‹ Œuvres completes d'Alexis de Tocqueville PubliéesChapitre 15 sur 48 · SUR TURGOT ET SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

SUR TURGOT ET SES OUVRAGES

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J.c pouvoir absolu détériore tout le monde : le vulgaire, en lui donnant l’àmc de la servitude; et les hommes supérieurs, en privant leur esprit de l’expérience que la liberté donne.

« Tontes les villes (continue Turgot) ont déjà une sorte d'administration municipale : ce qu’on appelle un prévôt des marchands, ou un maire, des éclicvins, des syndics, des ju rats, des consuls, ou telle antre espèce d’oflieiers municipaux. Dans quelques villes ces officiers achètent leurs places; dans d’autres ils sont, sans finance, à la nomination de Votre Majesté; dans d’autres, on élit plusieurs sujets entre lesquels le roi choisit ; dans d'autres, l'élection suffit. Dans certaines, ces officiers sont à terme; dans d'autres, à vie ; dans d’autres, héréditaires. Il n’y a d'uniforme qu’un esprit réglementaire qui tend à isoler chaque ville, bien occupée de son intérêt souvent mal entendu, bien disposée à y sacrifier les campagnes et les villages de son arrondissement. » (T. VU, p. 450.)

On voit que Turgot n’indique le système des officiers municipaux tenant leurs charges par offices, que dans quelques villes. Je crois pourtant, à en juger par les édits, que ce devait être le cas le plus général. Mais en somme, ce qui parait le plus certain, c’est que nulle part la vie municipale n’existait à vrai dire, ne prenait sa source dans la masse et ne s’exerçait avec quelque liberté. Turgot semble croire que la commune était encore trop libre; d'abord, parce qu’il a l’esprit administratif, et, ensuite, parce que ce peu d’esprit local qui

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