CHAPITRE XXXVI
DES SIGNES DES l'IElir.F-S i:s liElN-^ , ET EN LA VESSIE.
Les, signes de la pierre engendrée L'S reins sont, que le patient iette aue(; rvrine des arènes rouges ou iaunas- Ires, et sent va prurit obtus au^ rein^ , aueç grauilé et pesanteur des lombes ' : et quand il se meut , il souffre vnedouleur poignante , et stupeur ou l'ounniement aux lonijjes, hanches et cuisses , à cause que la pierre estant enclose dedans le rein ou dans le pore vrelaire , presse les nerfs procedans des vertèbres des lombfts. -
Ou connoistra la pierre eslre eu la vessie par ces signes : c'est que le malade sent vue pesanteur (sçauoir est si elle est grosse) au siège etperineum, auecdouleuriecligaliue et poignante, (pii s'eslend iusques à lextremilé de la verge, tellement qu'il la lire et frotte tousiours, dont elle vient allongée et relaxée oulre-niesure : et le plus souueut Ta roide , pour la douleur qu'il souffre : auec grande enuie de pisser , mais ne peut bien librement, et quelquesfois ne pisse que
sont produilcs par le diaiid et le sec, d'autres par le froid et riiianide, et en tire cette conséquence qu'on ne peut espérer de les dissoudre toutes avec uu remide unique.
L'exi)osilion de cette cliolo^'io tient près de trois pages in-fol. de Gô ligues à la page. — De lapide renum et vesicœ, in Tlicsaur. Chirnr. Uffenbachii , p. 901 à 904.
' Ilip. aux Epidémies. — A. P, 2 Ce premier paragraphe formait le deuxième chapitre du livre des Pierres en Ibtîi , ?ous ce titre: Des signes des pierres es reins; Ql ce qui vient après constituait le troisième, intitulé : Des signes de la pierre en la vessie.
goutte à goutte : et en vrinant sent vne extrême douleur , croisant les iambes ', «;t séant contre terre auec cris et gemissemeus, auec très grandes espreintes , à qause que la pierre est chose estrange à nature. Parquoy la vertu expultrice sefforce à la ietter hors, qui cause les espreinies : cl par icelles souuent le muscle du siège nommé sphincter, est relasché : lors portion de l'intestin droit sort dehors, et à d'aucuns par les espreintesleur viennent les hemorrhoïdes , auec extrême douleur. En outre, au fond de leur vrine est trouué vn humeur gros, visqueux et gluant , quelquesfois aussi gros comme des petites huistres, ou comme du blanc d'œuf :
et telle chose deraonstre que la pierre est faite par diminution de chaleur naturelle. D'auantage le malade a vne couleur palle , iaunastre ou liuide , et les yeux battus , ne pouuant reposer ny dormir qu'à grande peine, à cause qu'il est presque en continuelle douleur.
D'abondant , on connoistra par la sonde, en siliu^nt le patient debout , vn peu courbé deuant, les iambes distantes l'vne de l'autre d'vn pied ou enuiron, et qu'il soit appuyé par derrière : alors on appliquera vne de ces sondes (telle qu'il serabesoin) premièrement ointe d'huile ou beurre , la passant dextrcment iusques dedans la capacité de la vessie s'il est possible. Et où par telle situation on ne pouiroit mettre la sonde en la vessie, il conuiendra situer le malade sur le bord de son lit, vn peu à la renuerse ,
> Dans l'édition de lôG4, l'auteur ajoutait en marge:
Les paiienlz sont enseignez de nature à croiser tes iambes : car ce faisant reculent la pierre du conduit, qui fait qu'après vrinent mieux.
OPERATIOAS DE CHlRVKGlIi:.
les genoux plies, et les talons près des fesses, comme lu pourras voir en la figure dépeinte cy après de ceux à qui on tire la pierre par incision. Ce faisant on mettra la sonde plus facilement dedans la vessie , et par icelle on sentira la pierre par vue résistance etduretéd'vncorpsdur.auecvnson sourd au bout de la sonde, qui fera iuger véritablement y auoir vne pierre.
Et noteras icy pour vn précepte , qu'entre tous les signes susdits, celuy de la sonde est le plus certain pour connoistre s'il y a pierre ou non'.
Toutesfois il aduient qu'on la peut trouuer au sens du tact, à cause qu'elle sera contenue en vne aposteme , ou enueloppée d'vn humeur gluant ou visqueux , ou couuerte dvne membrane : quelquesfois aussi que la pierre est petite et errante en la vessie, qui fait qu'on ne la peut pas tousiours trouuer, et quelques iours après on la trouue.
Or les sondes doiuent estre proportionnées selon le sexe et les aages.
Partant il en faut auoir de petites, longues, moyennes , grosses , menues, courbées , et droites '\
' Les éditions de 15G4,l.')75, là79, etaprés elles l'édition laline, présentent en cet endroit une variante notable. Après ces mots: a'ily a pierre ou non, on lisait immédiatement: Et seront Icsdilcs sondes courbées , et le chirurgien en aura de diuerse longueur et grosseur pour la diuer&ilé des corps. Dauanlage lorsqu'on les met dans la vessie, etc.
C'est donc en lôSÔ que Paré a ajouté les deux phrases qui suivent touchant certaines difficuitéi du diagnostic. Dans toutes les éditions postérieures on lit : Tuuicsfois il aduient (juan lu peut trouuer , comme je l'ai laissé dans le texte; je dois dire pourtant que le sens me parait exiger ici une négation, et qu'il faudrait lire: Toutesfois il aduient qu'on ne in peut trouuer.
' Le traducteur latin a ajouté ici de son
D'auànlage, lorsqii'on les met en la vessie pour les faire vnner, il y faut mettre dedans vn lilet d'argent , pourempescherquequelque humeur ou sang ne s'engorge au bout , qui seroit cause que l'vrine né pourroi!
passer au trauers : et quand elle seni dans la vessie, on doit retirer le tii d'argent, afin que Tvrine passe librement au trauers d'icelle '.
chef quelques détails queje vais reproduire : f^ôi in urelhram immissi {quod imprudens anie omiseram ) ad cervicern vesicœ pcnxnerum (calheteres) non recta in vesicam intrudendi sunt , sed sirnul cum cole sinisirn manu comprehenso in ipsatn vesicam dejcira molliter dcmerqendi , in viris praieriim ob viœ longiiudiuem et inflcxionem quœ fti in modum liilerœ S, In rnidieribus non ila ob colli vesicœ ùrevitatem et recliiudinem.
1 Tout ce tableau des signes delà pierre est emprunté au chapitre de Franco déjà cité, à l'exception du premier paragraphe, relatif aux pierres des reins. Marianus Sanctus a un passage assez curieux au sujet de la colique néphrétique causée par des pierres rénales :
« Il reste un caractère digne d'attention : c'est que cette affection est dite /wojiv/H,;/f, selon Avicenne , et (jue les accès sont séparés tantôt par un mois, tantôt quatre mois, et quelquefois un an entier de calme, selon la lenteur ou la rapidité que la pierre met à s'accroître. Quelquefois elle croit avec une telle célérité que le malade semble près de mourir subitement, à cause de la douleur déterminée par celte croi.ssancc de la |)ierrc arrêtée dans quelqu'un des conduils de l'urine. C'est ce qui m'arriva à l'.aguse , accablé que j'étais de sables, degra\iers, de douleurs arthritiques aux pieds et aux mains (je ne dis pas véroliques) j de telle sorte que j'étais à la mort, et cela si rapidement que, j'eus à peine le temps de prendre ma poudre, dont la vertu et l'eflicacité anjcnèrcnt ma délivrance. Vertu si grande, que souvent en vingt-quatre heures, au plus en trois jours, le malade est tiré de sa langueur avec l'extraction de la pierre. Cette poudre est
LE QVK\ZIIJ\IF LIVRE ,
La fi(jure des sondes et du Jil d'argent csl icllc.
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