‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 2)Chapitre 142 sur 156 · SCÈNE XVIL Les mêmes; MAX · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIL Les mêmes; MAX

MAX, après avoir échangé un regard avec Marguerite.

On vient de me dire que Votre Altesse m'attendait chez mademoiselle de Waldeck, et j'accours !

LA DUCHESSE

Pour assister à une réparation qui ne peut avoir trop de témoins... Tenez, lisez d'abord ce billet qui vous dira tout !

Ah ! c'est une horreur ! (a part.) J'ai bien fait de m'éloigner !

LA FRILEUSE

(Haut.) Vous avez raison, madame, il faut qu'aux yeux de tous...

LA DUCHESSE

L'innocence de ma première demoiselle d'honneur soit hautement reconnue ! Voyez, messieurs, cherchez. Que cet appartement soit exactement visité !... (Des seigneurs vont à gauche et à droite, l'un d'eux ouvre la première porte à droite. — Conrad paraît sur le seuil. — Exclamation générale.) Ah !

MAX

Conrad î

MARGUERITE, bas à Max.

Permettez, monseigneur !

MAX, bas.

Tout est fini !

CONRAD

Pardon, madame la duchesse, l'honneur m'ordonne de déclarer à Votre Altesse que ce n'est point pour mademoiselle de Waldeck que je venais ici.

MAX

Est-il possible ! Et pour qui donc?

LA DUCHESSE et MARGUERITE.

Pour qui ?

TOUS

Parlez !

CONRAD

Je ne le puis.

LA DUCHESSE

Rien ne vous en empêche ; car je déclare qu'à Tinstant même, et après un pareil éclat, vous serez unis. Répondez donc !

CONRAD

J'en suis désespéré, et vous ne me croirez pas... mais, je vous jure sur l'honneur... que je ne sais pas son nom.

SciiiBE. Œuvres complètes. Ire Série* — 9^^ Vol. — 19

MAX

Monsieur!... une pareille défaite... révèle trop la vérité!

LA DUCHESSE

Et c'est à VOUS; mon neveu, que je confie la punition du coupable. Conrad d'Halberstadt, déjà condamné comme ayant déserté son poste... j'ai signé l'arrêt... épousera demain, au nom et dans Tintérèt de la morale, mademoiselle de Waldeck. A ce prix, sa grâce, sinon...

GALAOR

Madame...

Ce sera ainsi, je l'ai dit.

(Marguerite, accablée, tombe dans un fauteuil ; Galaor reste près d'elle. — Max, voyant le désespoir de Marguerite, veut s'élancer vers elle ; il est arrêté par la grande-duchesse, à qui il est forcé de donner la main.)

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