‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 176 sur 511 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

DE LA FRACTVRE DE LA MANDIKVLE INFEIUEVRE.

La mandibule inférieure se termine en deux manières de cornes, dont l'vne se fmit en pointe, et reçoit vn tendon du muscle temporal, l'autre en tubercule rond , qui est allié à l'os sous l'addition nommée mammillaire, etillec s'implante en vne petite cauîté. Elle est iointe au milieu du menton par coalescence, et estmoiielleuse au dedans.

Lors qu'elle est fracturée, elle sera réduite en son lieu, en mettant les doigts en la bouche du malade , pressant les eminences tant par dedans que par dehors, à fin d'vnir et apposer les os l'vn contre l'autre. Et si elle est du tout fracturée en trauers , et que les bonis fussent l'vn sur l'autre, il faut faire extension et contre-extension , c'est-à-dire tirans en deux parts contraires, pour mieux adiuster les bouts de l'os au droit l'vn de l'autre.

Et si les dents sont diuisées, esbranlées, ou séparées hors de leurs alueoles ou petites cauités , elles doiuent estre réduites en leurs places : et seront liées et attachées contre celles qui sont fermes , auecques vn fil d'or, ou d'argent, ou de lin. Et les y faut tenir iusques à ce qu'elles soient bien affermies , et le callus soit refait et rendu solide.

Et y sera appliquée vne férule faite de cuir, dequoy on lait les semelles

DES FRACTVRES DES OS. 007

aux souliers, fendue par le milieu, à Fendroit du menton , de longueur et largeur de la mandibule : et y feraon vne ligature auec vne bande large de deux doigts, et longue tant qu'il sera besoin, coupée par les deux bouts , laissant d'entier vn pouce , et à l'endroit du menton sera pareillement fendue , à fin qu'elle empoigne et comprime mieux le menton : et des quatre bouts , les deux inférieurs seront cousus sur le sommet de la teste, à vn bonnet de nuit ou callote , et les deux autres bouts supérieurs seront conduits de trauers et seront cousus au derrière dudit bonnet , le tout si dextrement qu'il sera possible, pour bien tenir la fracture *.

Le signe qu'elle est bien réduite , c'est quand les dents plantées en icelle sont en pareille assiette de leur rang.

Le malade ne se couchera point sur la partie fracturée, de peur que les os ne se démettent , et que la fluxion ne s'y face d'auantage. S'il n'y suruient inflammation , ou autre accident , le callus se fait en vingt iours , parce

qu'elle est spongieuse , creuse , et pleine de substance mouëlleuse , et principalement en son milieu : quelquesfois plus tard , selon la température et aage du malade , comn»e il se fait en tous les autres os. On vsera du médicament agglutinatif et repercussif cy-dessus escrit, et d'autres qu'on

» Il n'y a rien dans ce chapitre qui appartienne à Paré ; et il ne serait pas même difficile de retrouver dans les arabistos qui ont précédé Guy de Chauliac quelques idées dont il aurait pu tirer profit. Quoi qu'il en soit, la ligature des dents remonte à Hippocrate; le médicament agglutinatif qu'on trouvera conseillé plus bas est indiqué dans Hippocrate et dans Celsc; la bande fendue en fronde est une invention de Soranus, et l'attelle de cuir appartient à Théodoric.

LE TREIZIEME LIVRE

verra estre ncrossaires. Lo malade doit eslre nourri de choses qu'il ne faille mascher, iusques à ce que le callus soit fait et bien affermi , pource qu'il ne les pourroil mascher, et aussi que la mastication luy seroit contraire. Parquoy vsera de bouillie, panade, coulis, pressis, orges mundés, gelées, potages , œufs mollets, jus de confitures, rcstaurans, et autres semblables.

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