‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 36 sur 106 · IKI'VUES P0STHI1MRS · texte numérisé non relu

IKI'VUES P0STHI1MRS

Fl i:i mère, dis-tu, sert enrnr les faux dieux?

EL, la nuit, eu secret, plus d'uni' luis su main A fait couler le sans sur nos trépieds d'airain.

Jésus ! que dis-tu là ?

Mi's soins veillaient sur rllc, acceptés ;'i graud'peine .

Plus d'un esclave obscur, à vous-même inconnu,

Lui noria mes présents, et n'est point revenu.

Je protégeais de loin cette lèlc sacrée.

Maintenant, comme moi, piiuvre et désespérée,

Veuve, etd'afinux biuU'aiis cnuvr;iiilscsrhevvn\ Malles.

lille va dans les buis, se trainanl à pas lents,

l'hcrclirr ces fruits amers que l'avare nature

Sur la terre à regret jette à sa créature.

Puis, lorsque vient l'hiver, il faut que les entants

Aillent sur les chemins implorer les passants ;

Mes sœurs, nies pauvres sœurs, ù comble de misère!

Vont au seuil îles chfileauv mrndici' pour leur mère,

Et chanter au hasard, les larmes dans les yens;,

Iles vieux refrains gaulois si cliers à uns aïeux !

LE ROI

Si tel est leur malheur, pourquoi vivre isolée? C'est pnur courir la nuit à leurs lieux d'assemblée

LA SERVANTE D li ROI. 71 Que se cachent ainsi les barbares vaincus, l'uis-je porter secours à des maux i iicuiiiins? Que ne si; montrent-ils V pourquoi fuir ma présente''

ùs liai'baivs, Mîi^iiijnr, sont plus lici's- qu'un no pense. Ils ne se montrent pas pour un morctau'de pain ; Leur visage est vnilé lorsqu'ils tondent la main.

Qu'ils gardent donc on pais cet orgueil solitaire

Qui les lait exiler du reste de la terre!

("est chez ces mendiants que tu prétends aller*

tRÉDÉGON DE.

Uui, mendier comme tu x, avec eux □l'exiler,

Connue eux sans doute aussi, sur vos autols ïunèbres, Ulïrir un culte impie à l'esprit des ténèbres'' Tu ne me réponds pas'/ au nom du Tout-Puissant! Tes mains, du moins, les mains aui aient horreur du salig!

pn éd ég o de.

Peut-être. Adieu, seigneur, je vois venir la reine '. r.E roi.

Comment m'j iclusor et comment consentir?

FRÉDËGOXDE.

Ne vous alarmez pas ; c'est moi qui vais partir.

i. E ROI.

Uni, seigneur, trop de haine oL d'envie Poursuivent en ces lieux mou humble et triste vie. J'espérais, en perdant un grand rêve oublié, Trouver l'oubli du moins a délàul de pitié,

1 II nuuqueid im ïciï dans lu mmitisnil

lEUVRES POSTHUMES.

EL qu'on pai dm murai l à nia grandeur passée, lin voyant la misère où vous m'aviez hissée; Je me trompais, — l'amour passe avec la laveur, Mais lu haine est liùèle, et s'attache au malheur. Jusqu'au bord île la tombe elle poursuit sa proie. Je sais ce qui lus pousse et les remplit de joie, (Jus cœurs, ces lâches eœurs, à ma perte animés, (Jui s'appelaient hier mes sujets bien-aimés. Ma couronne est tombée, ut c'est sa marque altière Qu'on flétrit sur mou Iront, courbé dans la poussière. Haus lus champs, sur la place, à l'église, an palais, L'ombre de ma puissance «I partout où je vais. C'est elle qu'on insulte, et mon manteau de reine Flotte encore à leiu's venu sur ma robe de laine, ("est ce qui rendit fiers vos valets parvenus, Ceux qui baisaient ma main ma relient sur mes pieds nus.

l.liF |lll|».|l< lit III, • « Mil ; I - ■!- p.

J'ai régné sur ce peuple, et c'est assez pour lui; Sur l'esclave à loisir il se venge aujourd'hui. Ainsi s'attache à nous l'ingratitude humaine; Jusque sur la soiilleance elle épuise sa haine, limitant plus implacable un son impunité, Qu'elle paye en orgueil tonte sa lâcheté !

souplesse l'nuleur suit' se plier aux exigence* de l'srl el du strie Irajiniims, fui. [idi hi à inndt'nniifclli! il:m- l'éli- dn l(*r>!l.

tllc Tncuucillil jvot jui.'. l'appril par coeur il le rêcilii plusieurs l'oïs dans île pelile. r--Lin iui is d'ami-, intime... ù'|iemlanl, au lieu de |>i«ser le pnêle d'aeliew-r nui iruvir. i-lli- voulu I allondre la cnyvisenlaliuii de l'algeucte, el [mis telle île Phèdre. In temps s'écoula; le beau feu s'éteignit de pari et d'autre, lire picc; intitulée la Servante fin roi fui représentée ;tu llirâtio île l'Odeon. niiniqu'elk' n'ait pas lait «rnri..! Imiil, lr- soji-l si! trouva déflore.

[„V SERVANTE DO nul. 7*

Matanuisdic Hiidii-I mit des «Omelé* avec le Tliéàtro-Fi'amjiiis. Elle i'xïWiI iinr Ii'Kit |innr l'iiviiyi'r .1 ili-itii^iun ilit -rot'l.iire ; jiuis cil' Li;lini u'ilc ilrtiiiMiim, i:t l'mmjii i«n: .'Ptoiutu ]"ni>, C'Ctt au milieu de ic Indien tl^lxil- i|imi in uiumoîa, un malin,

lu- stances suiïiiiiii>, où l'un vmt -u lu: 1rs si', ses illitsiuiis ii'.Tilues

A MADEMOISELLE RACIIEL

Si La bouche nu doit rien dire lie ces vers désormais sans prix ; Si je n'ai pour être compris, Ni tes larmes, ni ton sourire ;

Si dans la voix, si dans tes traits, Ne vit plm le feu qui m'anime ; Si le noble cœur de Monimc Ne doit plus savoir mes secrets ;

Si l;i triste lettre est signée ; Si les gardiens d'un vieux tombeau Laissent leur prêtresse indignée Sortir, emportant son flambeau;

licite langue de ma pensée, Une lu connais, que lu soutiens, Ne sera jamais prononcée l'ar d'autres accents nue les liens.

74 ILUVRESS POSTHUMES.

Périsse plutôt ma mémoire Et mon beau lève ambitieux !

Mou génie était dans ta gloire ; Mon courage était dans tes yeux.

Mademoiselle Roche! n'a jniuuis connu tes stances | le puéle, „p-h les avoir écrites pour sou propre su ulogeinenl, u'a pas jugé à ■ propos de les lui envoyer.

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