‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 33 sur 106 · LA MÈ1IE · texte numérisé non relu

LA MÈ1IE

.Ma chère, lu ne fais que parler; lu te fatigues. Ce matin, tu étais dchout à six heures; je ne sais ce que lu avais dans les jambes. Tu as bavardé toute la journée, et encore, tu viens de jouer ce soir : tu te rendras malade.

HACUEL, uvto mncilù.

Non; laisse-moi. Je le dis que non ! cela me l'ail vivre.

Voulez-vous que j'aille chercher le livre? Nous lirons la pièce ensemble.

MOI

Si je le veux I... Vous ne pouvez rien nie pro- |wser tic plus agréable.

S A IIAH.

Mais, ma chère, il est onze heures et demie.

H ACM KL.

Eh bien, qui t'empêche d'aller te coucher?

Sarah va, eu ciTct, se coucher. Rachcl se lève il sort; au bout d'un instant, elle revient tenant dans ses mains le volume de Racine ; sou air et sa démarche ont je ne sais quoi de solennel et de religieux ; on dirait un officiant qui se rend à l'autel, portant les ustensiles sacrés. Elle s'assoit près de moi, et mouche la chandelle. La maman s'assoupit en souriant.

RACHEL , ouvrant le line avec un respect singulier el s'incliurmt dessus.

Comme j'aime cet homme-là I Quand je mets le nez dans ce livre, j'y resterais pendant deux jours, sans boire ni manger.

Itachel et moi, nous commençons à lire Phèdre, le livre posé sur la table entre nous deux. Tout le monde s'en va. Itachel salue d'un léger signe de lele chaque personne qui sort et continue la lecture. D'abord, elle récite d'un ton monotone, comme une litanie, l'eu à peu, elle s'anime. Nous échangeons nos remarques, nos idées sur chaque passage. Kl le arrive etilhi à la déclaration. Elleétend son bras droit sur la table ; lu front posé sur

US SOUPER CHEZ Mm RACHEL. 81 la main gauche, appuyée sur sou coude, elle s'abandonne entier ornent. Cependant elle ne parle encore qu'à demi-voix. Tout à coup ses yeux étin- L'elleut, — le génie de Itacinc éclaire son visage : — elle pâlît, elle rougit. Jamais je ne vis rien de I U mi. <l< -i ml- r ».<ni jani 'i.. .m il» .ai. . • IL n'a produit sur moi tant d'effet.

La fatigue, un peu d'enrouement, le punuh, l'heure avancée, une animation presque fiévreuse sur ees petites joues entourées d'un bonnet de nuit, je ne sais quel eliannc inouï répandu dans tout son être, ces yeux brillants qui nie consultent, un sourire enfantin qui trouve moyen de se glisser au milieu de tout cela ; enfin, jusqu'à celte table en désordre, celte cliandelle dont la M'anime tremblote, cette mère assoupie près de nous, tout cela compose à la l'ois un tableau digne de Rembrandt, un chapitre de roman digne de Wilhem Meisler, et un souvenir île la vie d'artiste qui ne s'effacera jamais de ma mémoire.

Nous arrivons ainsi à minuit et demi. Le père rentre de l'Opéra, où il vient de voir mademoiselle Nathan débuter dans la Juive. A peine assis, il adresse à sa fille deux ou trois paroles des plus brutales pour lui ordonner de cesser sa lecture. Raeliel ferme le livre en disant : m C'est révoilant ! j'achèterai un briquet et je lirai seule dans mon lit. m ,1e la regardai : de grosses larmes roulaient dans ses yeux.

C'était une chose révoltante, en effet, que de

voir traiter ainsi une pareille créature ! Je me suis levé, el jesuis parti plein d'admiration, de respect cl d'attendrissement.

El, cil rentrant chez moi, je m'empresse de vous écrire, avec la lidclité d'un sténographe, lous les détails de celle étrange soirée, pensant que vous les conserverez,, et qu'un jour on les retrouvera.

Le poëln lia w Irouipdl pu dam ces prêt in»»» : ca docuniuQl

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lllaitra» : c'est ain.'i i|Ur [,i- il ili' Vinci puisa <| 11 . it. I . . j -. dans

les Jossins capriciciii il'iiiii' lalilc dt iiiiiibri' les sujets île vastes n impositions.

l.o plan la Satan te du roi au pas clé écrit ; is lifi'-puin-

île Tours, Augustin Thierry et Sïsmondi en contiennent ln suli- •laiiL-f. Selon Imite ]uoliahilitc r on voyait, dans 1™ trois preinii-is .nies, rïi'déi;imili' s'irili-eiliuMml dan. la uiaisnil lïAlliluïtrc, picni;.';i-e. [i.nniji: il-'. C]]il|vrii-. carmin i.i.i i fii ('■ii|ii.'l'it:e cl s s lan-i uiodi'Slie les bonnes jsràiTS cl le cœur du roi, réussissant li fon-i' d'intriiiue* à Caire j .'■ | n .j 1 i . • f lu ivine, si' crevant près de saisir la cnllriiililc; puis, li'imipt'-t: ilaus sej iw[n ; [:t!in!.< par le scemli! marinfce de Cliilpcric avec Ualsuinde, cédnnlà l'amour du lui, ilrvciniiil

.r.'viiHiin. (Ii'liliirc pi ui- snviiif .-i flic il'jil laisMT loir la ivii:i'. m: si elle a plus d'intércl à la Caire mourir. Tel est le sujet delà si.'nc si lira nie.

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