‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 34 sur 106 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FRÉDÉGONIIE,

lille vent s'étliapper ! cette nnil, dans une lienre... r\uit-il qu'elle s'iîioiatie, ou l'aiil-il qu'elle meure?

Pensons-] ; le temps presse, el je n'ai qu'un instant. L'ncratsion m'appelle, et le hasard m'attend. De cette trahison que Aml-il que je fasse?

Galsuinde a ses raisons pour me céder la place. L'heure en était venue, elle l'a bien compris ; 1 .11-- .1 pi' tir, I'Ks|m;:ii<>I<', et se sauve à loul prix. Dès demain, si je veiiï, cette fuite soudaine Ile ec palais déserf me laisse souveraine ; f.es portiques, ces murs, ces plaines, sont à moi ; Ce soir, j'y reste seule avec l'ombre d'un roi. Que fera ma rivale? Elle court en Espagne ; Jusqnes à la frontière un vieillard l'accompagne; La honte la précède, ci le mépris la suit;

On la croira chassée, en vopnt qu'elle fuit.

One petit-ellr ? pleurer dans les bras de son père, Faire de ses charnus un récit à sa mère; Peut-être pour sa cause armer quelques soldats, Oui tireront l'épée et ne se battront pas; llhercher d'autres amours, et sur les bords du Taae Promener les langueurs d'un précoce veuvage; J'en ai presque pitié, nuls dangers, nuls témoins ; Qu'elle parte! après tout, c'est un crime de moins.

Mais que dis-je? le roi l'a-l-il répudiée?

Non. Absente demain, sera-t-elle oubliée?

' Klle part, mais le cœur plein d'un mortel affront, La pourpre sur l'épaule et la couronne au (Vonl ; Kt moi, qui par faiblesse épargne une victime, .le no puis plus porter qu'un titre illégitime, lit quelque amour pour moi que le roi puisse avoir, Je ne puis ressaisir qu'un fragile pouvoir, Flétri par le. dégoût, brisé par un caprice !... Que plutôt dans mon sein mon cœur s'auéalilisse ;

Est-™ donc pour si peu que j'ai, (lojHiis deux ans, De l'enfer, dans ce rreur, porté tous les tnunnents V luette triste grandeur, ni longtemps attendue, list-ce donc pour si peu que j'en suis descendue, Tombant du rang suprême au degré le plus bas, Sans pousser-un soupir, sans reculer d'un pas ; (pressant tour à tour et servant ma rivale ; l'osant sur son clievet ia rote nuptiale, Moi-même sur son sein prenant soin d'attacher La pourpre qu'à mes flancs je venais d'arracher ; Sur les marches du troue, esclave abandonnée. Venant laver la place où je fus couronnée ; Aux douleurs du llulsuindtî assolant sans pâlir ;

yeux, dans ses pleurs, calculant l'avci

El, para

i tant île maux, n'avant pour tonte joie

i)„r IV,

»ir de saisir et d'abattre ma proie?

, il me l'aut plus qu'un misérable un m

n que j'ai s'assouvit au grand jour,

Ktjen.

■esseus point une oisive faiblesse.

A m'aller contenter d'un litre de maîtresse ! Qu'une femme de cour ait cette lâcheté, ,le suis fille du peuple, et j'ai plus de fierté. Non, Galsuinde, eu quittant celle chambre f'alide. Tu n'emporteras pas ma dépouille royale, lit ci 1 yloiii'ii\ un u i qu'avant Lu: j'ai pnrlé.

Tu nie le rendras tel que je le l'ai prêté; Tu l'abandonneras, ce lit qui t'épouvante, Ml demain, s'il le faut, j'y rentrerai servante, liais j'en sortirai reine, el si, pour l'en bannir, Diuis ta grandeur d'un jour il faut t' ensevelir, Accusez-en le ciel qui vous a condamnée, Madame : vous venez heurter ma destinée ; Nous sommes l'une à l'autre un obstacle ici-bas.

i)ue Dieu juge mitre nous ! vous ne partirez |ins !

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