AD COLONEL ALPHONSE DE FOISSY
J’ai quelquefois réuni les divers noms d’une plante dans un certain nombredelangues.il est singulier de voir combien le nom de la rose varie peu et est à peu près le même partout. Ainsi les Grecs l’appelaient po<ïov, — les Arabes, rod, — les Latins, rosa, — les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Russes, l’appellent rosa, — les Polonais, roza, — les Allemands, les Anglais, les Français, les Danois, rose , — les Suédois, ros, — les Hollandais, roos.
Il n’y a pas de livre ancien oii il ne soit question de la rose. Homère, Saadi, Hérodote, Virgile, Horace, lui ont adressé quelques hommages; Ana-
créona fait pour elle deux odes intitulées toutes deux : f.{; poJw.
J’étais fort surpris que Salomon n’en eût pas parlé, lui qui a composé cinq mille poèmes et trois mille paraboles (Livre III® des Rois, iv, 32), et qui avait sept cents femmes et trois cents maîtresses à qui il avait à dire quelques douceurs (Livre III des Rois, xi, 3). \
J’avais relu le Cantique des Cantiques et j’étais surpris que Salomon comparât la Sulamite h tout, excepté à a rose. Il la compare au vin, hune tente, à une vigne, à une cavale, à une tourterelle, à un collier, à une fontaine, h une tour , h un rayon de miel, à l'aurore, au soleil, à la lune, à un jardin, à un lis, ete. ; et, me disais-je, il ne la compare pas k la rose !
Heureusement que le hasard m’a fait rencontrer un jeune savant qui a fait une nouvelle traduction littérale du Cantique des Cantiques et qui » relevé plusieurs erreurs des traductions précédentes, au* applaudissements de quelques vieux savants consciencieux.
Sans la rencontre de M. Darnaud, j’aurais toujours cherché comment Salomon, qui, dit le Livre
des Rois (111, iv, 33) a traité de tous les arbres ,
depuis le cèdre jusqu’à l’hysope , n’avait pas profité d’une pareille occasion de parler de la rose.
Mais, selon M* Darnaad, on s’est trompé sur le sens et sur les racines du mot hébreu hebatseleth , que le Maistre de Sacy traduit par fleur des champs, et que d’autres ont appelé simplement hebatseleth.
M, Daroaud établit que hebatseleth est tout uniment la rose, et il doune les racines de ce mot : hâbab, il a aimé, et tsâal , il a de l’éclat. — Amour et éclat. Cette étymologie a été approuvée par M. S. Caben, célèbre traducteur de la Bible et directeur des archives israélites.
Il est donc constant que Salomon a comparé la Sulamite j la rose, en même temps qu’au lis des vallées.
Nous retrouvons la rose dans la fête de la rosière, instituée à Salency par saint Médard, évêque de Noyon, du temps de Clovis.
On dit que sainte Bose, née à Lima et morte en 1017, s’appelait en réalité Isabelle, mais que sa mère l’a vait appelée Rose à cause du doux éclat de son visage.
Saint Basile dit qu’à la naissance du monde les roses étaient sans épines.
Anacréon prétend que la rose est devenue rouge
parce que les dieux ont versé sur elle du nectar.
Un autre poëte ancien avait dit que c'était le sang de Vénus, blessée par une épine du rosier, qui avait donné à sa fleur son brillant incarnat.
On pourrait faire un dictionnaire curieux des erreurs et des mensonges auxquels chaque mot de la langue a servi de prétexte : la rose y aurait un article assez long. Sans parler des mensonges que font tous les jours à son sujet les catalogues des marchands, il y a quelques erreurs qui subsistent encore dans certains pays. — Madame de Genlis donne quelque part la recette pour avoir des roses noires et des roses vertes. Le procédé est simple : on greffe un écusson de rosier sur un cassis ou sur un houx. — 11 n’y a pas quinze jours qu’un homme se disant jardinier m’a encore communiqué cette recette. Ce qui est plus étonnant, c'est que Valmont de Bomare, qui écrivaitaprès Buffon, après Réaumur, après Linnée, après Tournefort, etc., c’est-à-dire à une époque où l’histoire naturelle et la botanique étaient dans un grand état de splendeur, dans son dictionnaire fort estimé d’histoire naturelle, publié pour la première fois à Paris en 1765 (l’édition que j’ai est de 1775), dit très- sérieusement que « l’on voit communément en Italie des roses bleues, et, aux environs de Turin,
un rosier dont les pétales des Heurs sont tachetés de vert. » Il ajoute que « l’on dit que le rosier à fleurs rouges, enté sur le houx, produit des fleurs vertes La sève du houx force apparemment les filières du rosier. » Valmont de Bomare ne parle pas des roses noires. Les auteurs du dictionnaire de Trévoux parlent d’une rose de la Chine qui change de couleur deux fois par jour ; elle est alternativement rouge et blanche. C’est sans doute ce qui a donné l’idée à certains commerçants d’annoncer et de vendre, il y a deux ou trois ans, une rose de la Chine , à cinq couleurs ; laquelle rose, souvent unicolore, n'est pas plus et pas si bien panachée que beaucoup de nos roses de Provins. Elle figure encore sur un certain nombre de catalogues. Disons en passant que le sujet sur lequel on greffe n’a pas d’action ni sur la couleur, ni sur l’odeur, ni sur la saveur de la greffe et de ses produits : le sujet qui supporte la greffe est complètement asservi.
J’ai parlé dans le précédent article de la baillée des roses, cérémonie du parlement. Il y avait aussi à Rome, pendant le carême, un dimanche de la rose, dominica in rosa. Par un usage tombé, je crois, en désuétude, le pape bénissait une rose et l’envoyait à quelque prince ou princesse de l’Europe,
comme marque d’estime. Je crois que la rose envoyée était en or.
L'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, fondé dès 1322. rétablie en 1500 par Clémence Isaure, et aujourd’hui encore existante, donne pour prix de poésie une rose simple, une violette et un souci d’or ou d’argent.
La rose entre dans le blason, où elle est soutenue ou non soutenue. Le noble à la rose était une mot)’ naie qui avait une rose pour effigie.
La rose rouge et la rose blanche ont été fameuses en Angleterre, comme symbole des deux maisons d’York et de Lancastre, qui se disputèrent le trône de 1450 à 1485,
On dit généralement que le signe de ralliement des partisans du duc d’York était la rose blanche et que les Lancastre avaient la rose rouge. Les pères de Trévoux attribuent au contraire la rose blanche aux Lancastre et la rouge aux partisans de la maison d’York.
Toujours est-il que la guerre entre ces deux roses finit par une hybridisation ou par une greffe, et que Henry Tudop, qui descendait des Lancastre, épousa Élisabeth d’York, et réunit ainsi les prétentions des deux familles,
A propos de greffe, qu’il me soit permis d’ouvrir ici une parenthèse pour constater un nouveau barbarisme que nous devous à la politique. Nous connaissons plusieurs manières de greffer une plante sur une autre : ou a la greffe en écusson, la greffe en couronne, la greffe en fente, la greffe en placage, la greffe à la Pontoise, la greffe par approche, etc.; mais nous ne savons pas ce que c’est que la fusion do deux branches , dont on parle depuis quelque temps. Peut-être veut-on dire la confusion. Les orateurs politiques, en général, pourraient fournir une série d’exemples à ne pas suivre en fait de métaphores. On se rappelle la véritable base du lien social de M. Berryer. M. Pasquier plaçait la source de la prospérité sous l'égide du roi Louis-Philippe, laquelle source se trouvait un peu plus loin admirablement ^ soutenue par la sagesse du même roi, etc.
Ce n’était pas une petite besogne que de faire une liste des cent plus belles roses ; aussi n’y ai-je pas tout à fait réussi. Je ne voulais pas assumer la responsabilité de rejeter, d'exiler des jardins deux mille neuf cents roses environ. J’ai pensé h réunir un certain nombre de juges irrécusables en concile œcuménique, à mettre aux voix les roses les plus eslimée-s et enregistrer l’arrêt des maîtres.
Jusqu’ici on compte dans l'histoire dix-neuf conciles œcuméniques qui ont traité des opinions des hommes sur Dieu : ce vingtième concile est consacré à l’admiration de ses œuvres ; c’est une manière de l’adorer qui peut-être en vaut plusieurs autres.
Les pères qu’il a été possible de réunir en concile sont au nombre de cinq. Je me suis moi-même nommé secrétaire, avec voix délibérative. Les Grecs, ai-je lu dans un gros livre, écrivaient en cercle les noms de leurs sept sages, pour ne pas paraître leur assigner un rang relatif : nous ferons la même chose, en nommant nos maîtres par ordre alphabétique :
Ont voté : M.M. Hardy, fils du célèbre jardinier en chef du Luxembourg et jardinier habile lui-même, nourri dans le sérail, c’est-à-dire au milieu d’une collection célèbre en Europe ; Laffay, heureux père d’un grand nombre de belles r^ses ; Margottin et René dit Lévéque, dont les semis ont été souvent si heureux; et Van Houtte, de Gand, collecteur savant et intelligent, et auquel l’horticulture doit l’introduction d’une foule de plantes du plus grand mérite.
Quelques autres, également conviés, n’ont pu répondre à l’appel qui leur était fait, par diverses raisons.
Tous ont d’abord été d’ accord que le nombre de
cent roses était bien restreint ; mais j’ai insisté, et voici le résultat obtenu. Au nom et à la couleur des roses élues, j’ai ajouté, grâce à d'assez dilTiciles recherches, la date de la naissance d’un assez grand nombre et le nom de celui qui les a obtenues. Je regrette de n’avoir pas pu compléter ce travail, que je n’ai pu ébaucher qu’en ayant recours à des recueils nombreux.
Les roses élues sont au nombre de cent quarante. Ceux des lecteurs qui voudront faire un choix plus restreint sont avertis que l’ordre dans lequel sont placées les roses ayant obtenu un même nombre de voix est dû au hasard.
Ont obtenu six voix :
Duchesse-de-Sutkerland, rose tendre; provenant d'un semis de M. Laffay. — Géant-des-batuilles, cramoisi éclatant ; semis de M. Guillot. — Souvenirde-lu-Malmaison, carné pâle ; semis de M. Beluze, à Vaise, près Lyon, 1845. — Rose-de-la-Retne , trèsgrande, rose lilacé; semée par 51. Laffay en 1855, elle a fleuri pour la première fois en 1841.
Cinq voix :
Dupetit- Thounrs, rouge violacé. — Duchesse de-
Montpensier, rose tendre, cœur rose vif ; obtenue par M. Marsouin en 1846, — Madame-La ffay , rouge clair; semis de M. Laffay. — Vicomtesse- Decute (thé), jaune pâle, centre jaune cuivré. — Chroma tella (noisette), jaune vif, — Prince-Albert , rose et violet; né chez M. Laffay, à Beüevue, en 1840. — Paul-Joseph, pourpre et cramoisi. — New-Persianyellow , jaune éclatant.
Quatre voix :
Madame- Angelina, blanc jaunâtre, devenant carné; semis de M. Chanet, à Geutilly (Seine).— Fïcomte-de-Cussy, rouge-cerise. — Comtesse-de-Duchâtel, rose très-vif ; semis de M. Laffay. — Lady- Alice-Peel, rose prminé; semis de M. Laffay. — Devoniensis (thé), blanc jaunâtre, centre plus jaune. — Adam (thé), blanc ; venu de semis à Reims, chez M. Adam, vers 1838. — Madame- Aimée, carné tendre. — Solfatare (noisette) , jaune-soufre. — Comte-de-Montalivet, rouge violacé à reflets pourpre. — Georges-Lecamus, rose clair. — Jacques- Luffilte, rose-carmin; semis deM. Vibert, 1846. — Manjuerite d' Anjou, rose satiné. — Édouard-Desfossés, rose clair ; né en 1840, chez M. Retiard-
Court in, à Orléans. — William-JciSi carmiu-liias. — Aimée- fibert (ffoteetto), blanc en bouquets: semié dé M. Vjbert. — Làmarquei blanc, centre jaunes Rose-du-Roi, ronge'» — Julia-dé-Fontenelle, Tinte* foncé. — Ceht+feictllés, rose. Cristata , rosé,
calice crêté ; née éfï Suisse en 1827 ; misé dam* ter commerce par M. Vlbert. Aciduhe , blanc légère* ment rosé ; née en 1857 à Angers, chez M» Roué* seau. — Souche t, pOnfpre-violet ; semis de M. Soir- . chet, à Bagn ofet . — *Ms t ress- B ûs amfuet, blatte cardé* — Ti iomphe-du-Luxe mb(m ry (thé), rose Cuivré ; semis de M. Hardy. Aubetnon , rose forteê? né êft
1840, Chez M* Htïval, b Montmorency, — Prince* d'Eslerhazy (thé), rosé nuancé;
trois voix i
M evoux, rouge vif. — Moiré (thé), carné jaunâtre} né en 1840, cirez M. Moiré, à Angers. — Princesse * Adélaïde (thé), soufre, plus foncé au centre. — Safruno (tiré), jaune. — Souvenir-d'un- Ami, rose tendre. — Ant héros (tl»é), blanc, centre carné jaunâtre ; se* mis de M. Lepage, à Angers. — Madame Bréon (Bengale), rose; semis de M. Verdier, 4841 gère (thé), rose-hortensia. Cvmte-de-Pam (hv
bride), rose violacé, quelquefois strié. — Pactole, blanc, cœur très-jaune. — Comice-de-Seine-et Marne, rouge violacé. — Reine-des-îles- Bourbon carné jaunâtre.— Buronne-Prevost, rouge-violet vif; obtenue de semis par M. Desprez, à Yèbles, en 4842. — Henri-Lecoq , rose vif nuancé de carmin. — Belle- Américaine, rouge clair. — Cornet, rose tendre. — Duchesse-de-Galliera, rose nuancé; gain de M. Portemer, à Gentilly. — Général-Cavaignac, rose foncé vif. — Noëmi, rose clair. — Robin-Hood, rose. — Sidonie, rose. — Marquise-Boccella , blanc rosé. — Madame-Pepin, rose tendre ; semis de M. Verdier, 4848. — Comte-Bobiinsky , carmin foncé vif. — Étendard-de-Marengo, cramoisi vif. — Jeanned’Arc, blanc, centre rose pâle; semis de M. Verdier, 4848. — Général-Négrier, rose. — Louis- Bonaparte, rose carminé; obtenu de graine en 4840 ou 4842, par M. Laffay, et dédié à Louis Bonaparte, roi de Hollande, frère de Napoléon. — Madame- Trudeau, rose foncé. — Comte-de-Rambuteau, rouge clair violacé. — Pi'oserpine , cramoisi vif; semis de M. Mondeville, près Mennecy. — Georges-Cuvier , cerise, bordé de rose clair ; semis de M. Souchet. — Mistress-Elliot, rose; semis de M. Laffay. — Docteur-Marx, pourpre vif ; semis de M. Laffay. —
Hivers, rose; semis de M. Laftay, 1840. — Noisette- Desprez, jaune cuivré ; semis de M. Desprez, à Yèbles. — Ophirie, jaune-cuivre rouge. — Césarine- Souchet, rose clair ; semis de M. Souchet, 1846. — Henry-Clay , rose foncé lilacé. — Clémence-Seringe, carnée. — Dumont-de-Courset , nuancé cramoisi et carmin; semis de M. Souchet. — Mélanie-Villermoz, blanc ombré de saumon. — Madame-Hardy, blanc; semis de M. Hardy. — Rosine- Mar gottin, rose clair taché de lilas. — Unique-panachée, blanc marbré de rose. — Cent-feuilles-des-peintres, rose. — Pompon-de-Bourgogne, très-petit, rose. — Génie de-Châteaubriand, amarante- carmin, glacé de violet; semis de M. Oudin, à Lisieux. — Mousseuseordinaire, rose.
Deux voix :
Guillaume-le-Conquérant , rose vif ; semis de M. Ogier, 1847. — Comte- de- P ans (thé), rose clair. — Prince-Charles, cerise vif. — Nipheios (thé), blanc pur. — La Victorieuse, blanc légèrement
carné Docteur-Roques, ronge violacé. — Her-
mosa, carné vif. — Marbrée-d’ Enghien (pimprenelle), jaune pâle marbré de rouge; semis de M. Parmen-
tier, acquis par M. Van Houtte. — Narcisse-de-Salvandy (Provins), pourpre, bordé de blanc; mis dans le commerce par M. Van Houtte. — Célina-Dubos , blanc carné, passant au blanc pur. — Œillet-parfait, rouge strié de blanc. — Jacquinot, rose-aurore, bordé et panaché de blanc. — Tricolore-de-Flandre (Provins), fond blanc strié d’amarante et de lilas (Van Houtte). — Mercédès (Provence), fond blanc panaché de rose-lilas ; semis de M. Vibert en 1847.
— Stnühii (thé), blanc, centre jaune. — Mélanie- Cornu , rouge violacé vif; semis deM. Cornu, à Versailles, en 1840. — Prince-Eugène (Bengale), pourpre-cramoisi. — Soleil-d’ Austerlitz, rouge éclatant.
— Praire , incarnat très-tendre. — Julie-Mançais, blanche. — Cymédor, couleur de giroflée. — Madame-Frémion, cerise vif. — Louise-Péronay, rose foncé ombré de carmin. — Laure- Romand, rose très-tendre. — Béranger, rose carminé.— Pie-IX, rouge-cramoisi. — Bancks-de-la-Chine, blanc à grandes fleurs. — Êlisa-Sauvage (thé), jaune pâle; semis de M. Miellez, à Esquiermes, en 1818.— Reine-desfleurs, rose-lilas. — Marêchul-Bugeaud (thé), blanc ombré de couleur saumon. — Marie-de-Beaux, blanche, centre cuivré. — Oscar-Leclerc , rouge-violet ; semis de M. Verdier, 1846. — Madame- Uallex-de-
Claparède, carmin vif. — Madame-Nérard, carné tendre. — Pompon-cramoisi, cramoisi éclatant. — Adèle-Mauzé, rose, feuillage singulier; semis de M. Vibert, 1847. — Général-Changarnier , violetpourpre, centre ardoisé. — Madame-Lamoncière, rose vif transparent. — Bouquet-de- Flore, rouge.— Deuil-du-duc-d' Orléans, pourpre velouté. — Camée, rose pâle, plus foncé au centre. — Caroline-de- Sansal , carné clair. — Comtesse-d" 'Eymont, lilas foncé. — Madame-Guïllot, rose.— J Èmérance (Provence), blanc jaunâtre. — Mousseuse-blanche. — Zoé-mousseuse,. cramoisi, mousseuse partout. — Félicité-Parmentier, carnée. — Prince-de-Galles, cerise. — Boule-de-neige (Provence), blanche. — Élisa-Mercœur (thé), rouge foncé. — Bancks-àfleur s-jaunes, très-petites fleurs jaunes en panicules. — B ancks-à-fleur s-blanches, très-petites fleurs blauchesen panicules, odeur de violette.
Seul, avec M. Laffay, je me suis rappelé l’ancienne grosse rose jaune, aussi double qu’une rose à cent feuilles ;
Seul, une rose de Provins panachée de blanc, de rose et de violet, qu’on appelle en Normandie paysanne ;
Les deux églantiers à fleurs simples, le jaune et le capucine ;
L’églantier Brownii, qui donne de grandes panicules de roses simples blanches, tachées de rose à la Dase des pétales ;
Une multiflore ancienne, qui s’étend presque aussi vigoureusement que le rosier de Bancks et donne des fleurs aussi petites, d’un rose charmant;
Les laurenceanas, bengales hauts de cinq à six pouces, chargés de fleurs toute l’année.
Avouerai-je que j'ai aussi les anciennes roses blanches et cuisse-de-nymphe et bengale de la Floride, qui forment de si magnifiques buissons, et l’églantier à fleurs rose pâle, que les Anglais appellent sweet-bryer (il est probable que j’écris mal le mot), et dont le feuillage a une très-douce odeur de pomme de reinette, avantage qu’ont du reste à divers degrés l’églantier à fleurs jaunes et l’églantier à fleurs capucines?
Oserai-je dire, en donnant une liste de cent quarante roses, que, sur à peu près trois cents rosiers que j’ai dans mon jardin, il n’y a pas plus de soixante variétés?
Je répète ici ce que j’ai dit dans mon premier article sur les roses : « J’aime mieux dix fois cent
belles roses que mille roses différentes dont les deux tiers seraient médiocres. »
Trois horticulteurs m’ont fait l’honneur de donner mon nom à trois roses : un horticulteur normand dont je ne sais pas le nom; — M. Van Houtte, de Gand; — etM. Portemer, de Gentilly. — Aucune des trois n’a réussi à entrer dans la liste.
Il y a des roses dans tous les pays. La nature, en ayant voulu faire le type de la grâce et de la beauté, a répandu la rose sous tous les climats ; aussi les plus mauvais jardins, les sols les plus ingrats peuvent donner des roses. La rose est presque de tous les végétaux qu’on cultive celui qui demande le moins de soins à l’homme, ou plutôt celui qui en exige le moins; car elle sait récompenser ceux qu’on prend. Si vous avez un jardin petit, maussade, mal situé, un sol maigre, il y a un certain nombre de roses qui s’épanouiront cependant chez vous, et qui vous donneront leur éclat et leur parfum.
Culture. — Les rosiers, en général, aiment nue terre franche un peu légère; je les ai cependant vus prospérer dans des terres fortes et dans des sols pierreux. Un labour à leur pied tous les ans, une fumure tous les deux ans avec du terreau non passé,
voilà tout ce qu’ils exigent. On prescrit dons beaucoup de livres de les placer à mi-ombre; néanmoins il ne fout pas les planter sous les arbres, ni trop près d’eux. On les taille au printemps. Les rosiers pimprenelles , quelques noisettes , les bancks , les multiflores ne doivent être taillés qu’après leur floraison. Les bancks doivent simplement être débarrassés du bois mort et raccourcis dans leurs branches trop vigoureuses.
Une question grave en cette saison, c’est celle des gazons et des pelouses. Le premier devoir d’un gazon, c’est d’être vert. Eh bien, si l’on ne peut les tenir inondés une heure par jour pendant les mois de juin, de juillet et d’août, vous êtes sûr d’avoir des gazons jaunes. C’est un aspect désolé qui attriste les yeux.
Cela vient en grande partie de ce qu’on sème les gazons d’après une mode. Il y a une sorte de chiendent que les Anglais appellent ray-grass. On a parlé de ces belles pelouses de l’Angleterre : on a attribué les belles pelouses à l’emploi du raÿ-grass ; on n’a plus semé que du ray-grass. Eh bien, le ray-grass, qui vient très-bien en terre forte et argileuse retenant l’eau, est maigre, chétif, et meurt desséché si on le sème en terre légère et sablonneuse.
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Si vous voulez avoir des pelouses vertes en terre légère, cherchez d’autres herbes. Le poa nemoralis croît sous les arbres, la fétuque ovine pousse dans le sable : mais comme ces deux plantes tapissent la terre plus lentement que le ray-grass, semez le raygrass en même temps : il ne tardera pas à périr; mais le poa ou la fétuque seront levés et le remplaceront. Ajoutez-y un peu de trèfle blanc, qui couvrira parfaitement la terre, et sur lequel vous pouvez marcher " sans lui nuire.
A LEON GATAYES
Des amis m’envoient ce prospectas, qu’ils ont reçu :