SCÈNE XVI
MARGUERITE, LA DUCHESSE, GALAOR, Dames et Seigneurs.
MARGUERITE, troublée.
Vous, madame... chez moi... à cette heure !..< Un pareil honneur !
LA DUCHESSE
Oui, ma chère; j'ai voulu de plus, bientôt vous en connaîtrez le motif, être accompagnée de ces dames et de ces messieurs. J'avais même fait prévenir mon neveu, le prince Max... qui n'était pas chez lui.
GALAOR, à part.
Et pour cause!
LA DUCHESSE, montrant une lettre.
Moi, souveraine d'une cour où règne, j'ose le dire, la morale la plus pure, je reçois à l'instant cette lettre... ou plutôi cette insulte 1... imposture qui mérite aux yeux de tous un éclatant démenti... Voici, mesdames et messieurs, ce que m'écrit une main anonyme ; écoutez ! « Au nom de son amour pour les mœurs, madame la grand- duchesse douairière est prévenue qu'un jeune et beau cavalier est caché, ce soir, dans l'appartement de sa première demoiselle d'honneur ! » (Marques d'étonnement des dames et des seignpurs. — Avec indignation.) C'est écrit!
(Elle fait voir la lettre aux dames et aux seigneurs.)
MARGUERITE, bus, ù (iolaor.
C'est fait de nous ! Qui donc a pu écrire cet horrible billet?
GALAOR, bas, à Marguerite.
Moi-mcme !
MARGUERITE, d<; même.
Et pourquoi, grand Dieu?
GALAOR, (lo même.
Le prince est ici?
MARGUERITE, de même, en indiquant par signe qu'il e^t derrière les rideaux de In fenêtre.
Oui.
GALAOR, de même.
On va l'y trouver !
MARGUERITE, de même.
Un pareil scandale !
GALAOR, de même.
Assure votre mariage. La sévère duchesse se voit forcée de vous unir tous les deux au nom des mœurs !... C'est un coup de maître!... (Max paraît à la porte du fond.) 0 ciel ! Le prince!... Il a sauté par la fenêtre... et je ne l'ai pas prévu !