DE LA CAVSE DES PIERRES
Les pierres qui se font en la vessie prennent le plussouuvent leur origine des reins , et descendent en la vessie par les vaisseaux vrinaires.
La cause d'icelles est double , à sçauoir matérielle et efficiente. La cause matérielle , pour la pluspart , sont gros humeurs gluans , espais et visqueux, faits de crudités causées par intemperalure et exercices immodérés, principalement soudain après le past : et pour ceste cause les enfans sont plus suiels à ceste maladie que les plus aagés, ainsi que l'on voit par expérience, à raison de leur in-
' I-es quinze chapitres qui vont suivie, du 35'" au 50'-, consliluaiont le livre Des \i'u'.rres dans les Dix Hures de (^kirurcjie publiés en 15G4; el le lexlc primilif n'a subi que peu de niodificalions; nous les signalerons avec soin.
Ce traite des pierres est en partie cahiué sur ce qu'en a écrit Franco dans son Tmiic des hernies, édition de ]o(Jl ; et uïéme pour la description du grand appareil , emprunté par Franco à Marianus Sanclus , nous verrons que Paré a pris pour principal guide Franco : bien (juc les modifirations notables qu'il a faites à l'aiiparcil priniitilténioignent qu'il a eu d'autres enseigncnu-nts. Ainsi que je l'ai dit dans mon Introduction , A. Paré n'ayant jamais fait la taille , il c>l probable que c'est de Laurent Collol qu'il tenait au
satiable voracité ♦. La cause efficien le est la chaleur excessiue, qui consume la sérosité subtile , et la plus terrestre demeure et se seiche , ainsi que voyons es tuiles et briques estre fait, desquelles le feu consumant l'humidité , le reste se tourne en pierre. Ce qui y aide beaucoup , ce sont les conduits et voyes urinaires trop estroits , en sorte que les excremens gros et visqueux ne peuuent passer et estre iettés hors par iceux , ains demeurent dans la substance des reins ou de la vessie , puis s'amassent les vus sur les autres : ainsi par addition est faite \ ne pierre, comme par escaille, crouste ou escorce. Et tout ainsi que le chandelier trempant sa meiche par plusieurs fois dans le suif, il en fait vue grosse chandelle : semblablement la partie del'vrine pluscrasse et gluante en passant sur vne petite arène ou pierre . s'adhère contre , et s'incruste, puis par quelque espace de temps se grossist , et fait vne grosse pierre.
L'vrine contenue en la vessie , de- I>uis qu'elle est eschauffée, rend grande chaleur au corps : partant il est bon de pisser sonnent '-.
moins en partie ce qu'il a ajouté au texte de Franco.
' Ces mols,(( misuii de leur insatiable voracité, ne datent que de I.)85, mais l'observation delà plus grande fréquence de la pierre chez les enfants, avait déjà été faite par Albucasis.
' Ce dernier paragraphe a été ajouté en loSf) ; le reste du chapitre, sauf l'iutercalation signalée dans la noie précédente , est littéralement reproduit d'aiiros l'édition de 15fil. Ce n'est d'ailleurs qu'une analyse du commencement du chapitre 31 de Franco : De la pierre en la vessie, ouvrage cité p. 104 ; Franco rapporte de mémo , d'après Catien, cette comparaison des tuiles séchéesau four.
La théorie de Marianus Sanclus est un peu différente. Il admet que certaines pierres
kl.
LE OVINZIEME LIVRE