‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 3)Chapitre 135 sur 142 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE CZAR, avec agitation.

Comptez donc sur de pareils serviteurs!... Ce Jakinski que je croyais avoir formé ! Il ne peut rien deviner... rien prévoir ! Type de l'ancienne Moscovie, il ne sait qu'obéir ! Obéir, c'est là toute sa science... et quand on oublie de lui commander... il ne sait plus rien !... Laisser échapper des cachots du palais Sapicha,.. mon prisonnier! Et parce qu'il était enfermé, enchaîné et gardé à vue comme je l'avais ordonné, ne pas prévoir qu'on pouvait, à prix d'or, gagner son gardien... ne pas penser que pour être hors de prison, il n'était pas hors de Pétersbourg, et qu'il était encore facile de l'y découvrir ! (prenant un papier sur son bureau.)

Ce rapport seul me le prouve : « Le comte Sapieha est sorti « cette nuit, par la porte d'Allemagne, dans le carrosse de « l'ambassadeur Baltadjy-Mehemet. » (Avec colère. ) Et parce que j'ai ordonné de regarder comme inviolables la voiture et l'hôtel des ministres étrangers, respecter servilement et sottement cette défense ! Ne pas comprendre que de tels ordres sont donnés pour qu'on les viole, quand c'est nécessaire... quitte à moi, pour donner satisfaction à l'ambassade, à désavouer plus tard... et à châtier le zole de mes

agents ! Mais quelle confiance avoir en des fonctionnaires esclaves de la consigne et de la lettre... qui ne savent pas désobéir à propos!... Sapieha est loin maintenant... six heures d'avance... il est libre... il nj'échappe... mais d'autres paieront pour lui... Ah I Jakinski... te voilà, enfm !

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