‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 106 sur 165 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ROBERT, ESTELLE, TUFFIADOR, GREGORIO; Amis, Parents et Gens de la noce.

LE CHOEUR

AIR de Léocadie.

En attendant, gentille fiancée, Qu'un doux hymen vous unisse tous deux. Autour de vous une foule empressée • Vient vous offrir son hommage et ses vœux.

ROBERT, à part.

Je m'étais trompé, ce n'étaient que des fiançailles. Diable! la mariée est jolie et n'a pas l'air bien gai.

TUFFIADOR, à Gregorio, montrant le papier qu'il tient à la main.

Ce programme n'a pas le sens commun, cela ne peut se passer ainsi. Dès qu'en qualité d'alcade, je vous fais l'honneur d assister à votre noce, c'est moi qui dois donner la main à la mariée, et être à côté d'elle à table... Ces petites gens-là n'ont pas la moindre idée des convenances!

GREGORIO

Excusez, seigneur alcade : nous sommes des fermiers qui ne savons pas où il faut se mettre ; mais, comme dit cet autre, si j' n'avons pas d'éducation, j'avons de l'argent; ça se place partout.

ROBERT, sur le devant de la scène à droite.

A merveille ! l'un est un fat, et l'autre est un sot. C*est toujours bon à prendre en note; mais il y a chez eux un mariage, un repas : autant loger là qu'ailleurs, (ii s'approche de Tuffiador et de Gregorio.) Scigncurs cavaliers, j'ai bien l'honneur de vous saluer,

TUFFÎADOR.

Quel est cet homme?

LES EMPIRIQUES d'aUTREFOIS

ROBERT

Un étranger, un Français, qui a couru tous les pays, un savant distingué, connu par ses recherches et ses découvertes en tous genres, et qui , dans ce moment, ne voudrait trouver pour aujourd'hui que la table et le logement.

TUFFIADOR.

Un vagabond ! Nous savons ce que c'est ; passez votre chemin, mon cher.

GREGORIO

Vous avez raison. S'il fallait nourrir tout ce monde-là ! c'est déjà bien assez d'avoir les gens de la noce et ceux qu'on est obligé d'inviter.

AIR : Vers le temple de l'hymen. {Amour et mystère.)

Il faut tous les défrayer; C'est là ce que je redoute :

On n' sait pas ce qu'il en coûte Quand il faut se marier.

ROBERT, s'inclinant.

Trop de bonté, je vous jure !

Mais à voir votre figure, Votre ton, votre tournure,

(Montrant Estelle.) Et ces attraits ingénus...

Si ce mariage coûte, Ce n'est pas à vous, sans doute, Que ça doit coûter le plus.

GREGORIO

Qu'est-ce qu'il dit donc ?

ESTELLE

Il a raison. Apprenez, monsieur, que, quand on est riche comme vous Têtes, il faut partager avec ceux qui n'ont rien.

GREGORIO

Un bon moyen pour devenir comme eux ! Ne semble-t-il pas, parce que j'ai fait une belle succession...

Scribe. — Œavres complètes. tfme Série. — 14"»e Vol. — i5

GOMÉOIËS

ESTELLE

Oui, monsieur.

GREGORIO

Alors, ce n'est pas la peine que mon oncle soit mort ; s'il faut que tout le monde vive à ses dépens, autant qu'il vive lui-même.

TUFFIADOR.

Allons, finissons ; ne voyez-vous pas que j'attends ?

GREGORIO

C'est juste, voilà monsieur qui, en sa qualité d'alcade, est là à attendre, (a tous les gens de la noce.) Eh bien ! à tantôt, nous vous attendrons.

LE CHŒUR

Même air.

En attendant, gentille fiancée, etc.

(Pendant ce chœur, Gregorio et Estelle passent devant les personnes de la noce, à qui ils font leurs salutations ; après le ckœur, tous les conviés défilent devant Tuffiador, Gregorio et Estelle, qu'ils saluent en s'en allant par le fond à droite ; Tuffiador et Gregorio entrent dans la maison à droite. Estelle reste en scène avec Robert.)

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