SCÈNE X
GALAOR, entrant sur la pointe du pied par la porte à droite,
La situation se complique. La grande-duchesse aurait dit à son secrétaire intime : « Si le baron Galaor est le mari de
ScniCTî. — Œuvres complétée, i^'^ Séi-ie. — gi^-e Vol. — SI
GOMKDIES DHAMKS
ma nièce, je le fais fusiller, et s'il ne l'est pas... je le fais pendre, pour avoir osé nie tromper... » Il me semble assez difficile de sortir de là sans l'aide de la princesse, ou sans un de ces coups imprévus et hardis qui changent subitement la face des choses. D'un autre côté, mon ami le secrétaire intime m'a confié, dans mon intérêt, que l'intention de la grande-duchesse était de faire surprendre cette nuit celui que Ton trouverait dans la chambre de sa pupille, et cet avis, qu'il m'a donné officieusement pour m'éloigner, est justement ce qui m'a fait venir. Me faire pendre si je suis le mari de sa pupille, rien de mieux! Mais si je ne le suis pas, si sa pupille n'est pas mariée, et si c'est la grande-duchesse ellemême qui, par un lel scandale, la force à se marier... c'est sa faute, ce n'est 'plu's la mienne... C'est là le coup de maître! Quant à ma présence ici, je venais, en tout bien tout honneur, tenter, grâce à cette clef, de délivrer une jeune princesse opprimée, dont je suis le sujet respectueux et fidèle, (s'arrêtant.) Cc qui m'étonne, c'est l'obscurité qui règne dans cet oratoire. Princesse!... Princesse!... Pas de réponse. Sans doute, elle est déjà retirée dans son appartement, (s'avançant A tâtons vers la porte à gauche.) NOU, la pOrte
est encore ouverte... Princesse!... Princesse!... Personne encore... Est-ce qu'elle serait partie et délivrée sans moi?... Non, j'entends marcher de ce côté... On vient de la porte même par laquelle je suis entré... c'est étonnant.