SCÈNE V
URSULE, seule, avec joie.
Il va venir!... Et j'ai pu douter de lui ! Ah! Hélène î SCÈNE VI.
URSULE, HÉLÈNE, entrant par la gauche.
URSULE, allant à elle.
Te voilà, chère enfant... Mon père t'a écrit ses inten tiens ?
HÉLÈNE
Et les tiennes... au sujet de M. de Vallombreuse, dont tu me fais l'éloge et dont tu me presses d'accueillir les prétentions 1... Je te remercie de ton amitié, si constante et si bonne, qui ne cesse point de s'occuper de moi.
URSULE
C'est tout simple... Il faut le distraire de ces derniers ennuis.
HÉLÈNE
Ce serait m'en créer de nouveaux. Je viens te supplier, toi, ma bonne Ursule, toi et mon tuteur, de ne songer pour moi à aucun parti... je ne veux plus me marier.
URSULE
Allons donc !
HÉLÈNE
J'y suis résolue... fermement résolue... Je resterai fille, comme toi.
URSULE, piquée.
Comme moi !
Nous ne nous marierons jamais !
URSULE, embarrassée.
Parle pour toi... Moi, je n'y renonce pas, bien loin de là; car... je ne sais comment te l'avouer... je crois que je vais bientôt me marier.
HÉLÈNE, vivement. i
En vérité ! Ah ! si c'est avec quelqu'un que tu aimes, je suis heureuse de ton bonheur 1 Crains-tu de me l'avouer ?
URSULE
Ah I C'est que, par une circonstance, par un hasard que je ne soupçonnais pas... et que nous ne pouvions prévoir, il se trouve que ce mariage ne peut avoir lieu, telle est du moins ma volonté, sans ton consentement.
HÉLÈNE
Que me dis-tu là ?
URSULE
Te souviens-tu qu'il y a un mois... M. Raoul de Mornas m'avait avoué... qu'il aimait quelqu'un?