‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset NouvellesChapitre 25 sur 28 · H ARGOT · texte numérisé non relu

H ARGOT

apporter non plus trop de scrupule. Votre confiance a été trompée une fois ; c'est une raison pour qu'elle no !e soit pas une seconde.

— Je crois que vous dites vrai, répliqua madame. Doradour ; mais je suis bien triste et bien embarrassée. Je ne connais pas une âme à Paris : ne pourriez-vous 'me rendre le service de prendre quelques informations et de metrouver unehonnête fille qui serait bien traitée ici, et qui servirait dujnoins à me donner le bras pour aller à Saint -François d'Assise?

M. Després, en sa qualité d'habitant du Marais, n'était ni fort ingambe ni fort répandu. 11 se mit cependant en quête, et, quelques jours après, madame Doradour eut une nouvelle demoiselle, à laquelle, au bout de deux mois, elle avait donné toute son amitié, car elle était aussi légère qu'elle était bonne. Mais il fallut, au bout de deux ou trois mois, mettre la nouvelle venue à la porte, non comme malhonnête, mais comme peu honnête. Ce fut pour madame Doradour un second sujet de chagrin. Elle voulut faire un nouveau choix ; elle eut recours à tout le voisinage, s'adressa même aux Petites Affivhes, et ne fut pas plus heureuse.

Le découragement la prit; on vil alors cette bonne daine s'appuyer sur une canne et se rendre seule à l'église : elle avait résolu, disait elle, d'achever ses jours sans l'aide de personne, et elle s'efforçait en public de porter gaiement sa tristesse et ses années; mais ses jambes tremblaient en montant l'escalier, car elle avait soixante-auinze ans ; on la trouvait le .M 17

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