LE POETE ET LE PHOSATEUH
premières lois, pour conditions indispensables, le rhytlimc et la mesure. Son talent n'existe pas indépendamment de ces lois, mais par elles; le rliythme est sur ses lèvres, la mesure dans sa gorge ; sans eux il est muet.
Pénétrons plus avant. Mon but n'est pas de faire un parallèle et de prouver que le prosateur est un piéton et le poète un cavalier, .ie veux dire que ce sont deux natures entièrement différentes, presque opposées, et antipathiques l'une à l'autre. Cela est si vrai, qu i! n'est pas rare de voir, parmi tes lecteurs, des gens de mérite, pleins d'intelligence et d'esprit, montrer un ,goût parfait pour les ouvrages en prose, et ne rien comprendre à la poésie. D'autres, au contraire, presque ignorants, étrangers aux lettres, se laissent prendre, sans savoir pourquoi, an seul brait d'une rime, jusqu'au point de ne plus pouvoir examiner ce que vaill une pensée dès l'instant qu'elle fait un "vers. Que dire à cela! Il faut bien reconnaître qu'une différence de proeédé ne suffit pas pour motiver d'une \y,ni une si grande répugnance, de l'anlre une si forte prédilection.
Le romancier, l'écrivain dramatique, le moraliste, l'historien, le philosophe, voient les rapports des choses ; le poêle en saisit l'essence. Son génie purement natif cherche on tout les forces natives. Sa pensée est une source qui sort de terre; ne lui demandez pas de se mêler de politique et de raisnnner sur telle circonstance qui se passerait
même à deux pas de lui ; il ignore ces jeux de la fantaisie et ces variations de l'espèce humaine; il ne connaît qu'un homme, celui de tous les temps. Le poète n'a jamais songé que la terre tourne autour du soleil ; il est indifférent aux affaires publiques, négligent des siennes ; c'est assez pour lui des ouvrages de la nature. Le plus petit être, la moindre créature, par cela seul qu'ils existent, excitent sa curiosité. Le grand Gœtlie quittait sa plume pour examiner un caillou et le regarder des heures entières ; il savait qu'en tonte chose réside un peu du secret des dieux. Ainsi fait le poëte, et les êtres inanimés eux-mêmes lui semblent des pensées muettes. Tandis que des rêveurs qui divaguent cherchent à satisfaire leur exaltation par des déclamations ampoulées et par un vain cliquetis de mots, il contemple ardemment ta forme de la matière, el s'exerce à entrer dans la séve du monde. Regarder, sentir, exprimer, voilà sa vie ; tout lui parle ; il cause avec un brin d'herbe ; dans tous les contours qui frappent ses yeux, même dans les plus difformes, il puise et nourrit incessamment l'amour de la suprême beauté ; dans tous les sentiments qu'il éprouve, dans toutes les actions dont il est témoin, il cherche la vérité éternelle; et tel il est né, tel il meurt, dans sa simplicité première ; arrivé an lerme de sa gloire, le dernier regard qu'il jette sur ce monde est encore celui d'un enfant.
FAU.STINE
LOHÈDAN, noble ««nilii-ri.
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"TlSll, j.Kiillinr. "
FAU STICK, lille du tarAlnn.
NINA, sniranle^ Fmislinn.