‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 156 sur 511 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

DES FISTVI.ES 2.

Fistule est vne sinuos té profonde, estroile, calleuse, et (luelqiiesfois insensible : ainsi dite des anciens, pour la similitude et figure qu'elle a à l'in slrument noumvé Flnite, parce que les fistules sont semblablenieul caues et vuides. Elle se fait en plusieurs et différentes parties de nostre corps, et souuent après quelques apostemes ou Vlceres mal traitées et pensées^. Quelquesfois aussi elles sont critiques de plusieurs autres maladies , selon le texte d'Hippocrates sent. 28. de la 2.

sect. du liure De humoribiis , où il dit, que les fistules guarissent d'autres maladies, voire celles qui sont aiguës : comme adulent quand la fistule de la iambe est iudicatoire de la peripneumonie, comme escrit Hippocrates au Prognoslique'^i. de la 3.

sect. et à telle fistule ne conuient si tost toucher.

1 Ce nouveau procédé que les expériences modernes , et principalement celles de M. Bonnet , de Ljon , ont montré plus sur que le premier, a été ajouté dans l'édition de 1585. C'est une réminiscence d'un procédé décrit par Guy de Chauliac , qui seulement fait précéder la cautérisation de la double ligature. Mulia retiascuntui' quœ jam cecidere...

■^ Ces deux chapitres des fistules sont empruntés presque en entier, el souvent littéralement, au 77-^ chapitre de l'aul d ILgine, traduit par Dalechamps dans sa Cliirurgic frmiçoise.

5 Ce paragraphe s'arrête ici en 1575. Les citations qui suivent sont de 1579.

La callosité est une chair blanche , solide, seiche, et sans douleur, laquelle est engendrée par congcî-tion d'un excroînenl pituiteux dcsM'iché, ou meir.ncholique adiiste, qui enduit la circonférence de l'vlcere, et occupe le lieu sus lequel se deuroit engendrer la bonne chair. La sinuosité quelquesfois est du tout seiche, et quelquesfois humide : et estant humide, pleure et iette incessamment, aussi quelquesfois elle cesse de couler, et l'orifice d'icelle se ferme du tout, de sorte qu'elle déçoit le malade et le Chirurgien eslimans la guarison d'icelle : puis quelque temps après s'ouure , et flue comme auparauant.

Les fistules quelquesfois prouiennent du vice des os , quelquesfois des nerfs ou membranes, ou d'autres parties. Les vues sont droites, autres tortues : les vues ont vn seul orifice ou sinuosité, les autres plusieurs : quelques unes sont aux ioinlures , autres pénètrent en quelque capacité du corps, comme dedans le Thorax, ventre, boyaux, matrice, vessie, et autres : les vnes se guarissent facilement, autres difficilement, et s'en trouue quelques unes incurables.

Aux fistules se trouuent diuers signes, selon la partie où elles finissent.

Celles qui se rendent et terminent aux os, se connoissent par la résistance, quand on y met l'espronuette :

car lors on rencontre la substance d'iceluy dure , qui sonne cassé, et si l'esprouuette estant sus l'os glisse, comme sus quelque chose brunie et polie, on peut conieclurer l'os estre sain et entier : et si elle s'arreste dessus en quelque lieu que ce soit, c'est signe que Tos est aspre, raboteux, carieux et corrompu. Quelquesfois l'os nous est manifesté à la veuë, et

DES VLCLRES , F STYLES ET MEMOUIIIIOIDI-S.

pour ce n' allons besoin de sonde r.i esprouuelte : et la matière qui en sort est huileuse ou visqueuse, rapportant à l'aliment et humeur contenu en la cauilé de Tos, sçauoir à la moelle , comme ainsi soit que tout excrément jetient ia condition de l'aliment de la partie dont il vient.

En celle qui se rend à quelque nerf, le malade sentira vue douleur poignante, principalement si la matière est acre, ou vne stupeur si elle est froide : de sorte que le mouueinent de la partie sera vicié : et lors que l'on voudra sonder la tistule, on causera douleur: et la matière qui en sortira , sera sanieuse , subtile , aqueuse, glueuse, et non huileuse, comme celle qui sort des os : représente en tout la matière dont est nourri le nerf pour la raison susdite.

Ces mesmes accidents aduiennent, quand les fistules pénètrent aux membranes qui enueloppent les muscles, et aux tendons d'iceux.

Si elles finissent en la chair, la matière est plus espaisse et moins liquide, égale, lisse , blanche, et en grande quantité.

Si la fistule finit aux veines, les accidens sont semblables à ceux qui se trouuent en la fistule des nerfs, mais moindres , comme es pointures et douleurs, et n'y a aucun mouuement empcsché.

Si elles se finissent en Tartere, les mesmes accidents se trouuent qu'en celles de la veine. Mais si la matière de Tvlcere est si acre, qu'elle corrode les susdits vaisseaux , il sortira du sang gros en abondance de ia ^ eine , et de Tartere du sang subtil auec vn bruit ».

' Je suis ici le texte des éditions de 1575, 1Ô79 et 1585. La première édition posthume

Les vieilles fistules qui ont par longp.es années coulé , lors qu'elles se referment, causent souuent la mort, et principalement aux vieilles gens S à raison que les humeurs qui auoient coustume de couler regorgent en la masse ordinaire, et se pourrissent, engendrans fiéures et autres accidens, et par conséquent la mort.

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