‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 2)Chapitre 92 sur 156 · TRENTE ANS · texte numérisé non relu

TRENTE ANS

HÉLÈNE, vivement.

Je le sais., une Anglaise !

LRSULE.

Non !... Cette personne... qu'alors il ne voulut point nommer...

HÉLÈNE

Eh bien ?

URSULE

Juge de mon étonnement... lorsque avant-hier il m'a déclaré que cette personne... c'était moi !

HÉLÈNE

Toi?

URSULE

Moi ! Tu penses qu'en ce moment... c'était le jour de la lecture de ton contrat avec Robert, je ne pouvais te parler ni de cet aveu... ni de ma surprise, d'autres événements nous préoccupaient ! Mais aujourd'hui, que Raoul annonce l'intention de venir demander ma main à moi... et à mon père, tu comprends qu'avant de permettre une telle démarche... je devais te prévenir... toi, ma meilleure amie... (Avec dignité.) Hélène, si ce mariage t'offense ou te blesse, je le refuserai.

HÉLÈNE

Y penses-tu !

URSULE

Si tu aimes encore Raoul...

HÉLÈNE, vivement.

Moi, du tout... je ne l'aime plus... j'y avais déjà renoncé, tu le sais, j'y renonce pour toujours et avec joie pour toi, mon amie, si noble, si loyale, si dévouée !... Et, s'il est vrai que Raoul doive aujourd'hui venir te demander en mariage...

UN DOMESTIQUE, sortant du salon, à droite.

M. Raoul de Mornas attend mademoiselle au salon.

200 GOMlilDIIOS — DRAMIliS

URSULE

Tu vois !

HÉLÈNE

Va, mon amie, va lo recevoir.

URSULP], l'embrassant.

Chère petite !. . Ah! tu peux compter toujours sur mon affection... (En s'en allant.) G'cst toi qui le veux...

HELENE, très-émue.

Oui !...

(Ursulo sort par la porte, à droito; Hélène va s'asseoir près de la table, à gauche, cache sa tête dans ses mains et éclate en sanglots.)

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