ERNEST A PAUL
Mon cher Paul,
Nous sommes à la campagne depuis quinze jours Pourquoi n’étais-tu pas avec moi hier! j’ai fait unr superbe excursion. Tu sais, ce vieux voisin si avare, dont on voyait les cerisiers par-dessus le mur? eh bien, j'ai fait une descente chez lui, et j’ai rapporté plein ma casquette de cerises grosses comme des prunes. J’ai été le quatrième à la dernière composition, et j'aurais peut-être bien eu un accessit à la distribution des prix si nous étions restés à la ville. Lilie a laissé tomber dans le bassin sa grande poupée, qui s’est noyée comme j’aurais fait sans toi, dans le temps. A propos de Lilie, elle me charge de te dire que votre pécher est plus grand qu’elle, et qu'il a eu quatre fleurs cette année, à ce que nous a dit Jérôme, car nous sommes arrivés trop tard pour les voir.
Adieu ; ton ami, Ernest.
Quand commencent les vacances chez vous? Yiens-tu cette année comme nous l’espérons?