SCÈNE VII
Les mêmes;. ALEXANDRE.
ALEXANDRE, à Auguste.
Vous voilà encore ici, monsieur! vous pouvez sortir; dèâ ce moment, vous ne faites plus partie de mon étude.
M"^^ LOCARD, à part.
Ah ! mon Dieu ! Qu'est-ce qu'il fait donc ?
AUGUSTE
Vous me renvoyez, et pourquoi?
Pourquoi? c'est affreux! c'est abominable! heureusement, j'ai retenu ma colère...
M°^® LOGARD.
C'est donc cela que nous avons si bien entendu...
ALEXANDRE
Il n'y avait peut-être pas de quoi! Apprenez que, dans le contrat de vente qu'il m'a remis tout à l'heure, j'ai trouvé un brouillon de lettre; et cette lettre était adressée à AméHe, votre filleule.
M^^ LOGARD.
Il se pourrait!
AUGUSTE, à part.
Je suis perdu !
ALEXANDRE
Ce n'est rien encore ; apprenez que mademoiselle Amélie n'est point insensible.
AUGUSTE
0 ciel! elle vous aurait dit...
ALEXANDRE
Oui, monsieur, elle me l'a dit à moi, par-devant notaire.
AUGUSTE
Ah! que je suis heureux, que je vous remercie, mon patron! vous pouvez me renvoyer si vous voulez, ça m'est égal.
ALEXANDRE
Oui, monsieur, vous sortirez à Tinstant même.
M^^ LOCARD, bas à Alexandre.
Y pensez-vous? il faut encore le ménager; je vous dirai pourquoi, (prenant Auguste à part.) Venez ici, mousicur Auguste ; vous êtes un étourdi, un imprudent. Heureusement, j'ai parlé en votre faveur; vous resterez avec nous. Conduisez-vous bien, et nous verrons par la suite...
(Alexandre va s'asseoir auprès de la cheminée.) AUGUSTE.
Quoi! madame, il se pourrait !
M^^ LOCARD.
J'y mets une condition qui va stimuler votre zèle : le mariage de mon fils doit précéder le vôtre.
AUGUSTE
Dieux! quel espoir! Avant huit jours, mon notaire sera marié. Je vais le proposer à tout le monde. Je vais le vanter dans toutes les sociétés.
AIR : L'amour qu'Edmond a su me taire.
Dans les salons, dans les bals de familles,
Prônant mon notaire à l'envi, J'inviterai veuves et jeunes filles ; Je parlerai de lui, rien que de lui.
Et de leurs cœurs préparant la conquête.
Valsant avec intention,
Je leur ferai tourner la tête
Pour le compte de mon patron.
Mais voici un client. Je me sauve.
LA CHARGE A PAYER