CHAPITRE XXXV
DE LA DELOVKVRE DE L'EXTRt.MlTK DE l'os DV COVDE, APPELLÉE STYLOÏDE, gVI EST PROCHE DV CAP.PE.
Quelquesfois l'extrémité ou apophyse de l'os du coude appelée styloïde, est séparée du rayon, quelquesfois en dedans, et quelquesfois en dehors, pour estre tombé de haut sur les mains.
La manière de le réduire sera de le
* Kn regard de ce dernier paragraphe on lit à la marge : De la luxation du rayon
dant il est impossible de le rattacher au pn-s du coude. On s'imaginerait que Paré chapitre 32. C'est pourquoi j'ai pris le parti | a connu la luxation isolée du radius; mais d'en faire un nouveau chapitre. \ le texte montre qu'il n'en est rien. Le pré-
DES LVXATIOrfS.
repousser en sa place, et y faire bonne et seuie lig^ature, et y appliquer medicaniens grandement astringens el dessicatils. Mais encores qu'on face toutes choses nécessaires, ledit os ne se peut iainais bien reioindre et tenir à la place dont il est issu. Ce qui est confirmé par Hippocrate au liure des Articles^ qui dit : « Quand le rayon est séparé de l'os du coude, telle séparation est incurable, comme toute autre distraction des os ioints par symphyse, c'est-à dire \nion : pource qu<; l'os ne peut bien demeurer en sa plac*^, à raison des ligamens qui ont esté trop esiendus et relâchés' : » ce que i'ay veu souuentesfois, quelque diligence qu'on y peust faire 2.
cepte spécial qu'il donne n'en est pas moins d'une importance réelle ; et j'ai vu plus d'une fois, après le cubitus réduit, le radius laissé encore demi-luxé par des chirurgiens inattentifs.
Il ne faut pas omettre cependant que la luxation isolée du radius avait été décrite par Hippocrate, et observée par Dalechamps. "Voici ce qu'en dit celui-ci :
« Ifippocrales, sur la fin du troisième liure des fractures, dit les signes de la séparation du radius et de l'os du coude estre qu'on ne peut commodément estendre ny fléchir le , bras : et que, maniant l'endroit où est la veine médiane, on sent et aperçoit la séparation : dauantage que ceste deloueure, si ainsi on la doit nommer, est incurable, comme toute autre distraction des os ioints par «ymphysis et vnion : et que le lieu où est faite la disionction dénient gros et humide, ce que l'expérience m'a monstre estre véritable en cinq ou si\, et principalement en vn Theode, orfeure et laucur, qui eut ces os séparés par un grand coup de pierre, en se delTendanl contre quatre brigands qui le voulojent assassiner. « CliiniKjic française, p. 844.
* iSenl. 1. sect. 2., cl sent, dernière, secl. 3. des fract. — A, P.
2 Ce chapitre, comme les autres, est em-