‹ Œuvres complètes d'Alphonse Karr Encore les femmesChapitre 26 sur 35 · A UN THES JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

A UN THES JEUNE HOMME

A "UNE FRANÇAISE PEINTE PAR ELLE-MÊME BT A MOI-MÊME JOUANT LE RÔLE DE PÉDANT.

Un tendre sentiment dans ton âme va naître...

Des Latins et de3 Grecs, tout récemment nourri.

Tu n’as pas oublié ce que t’a dit le maître,

Virgile : Nimium ne crede colori.

Marthe de ses attraits ne doit rien à personne ;

C’est elle chaque jour qui, seule, se les donne.

Son habile pinceau... Mais ton œil irrité Me lance des éclairs ?... Oh ! qu’à cela ne tienne !

Je suis de ton avis: elle a de la beauté...

Pourvu qu’une heure ou deux d’avance on la prévlenneb Il ne m’écoute pas, et je l’approuve fort.

Alors je parle à vous, Marthe. — Nous avons tort,

Moi, de perdre le temps en vides hémistiches.

Vous, de no pas savoir à quel degré sont riches

Ces grands regards naïfs, pleins d’amonr. — soleil Sur le visage aimé répand un feu vermeil Que n’a pas le pinceau le plus fin, et vous prête Mille fois plus d’attraits que l’art de la toilette.

Adorez ces cœurs d’or : leur générosité,

Dans le charmant commerce où le printemps les jette, Vous fournit tout : l’amour et presque la beauté.

Felices nimiùm ! — Mille fois trop heureuse,

La jeunesse ; sua si bona norinl ! — mais Elle ne connaît pas sa fortune. — Menteuse,

La vieillesse lui dit des sermons très-mal faits Trésor des ruinés, 0 sagesse envieuse !

La jeunesse, à vrai dire, entraînée au galop,

Écoute peu ; — pourtant, ce peu, c’est encor trop. Lorsqu’il faut des raisons pour aimer, — qu’on réproavc Que femme soit toujours assez belle, — pourvu Qu’elle soit femme, — alors qu’il faut que l’on oit va Si son nez, si son pied, si sa bouche se trouve Bien eônforme en tout point au type convenu.

Quand la beauté se prouve au lieu qu’elle s’éprouve,

Ce n’est pas un progrès, c’est un triste dégoût Que pour vous consoler vous appelez le goût.

O les dîners exquis ! 0 les charmants amours Du temps de la jeunesse et des premiers beaux jours 1 Un cervelas, du pain, les fruits âpres des haies,

La dernière venue à l’ombre des futaies.

Quels dîners ! quels amours !... si bons, faits d'appétit! Comme leur souvenir reste vivant dans Pâme!

Quel cervelas, ! quel pain ! quels fruits ! et quelle femmel On n'en fait plus ainsi dans ce siècle néant.

Qu’on était riche alors ! qu’on est pauvre à présent t Qui n’a trop à vingt ans n’aura rien à quarante.

Il faut que la jeunesse, immodérée, ardente,

D'une sève excessive enflant ses beaux rameaux,

-> '-rant de trop do fleurs sa tête verdoyante,

Fasse la part du vent, des frimas, des ciseaux*.

Je l’ai dit bien souvent : « Honorons la vieillesse; Les vieux sont des amis qui s’en vont, et qu’il faut Conduire avec un peu de tendie politesse. »

Mais le temps ne fait pas lui seul la sagesse ;

On ne devient pas sage à force d'Ctre sot.

Eût-on cent ans et plus, je tiens qu’on déraisonne Sur la Jeunesse, si l’on croit faire plus tôt Mûrir les fruits tardifs qu’amènera l'automne,

En secouant les fleurs dont avril la couronnée

“Sw in adolescente quoi reseearl possil

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