‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 3)Chapitre 82 sur 142 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

VILLERBECK, à gauche, LA CZARINE , précédée de ses femmes qui restent au fond à gauche, MENZIKOFF, SAPIEHA, à droite.

LA CZARINE, en entrant, aperçoit Sapieha qui la salue. Elle se tourne vivement vers Menzikoff.

Vous m'assurez, prince, que des dépêches sont arrivées ce matin, apportées par l'amiral Villerbeck.

i96 COMÉDIES — DRAMES

VILLERBEGK, s'avançant et saluant.

Qui attendait, pour se présenter, le lever de Voire Majesté.

LA CZARINE

Bonjour, amiral ! le czar va bien ?

VILLERBEGK.

Toujours sur pied, du matin au soir ! une volonté de bronze dans un corps de fer !

LA CZARINE

Et le canal Ladoga auquel Pierre attache tant d'importance?

MENZIKOFF

Avec raison, canal nourricier de Saint-Pétersbourg, qui doit rejoindre les eaux du nord de l'Asie à celles de l'Europe !

LA CZARINE

Comment vont les travaux?...

VILLERBECK.

Fort bien. Majesté, pour moi qui ne m'y connais pas! Mais le czar, trouvant qu'ils n'allaient pas assez vite, est entré en fureur contre l'ingénieur Pisareff!... Ill'a frappé de sa canne en s'écriant : Tu n'es qu'un drôle ! et il a chargé le lieutenant général Munnich de refaire et de terminer cet ouvrage ; puis, comme on prétendait que quatre mille travailleurs étaient morts de froid la semaine dernière, il a écrit à ce sujet à Votre Majesté.

LA CZARINE, qui a ouvert et parcouru la lettre.

Oui... il accorde à Munnich vingt-cinq mille ouvriers à dépenser... et ordonne de les lui envoyer... (Remettant la lettre à Menzikoff.) Cela VOUS regarde, prince.

MENZIKOFF, s'inclinant.

Les intentions du czar seront exécutées.

LA GZARINE

LA CZARINE, lui montrant la lettre de la main.

D'autres ordres encore dont vous prendrez connaissance... (Regardant Sapieha.) Ah ! VOUS ici, monsieur le comto ? je ne vous avais pas vu, approchez : le czar me parle de vous ! En considération des services du général Sapieh^, votre père, Sa Majesté vous offre à sa cour le titre de chambellan.

SAPIEHA

C'est une faveur au-dessus de mes désirs et de mon mérite I Les titres et les honneurs ne sont point l'objet de mes vœux, et je prie Votre Majesté de vouloir bien faire agréer au czar mes remercîments et mes regrets, je quitte demain Saint-Pétersbourg!

LA CZARINE, avec émotion.

Ahl...

SAPIEHA

Je pars pour la France.

LA CZARINE, de même.

Où des souvenirs... où des affections vous rappellent... Nous n'avons pas le droit de vous retenir... Adieu, monsieur le comte... A tantôt, mesdames...

(VillerLeck à gauche du théâtre et Sapieha à droite saluent et sortent par le fond. — Toute la cour s'éloigne. La czarine se laisse tomber sur un fauteuil à droite et garde le silence. Menzikoff est debout près d'elle.)

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