‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 35 sur 106 · LE · texte numérisé non relu

LE

Laissons les vains discours; avant tout elle, est reine Suis- tu quels châtiments ton insolence entraîne ? Avec quelle rigueur ci; crime; est exjiié?

Fit £ DK GO K DE.

Je le savais naguère, et n'ai rien oublié.

L K lin T.

tu ne trembles pus '!

FIlÉDÉGOri DE.

La peur m'est inconnue.

LE ROI

Tu méprises la mort?

FKÉ DÉS ONDE.

Non. si'iuiieur. je l'ai vue.

«JR IKUVRKS POSTHUMES,

.l'ai ralrnlé ses coups et j'ai compté ses pas, ,Ie sais ce qu'elle vaut, et je ne la crains pas,

Ainsi, malgré moi-même, aveugle on sa faihlesse, Alors qu'il doit lli'i'liir, Inn m^ueil se redresse, Misérable fierté dont croit s'enller ton cœur ! On peut braver la moi t, mais non pus la douleur ! A défaut de respect, l'anl-il qu'un t'avertisse De te sauver, du moins, des horreurs du suppliée? l'aul-il te rappeler dans quel u lirons tourment La victime muette expire lentement?

\e te souvient-il plus des caveau* de Cloihahe? PHÉDËGOBDE.

Il me souvient, soigneur, qu'il 'Hait votre père. Mais qu'ont-ils, ces touiïiienls, qui puisse épouvanter? Le lâche seul, seigneur, se laisse ainsi traiter. Jusque sons le couteau s'attaeiiant à la vie,

El quand son pied meurtri seul le froid du lomiiean, Se rejette en pleurant dans les bras du bourreau. Mais un cœur tout à soi, qui dédaigne de vivre, Menacé de suppliée, aisément s'en délivre.

~ — ■Tmlt'moven peut servir; mais il court an plus prnnipl : Sur le Fer qui l'etieliamc il peut briser son front; Le pavé des cachots, les murs qui l'environnent, Tout recelé la mort; qu'on les frappe, ils la doniienl. La mort, elle est partout, seigneur, elle est ici. Qu'est-ce donc que la mort?

Eh ! mon Dieu, la voici.

LE ROI

Ouol sera ton asile, et que prétends- tu fuir*?

lialsuinde vous priait ili' lii rendre, à s;i mère.

.l'ai la mienne, seigneur, el je l'irai trouver.

On eoinmeiua nia vie, elle doit s'achever;

Non pas au sein des cours, sur la couche doive

Où gémit noblement une infante éplorée,

Ni sous le rideau vert des orangers en fleurs.

Invitant an sommeil de royales douleurs ;

Mais au bord îles torrents, parmi les rocs arides,

Où sont encor debout les autels des druides ;

Dans le fond des lorèts, vierges de pas humains,

Oîl n'a «oint pénétré la hache des Romaine.

Il est dans ces déserts uni' roche isolée :

l.j veille avec mes sfeurs ma mère désolée,

A leur asile obscur nul sentier ne conduit;

Lii l'orèi les abrite, et la terre est leur lit.

.Sur le coteau s'élève un cyprès funéraire ;

Mon père est là s;ngl;ml qui dort sous la bruyère ;

Ma mère sacrifie à ces restes pieux,

Cav elle croit encore à nos antiques dieux.

Des monceaux de granit, des chênes séculaires,

Font un vaste rempart a ces lieux solitaires.

Tout est nuit et silence, et le pMre égaré

Ne marche qu'en tremblant sous l'ombrage sacré.

Dans ce sombre palais j'ai reçu la naissance.

.l'en suis sortie un jour, le cœur plein d'espérance ;

J'ai voulu voir de près ce que j'osai rêver.

J'ai vu ; ma mère attend, je vais la retrouver.

Est-ce bien la pensée'/ Tu commets nue faute, et te dis offensée.

Tu veux t'ensevelii' dans un désert niucux,

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