah! Aux eaux, l'on n'a rien à faire.

MARGUERITE

Vous vous êtes fâchée ?

LA FRILEUSE

THÉCLA

J'ai fait mieux, je ne m'en suis pas même aperçue.

MARGUERITE

Il paraît que, nommé par la grande -duchesse précepteur de notre prince mathématicien, il s'est chargé de lui apprendre à vous plaire en douze leçons.

THÉCLA, riant.

Comme Texercice à la prussienne... en douze temps I SCÈNE IV.

MARGUERITE, THÉCLA, MÎNA, accourant du fond. MINA.

Mademoiselle!... Mademoiselle!... (s 'arrêtant. ) Tiens, l'officier... où est-il ?

Je t'ai dit qu'ici il fallait ne rien voir, ne rien dire et ne rien penser.

MINA

Oui, mademoiselle. C'est un autre qui demande aussi à entrer; mais, celui-ci... il attend!... Et puis, il est venu par le grand escalier.

MARGUERITE

Et qui donc ?

MINA

Le prince Max... et un gentilhomme dont je ne vous dirai pas le nom... car il est si difficile !

MARGUERITE, avec émotion.

Le prince Max !

THÉCLA

Il est grand jour depuis longtemps, l'on peut se présenter.

MARGUERITE

Qu'il entre.

(Mina romonle. — Entrent le prince Max etGalaorpar la porte du fond. — Mina sort.)

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