HOU T K IN SE
m. quant™. Ni moi.
fernand. — Sous ce rapport, je suis comme monsieur. . '
rose. — Tu le sais, Julie?
julie. — Oui. Commençons... Pinçons-nous en rond.
julie, à madame Sorin. — Je te vends les quatre coins du jardin de ma tante : dans le premier coin, il y a un romarin, je t’aime sans fin.
madame sorin, à Rose. — Je te vends les quatre coins du jardin de ma tante: dans le premier coin, il y a un romarin, je t’aime sans fin.
rose, ù M. Quantin . — Je vous vends les quatre coins de mon jardin, etc.
m. quantin, d Fernand. *— Je vous vends les quatre coins du jardin de ma tante : dans le premier coin, il y a un romarin, j« vous aime sans fin.
UOKTEiNSE
fernand, à Hortense. — Je vous vends les quatre coins de mon jardin, etc.
hortense, à Julie. — Je te vends, etc.
Julie, à madame Sorin. — Dans le second coin, il y a une rose. Je t’embrasserais, mais je n’ose.
madame sorin, à Jîose. — Dans le second coin, etc.
rose, àM. Quant in . — Dans le second coin, etc. m. quantin, à Fernand. — Dans le second coin, il y a, etc.
fernand, à Hortense. — Dans le second coin, il y a une rose. Je vous embrasserais, mais je n’ose. hortense, à Julie . — Dans le second coin, etc. julje, â madame Sorin. — Dans le troisième coin, il y a un œillet, dis-moi ton secret. Voyons, Àglaé, ton secret.
madame sorin, bas à Julie. — Mon mari est
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passablement maussade... [Haut, à Rose.) Dans le troisième coin, il y a un œillet, dis-moi ton secret.
rose, te, a madame Sorin.,. (, Haut, à M . Quantin.) — Dans le troisième coin, il y a un œillet,
dites-moi votre secret.
m. quantin, bas, à Rose, après l’avoir embrassée clandestinement... (Haut, à Fernand.) — Dans le troisième coin, il y a un œillet; dites-moi votre secret.
ïernand, bas, à M. Quantin... (Haut, à Hor-
tensc.) — Dans le troisième coin, il y a un œillet ; dites-moi votre secret.
uortensk, bas, à Fernand, en rougissant...
(Haut, à Julie.) — Dans le troisième coin, il y a, etc.
jüue. — Dans le quatrième coin, il y a un pavot; ce que tu m’as dit tout bas, je vais le dire
HOHTENSE
tout haut. Madame Aglaé Sorin m’a dit : « Mon mari est, ce soir, passablement maussade. »
m. quantin. — Comment! comment! est-ce qu’on répète?... C’est ridicule; ce n’est pas spirituel. Je n’aime pas ce jeu-là.
Hortense ne dit rien, mais elle devint pâle comme une morte ; elle avait dit bas à Fernand, qui n’avait cessé de la supplier toute la soirée : o Demain à sept heures. »
madame sorin. — Dans le quatrième coin, il y a un pavot ; ce que tu m’as dit tout bas, je vais le dire tout haut. Rose m’a dit...
rose. — Oh bien, je ne veux pas que tu le répètes.
m. quantin. — N’est-ce pas, mademoiselle Rose, que ce jeu n’a pas le sens commun?
madame sorin. — Rose m’a dit : a U fait beau ce soir. »
m. quantin. — Traîtresse ! vous saviez le jeu ! (H fait des signes à JRose).
rose. — Dans le quatrième coin, il y a un pavot ; ce que vous m’avez dit tout bas, je vais le dire tout haut. Ne me tirez donc pas par ma jupe ! monsieur Quantin... vous avez beau cligner do l’œil... M. Quantin m’a dit qu’à côté de moi, Aglaé, Hortense et Julie ne méritaient pas qu’on les regardât.
m. quantin. — Je vous prie de croire...
julie. — M. Quantin n’est pas assez fat pour croire que cela nous fait quelque chose.
al quaniin. — Je vous supplie...
rose. — Allons, allons, le jeu.
m. quantin. — Dans le quatrième coin, etc. ; monsieur m'a dit : Qui trop embrasse mal étreint.
fernand. — Pardon, monsieur, ce n’est pas
liOHTENSE
tout à fait cela. Mademoiselle Rose ne nous a pas révélé votre confidence tout entière; vous lui avez donné un baiser sur le cou, sous prétexte de lui parler à l’oreille.
si. qüantin. — Moi, monsieur?
rose, très-rouge. — Je ne l’avais pas senti.
fernand. — Et vos moustaches ont marqué le baiser en noir sur son cou... d’albàtre, comme on dit.
madame sorin. — Ma foi , la marque y est encore.
m. quantin. — Je ne vois pas... monsieur, quel rapport...
fernand. — Pardon, monsieur, ceci explique que je vous ai dit, non pas qui trop embrasse , mal étreint, mais qui mal est teint trop embrasse. Je vous demande pardon de vous avoir dérobé ce calembour. ( A Hortense.) Dans le quatrième
UOUTENSE
coin, il y a un pavot , ce que vous m’avez dit tout bas, je vais le dire tout haut. Mademoiselle Hortense m’a dit que sa cousine, madame Sorin, est aussi bonne que jolie.
iiortense. — Julie m’a dit bonsoir.
M. quantin, à Fernand très-haut à l’oreille et de façon à être entendu de tout le monde. — Monsieur, je serai demain à sept heures du matin sur le pré.
fernand, froidement. Pour paître, monsieur?
m. quantin. — Non, monsieur, pour y corriger un insolent, pour me battre.
fernand. — En effet, monsieur, le meilleur moyen de corriger un insolent est de vous battre... vous-même.
C’était le soir, à l’heure où le ciel reprend à la terre tout ce qu’il lui a prêté pendant le jour. Les odeurs s’exhalent plus pénétrantes; les brillantes couleurs des arbres et des fleurs disparaissent; la pourpre des roses, l’or des genêts, sont serrés dans le riche écrin du ciel jusqu’au lendemain. L’homme croit que ses yeux ont cessé de voii tandis que seulement les choses qu’il voyait n’existent plus. Tout cela, demain matin, retombera avec les perles de la rosée matinale.
A cette heure où tout remonte, où le soleil replie ses rayons au milieu des parlums et des ma-
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HORTENSEI
gnificenees reprises à la terre, montent aussi au
ciel les prières des hommes.
m. sorin. — O ciel ! faites que le père de ma
femme ne tarde pas à nous laisser le bien qui
me permettrait d’acheter cette pièce de terre qui
m’arrondirait. Il est vieux et malade. La vie n'est
pour lui qu’un fardeau !
aglaé sorin.— O ciel! conservez-moi mon père! fernand. — O ciel! faites qu’Hortense soit à moi!
m. quantin. — O ciel! faites qu’Hortense soit à moi !
jolie. — O ciel ! faites que M. Quantin, qui a une si bonne place, veuille in’épouser!
rose. — O ciel! faites que M. Quantin, qui a une si bonne place, veuille m’épouser l Charles. — O ciel ! pourvu que l’oncle donne de l’argent !
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l’oncle. — O ciel ! pourvu que je ne sois pas encore forcé de donner de l’argent à mon neveu !
hortense. — O ciel ! faites que l’homme que mon père me destine ne soit jamais mon mari ! le père d’uortense. — O cicll faites que
l’homme que je destine à ma fille soit un heu-
reux époux 1
Embarras du ciel, qui ne peut contenter tout le monde, et prend sagement le parti de ne se mêler de rien.
vu
Le lendemain, de Donne heure, M. Quantin, arrivé dans l’endroit qu’il avait désigné à Fernand, y trouva Charles, qui fumait un cigare. chaules. — Vous devez être M.- Quantin?
m. quantin. — Précisément. Et vous, vous devriez être M. Fernand.
Charles, haut, mais se retournant comme s’il ■ ne voulait pas être entendu. — Qu’est-ce qu'on m’a donc dit qu’il était si bête ? Le mot est trèsjoli. [Haut.) M. Fernand m’a prié de l’excuser et de vous faire patienter quelques instants ; les
HOKTENSE
chances du combat sont douteuses ; on peut se faire tuer après avoir fait n’importe quoi, mais il y a des choses qu’on ne peut guère faire après avoir été tué. Il sera ici dans un quart d’heure.
M. Quan tin salua et se mit à se promener silencieusement. Charles se promena de son côté et revint à lui :
— Voulez-vous fumer un cigare. ?
— Avec plaisir.
M. Quantin allume son cigare à celui do Charles. Ils se tournent le dos et vont chacun jusqu'au bout de la prairie; ils reviennent et sa retrouvent vis-à-vis l’un de l’autre.
Charles. — Prisez- vous ?
M. quantin. — Oui, monsieur.
Charles. — Eh bien, donnez-moi une prise.
M. quantin. — Très-volontiers, monsieur.
Ils se tournent encore le dos, vont jusqu'au
UORTENSE
ni
bout du pré en marchant lentement et reviennent.
Charles se met alors à réciter des vers ou de la prose tout haut, et, soit hasard, soit malice, les vers ou la prose qu’il récite au moment où ils se rouvent en face sont toujours peu égayants.
Un jeune malade, à pas léntr, Venait voir une fois encore Le bois chers à ses premiers ar S.
. . . . Adieu, je succombe !
Et dans chaque feuille qui tomba Je vois un présage de mort.
Au banquet de la vie, infortuné convive, J'apparus un jour et je meurs!
Je meurs ! et sur la tombe où lentement j’arrive Nul ne viendra verser des pleurs!
La tombe est hermétiquement fermée : aucun secret n’en
sort
Je vais chercher un grand peut-être.
n or, t k \ s:’
— Pardon, monsieur Quanlin, il faut que vous me disiez si vous êtes parent d’un Quantiu qui a servi dans le 2 e hussards ?
— Non, monsieur.
Ils se tournent encore le dos, vont jusqu’au bout du champ et reviennent.
Charles. — Ce Quantin fut tué en duel bien malheureusement.
Ils se tournent encore le dos, vont jusqu’au bout du champ et reviennent.