‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 175 sur 511 · DE LA FRACTVRE DV NEZ · texte numérisé non relu

DE LA FRACTVRE DV NEZ

Il faut entendre que le nez est cartilagineux en sa partie inférieure, et osseux en sa supérieure. En sa partie cartilagineuse il n'aduient point fracture, si ce n'est merque ou siège : ains seulement enfonceure ou entorseure, contusion , ou meurdrisseure : mais en la partie osseuse, souuent aduient fracture et enfonceure au dedans : et où il ne sera bien réduit , le malade demeurera camus, ou aura le nez torlu, et par conséquent difficulté de respirer 2.

» Ces mots et vlcerées se lisent pour la première fois dans l'édition posthume de 1598.

On notera que ce précepte si iiiiportant de la ilabcUaiion appartient ù Ambroise Paré , ainsi que le mol lui-même ; du moins n'en ai-je pas trouve la moindre mention avant lui.

- Hippocrates sent. 4G. de la '2. scct. De ariiculis. — A. P.

Or pour réduire ceste fracture , faut baisser l'os qui est trop eminenl, et celuy qui est trop baissé, le faut releuer auee vue espatule, ou vu petit baston approprié à ce faire, garni et enuoloppé de collon ou de linge, à fin de faire moins de douleur au malade : et faut tenir ladite esprouuette d'vne main , et de l'autre faire la réduction.

Puis l'os estant suffisamment esleué et réduit en son lieu , on mettra des tentes longues et grosses dans les nazeaux, faites d'esponges oujd'estoupes, parce que telles choses sont molles, et tiennent le nez haut esleué.

Pareillement seront appliquées compresses des deux costés , pour mieux tenir l'os en sa figure naturelle, iusques à ce que l'agglutination soit faite.

Souuentesfois i'y ay mis des tentes cannulées, faites d'or ou d'argent, ou de plomb, lesquelles estoient attachées par vn filet à la coëffe ou bonnet de uuit du malade , qui seruoient à tenir les os, et donner issue ù la sanie et autres excremeus sortans du nez : et seruoient aussi à finspiration et expiration K

D'auantage, s'il n'est nécessaire, on se gardera de presser le nez par le bandage , de peur de le rendre large, enfoncé ou torlu : et où il y aura playe,lii y procéderas ainsi que i'ay

1 L'introduction d'épongés dansles narines, pour servir de soutien aux fragments, remonte à une époque antérieure à Hippocratc même, qui en blâme l'emploi , cl qui leur préfère un morceau de poumon d'agneau.

Plus tard on imagina de placer dans les narines des tuyaux de plume pour faciliter la resiiiration ; ce nouveau moyen est déjà .mentionné dans Celsc. Les canules métalliques sont de l'invention d'A. Paré.

LE TREIZIEME LTVRE ,

déclaré en mon liure despîayeg de la teste hinni'ne.

Apres ravoir réduit, tu vseras de ce médicament, et à toutes autres parties seiches, lequel a puissance de repercuter et reprimer la fluxion , astfaindre, tarir, et desseicher l'humeur ja deflué , et aider à tenir les os en leur lieu K

IL Thuris , mastiches , boH Armenia; , sanguinis draconis ana 5. fi.

Aluminis rocliai, resinae pini siccae ana 5. ij.

Puluerisentur subtilissimc.

Item farinae volatilis 5.6.

Albuminum Quorum quantum sufScit.

Incorporentur omnia simul , et Gat raedicamentum.

Si la partie cartilagineuse est pareillement fracturée, on y procédera comme en la substance osseuse. Or il faut entendre que la solution de continuité faite aux cartilages, est nommée d'Hippocrates fracture , comme en l'os : pource qu'il ne peut trouuer autre vocable plus propre, attendu que c'est la partie la plus dure après l'os 2.

' Cette espèce de colle où se trouvent réunis l'amidon et l'albumine, les deux bases capitales des appareils inamovibles modernes, est imitée d'une recette analogue déjà indiquée par Hippocrate pour la fracture du nez. On voit que les appareils amylacés ou amidonnés remonteraient au besoin à une origine bien plus bautc qu'on ne le croit communément.

- llippocrates sect. 2. du Liwc des ariicles, sent. 47. et Galien au Commentaire. — A. P.

L'édition de 1675 portait ici

Foiircequc ( comme dit monsieur d'Aleclimnps en m chirurgie Jrançoisc) ne peut truuuer, etc.

La citation de Dalecbamps a été effacée dès 1571), sans doute à raison de son inexactitude; en effet, Dalcchamps ne dit rien de semblable.

Le callus en la fracture du nez est communément fait en douze ou quinze iours , s'il n'y suruient accident.

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