chapitre 8 2. Aussi l'eraplastre de betonica a pareille vertu
' Les éditions de 15G1 et 1664 ajoutaient: « Comme ceste-cy escriic par Nicolas Massa,
If. Radicis ireos, aristolochiae ana 3. i. Centaurij, 3. ij.
Corticis pini 3. fi.
Misce, et puluerisentur subtilissime : et en soit mis sur l'os altéré, »
Cette formule ajété retranchée dès 1575; et il n'en est resté de traces que celte note marginale, où le moi poudres t$l mis au pluriel :
Poudres propres pour faire séparer tes Os, appellées par Hippocrates cala<jinati(pœs.
Dans l'édition de 1561, ces poudres étaient appelées céplinliques.
» Cette citation a été ajoutée en 15"9.
3 Ici finissait le chapitre 4 de l'édition de 1564. La formule suivante date de 1575; mais elle avait d'abord été mise en tète de
^aire.
"if. Olei caryophyll. 5 . fi .
Camph. 3. ij.
Misceantur simul in mortario, et vtere.
Et si l'altération ne peut estre ostée par les remèdes susdits , on peut vser
toutes les formules de ce chapitre, et, en 1570, elle a été replacée ici.
Dans l'édition de 1552, Paré ne faisait pas même mention de ces poudres et médicaments catagmatiques, et il avait recours, sans nul délai, aux rugines ou autres instruments. Mais le texte de cette édition présente en cet endroit un long passage qui a été retranché en 15(>4, et qui cependant ne manque pas d'intérêt; le voici =
« Or ne suffit au chirurgien cognoistre la quantité de la carie , mais aussi la figure et grandeur, tant de la carie que des os carieux. Car quelquefois l'altération est superficielle, aucunesfois profonde, et souuentefois tout l'os est trouué carieux et putréfié, soit en la teste, au thorax, costes, braz, doigtz, iambes ou autres parties, et selon icelles différences fault diuersifier la cure.
» Dauantage, il fault noter que souuent se peult faire corruption es os, sans lacognoissance et coniecture (que bien petite) du chirurgien médiocrement expert, pource que n'apparoissent aucuns signes assez manifestes eu lieu d'icelle carie : comme sont tumeur, liuidité, noirceur au cuir, et grande douleur : toutefois faisant ouuerture (qui peult et doibt estre faicte par la seule suspicion, l'on trouue carie, asperitez et esquilles séparées. Et au contraire, nous voyons le patient souuent estre en douleur intolérable : pareillement tumeur en la partie. Parquoy le chirurgien peult estre deceu, coniecturant y auoir carie : mais après l'incision faicte, il trouue l'os en son intégrité et consistence naturelle, en quoy il fault considérer les causes de la maladie : car i'ay veu le plus souuent es nodus et tophus de la maladie Ncapolitaine, principalement au crasne, après l'incision faicte, trouuer cauité et perdition de la substance de l'os, iusques aux méninges du ccrueau, sans y
LE SEIZIÈME LIVRE
de {répanes exfolialines , et autres rugines descrites aux pla yes de teste , lors que la carie est en vn grand os , et fort solide'.
Irouucr aucune esquille de l'os , qui est argument pour ceux qui afferment en icelle peste neapolitaine estre veues proprielez indicibles, et non subiectes à raison.
Comme nous voyons que par sa pernicieuse malignité (ainsi que fouldre et tonnaire) corrompt plus tost les parties solides, et consume la subslaucc des os, nonobstant que par leur siccité terrestre soient plus répugnantes à corruption et putréfaction que les parties carniformes : lesquelles en peut iuger estre plus disposées à putréfaction que les os, a cause de leur humidité et mollesse, par laquelle raison il se peult iuger, comme i'ay dict, qu'en icelle maladie y a malice occulte et non subiecte à raison d'aucuns vlceressans autre cause externe. »
On remarquera que Paré dit ici avoir vu des pertes de substance aux os du crâne sans esquille, ce qui pour lui équivaut à dire sans carie. Il n'existe que quelques cas de ce genre dans la science; Benivieni en avait vu un, que j'ai relaté dans mon Introduction; et cependant Paré dit en avoir vu /e plus souueni dans la vérole. C'est probable- , ment parce qu'il se sera méfié plus tard de ce qu'il a cru voir qu'il a retranché ce passage. ' Il est assez intéressant de suivre d'édition en édition le texte et la pratique de Paré à l'égard de la carie. Nous avons dit qu'en 1552 il procédait immédiatement à l'emploi des instruments; ainsi, après le long passage cité dans la note précédente, il continuait ainsi :
« Mais pour retourner à nostre propos, est à considérer, si la corruption et carie est superficielle, qu'il fault ruginer et ratisser l'os, iusques à ce que l'on aura esté tout ce qui est carieux aucc telz instrumentz desquelz as icy le pourtraict en plusieurs sortes, à fin que tu puisses choisir (selon qu'il le sera besoin) pour subuenir aux cas vrgentz. l^t les pourras tous insérer l'vn après l'autre, dedans la vis de ce manche, laquelle tu cognois assez par les extremitez desdictz instrumentz.
Mesme tu te pourras seruir de la trépane perfora tiue , dont tu as le por-
Ruyines.
yiutres rugines.
» D'auantage, si la carie est fort grande, profonde, et solide, comme se faicl souuent par altération de l'air extérieur: il fault couper les os corrompuz auec telz instrumentz que tu vois cy dessoubz, lesquelz feras entrer frappant d'vn maillet, qui sera
DK LA GROSSE VEROLLE
trait cy dessous, en pertuisant l'os carieux en plusieurs endroits de sa ca-
de plomb, pour paour d'estoiiner la partie : puis tu esteras les fragmenlz et esquilles d'os auee petites pincettes que tu vois par ceste figure.
» Le signe pour cognoistre que l'on aura osté la carie, est qu'au dessoubz d'icelle l'os sera trouué solide, duquel aussi on voit sortir du sang naturel : mais si la corruption est encores plus profonde, nécessité contrainct l'ester auec telle trépane que ceste qui s'ensuit.
Trépane 'txfolialiue.
» Et là ou la trépane peur la grande corruption n'a lieu, les cautères actuelz ou potentiel/ sont conucuables... »
Alors il passait à l'étude des cautères, que nous retrouverons au chapitre suivant. Mais après avoir parlé des cautères et des médicaments à employer à la suite pour faire tomber l'escarre, il reprenait :
« Et si d'aduenture la vertu expultrice est veue tant sopite et négligente qu'elle oublie d'exfolier et expeller l'os carieux
rie, et en profondant iusques à ce qu'il en sorte comme vne humidité san-
(comme elle doibt faire toutes choses à soy contraires), il sera besoin l'esmounoir en pertuisant en plusieurs endroitz l'os carieux auec tel instrument nommé trépane perforatrice. «
(Et ici se trouvait placée la première figure de trépan qui se voit dans le texte du chapitre actuel, désigné toujours sous le même nom. Fuis l'auteur continuait :)
« Par tel moyen l'on excitera et aydera grandement nature à séparer et iecter l'os corrompu, mais que le chirurgien soit tant rationel et coniecturatif, comme il est requis , de ne perluiser plus outre que le dicl es est altéré. Le signe pour bien le cognoistre est (comme i'ay dict) que l'on voirra resuder vne humidité sanguinolente, venant de l'os sain, lequel Nature veult conseruer et garder de putréfaction. »
Venaient ensuite quelques remarques que nous retrouverons plus loin sur la manière d'extraire les esquilles; après quoi il disait un mol de la carie très étendue des os longs :
« Et là ou il aduiendroit que la carie, sphacele, ou corruption d'os serait telle, que la partie vint à mortiflcation , en vn membre particulier, comme bras eu iambe :
fauldroit de nécessité amputer et extirper ledict membre corrompu, à cause que le mal est désespéré, comme nous dirons plus amplement. »
Et enfin il abordait la question de la carie et de l'amputation des doigts, par laquelle il finissait son Traité, mais comme j'ai rapporté ce dernier passage dans la première note de la page 457 du présent volume, il est inutile de le reproduire.
Dans le Traité des playes de la leste en !5'jl, d'abord toutes les figures de rugines étaient renvoyées à l'article De .scissure qui, dans le texte actuel, forme le 4*^ chapitre du y," livre; de même le Iréiian exfoliatif à l'article De contusion, qui fait aujourd'hui le 5<^ chapitre; et enfin les ciseaux et pinces à l'article Des embarreures, qai est notre 6' chapitre. (Voyez pages 10, 14 et 16 de ce
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glante : et ce pour donner air et transpiration : et à fin aussi que la vertu des
volume.) Mais la doctrine elle-même iHail présentée d'une faron différente :
« VA si l'altération ne peut cstre ostée jiar iccux remèdes, faut venir aux cautères, etc.» Alors vient la cdmiiaraisnn des cautères actuels avec les potentiels, que nous retrouverons un peu plus loin. Tuis voici tout ce qu'il accorde aux instruments perforants : « D'auantage il y a encore autre ayde, outre lesdites cautères , à faire séparer les os, principalement lorsque la carie est profonde. C'est de les percer en diuers lieux en profondant iusques à ce qu'il en sorte vne humidité sanglante, qui se fera auec tel instrument nommé trépane perforaliue : à fin de donner transpiration ; et ainsi que la vertu des remèdes puisse mieux consumer l'humidité superflue. »
remèdes puisse mieux consumer l'humidilé superflue.
Et, au lieu d'un seul trépan, il donnait les deux figures qui se retrouvent encore dans le texte actuel.
Dans l'édition de 15G'i, le chapitre 5 commence d'abord à peu prés comme le texte actuel:
« Et si l'altération ne peut estre ostée par les remèdes, on peut vser des instrumentz dcsquelz tu as icy les portraitz en plusieurs et diuerses façons. »
(Ici, sous le titre deRuginesqui ve peuuent insérer l'vne après Vautre dedans leur manche , se reproduisaient toutes les figures de rugines de l'édition de 1552; puis venaient les deux suivantes, empruntées au Traité rfes playcs de ta teste de 1 5G1 , et qui se retrouvent aussi dans le livre actuel des Playes en particulier, page 11 de ce volume.
« jfiugines d'autre façon que les précédentes , pour coupper d'auantage l'os. »
« Tu pourras aussi vser -de la trépane suiuante à mesmc intention , de laquelle on vse principallcmcnt au crâne pour séparer la première table.
« Trépane cxfoliatiue , auecques vne petite clw.iille pour lu tenir dedans le manche. »
( C'était la même figure qu'en 1552 , après quoi il continuait ainsi):
« Mesmes tu pourras scruir de la trépane perforaliue , dont tu as le pourtraict cy dessous, en perluisanl l'os carieux on plusieurs endroicts de sa carie , et en profondant iusqu'à ce qu'il en sorte vne humidité sanglante, et ce pour donner air et transpiration : à fin aussi que la vertu des remèdes puisse mieux consumer l'humidité superflue. »
Ici venait la figure du trépan perforatif
avec le même titre que dans le texte actuel, suivie de celle du trépan quadrangniaire cl scxangulaire ; puis le dernier paragraphe relatif aux ciseaux, maillets et pinces, en reproduisant les figures de l'édition de 1552, puis quelques mots sur la carie des doigts que j'ai reproduits dans la note de la p. 457 de ce volume,;! laquelle je renverrai conséquemment le lecteur; et enfin le chapitre finissait comme le chapitre actuel , sauf le dernier mot :
« Le signe pour cognoistre que l'on aura esté la carie, esl quand au-dessus d'icelle l'os sera trouué plus solide, et quand aussi on verra sortir du sang naturel. »
Ce mot nutnreL n'a été efl^acé qu'à la quatrième édition on 1585. La première édition desUEuvres complètes ollrait déjà ce chapitre arrangé cOmmeil l'est ici, àl'excep-
DE LA GROSSE VEROLLE
Les OS se trouent , raclent , liment , Scient , coupent , et brusient.
Trépane perforaliue aiiec deux pointes en triangle, et la petite clieuille pour Uaj sentir à l'emmancher.
Autre trépane à ceste intention :
mais faisant plus grande ouuerture , propre pour les gros os grandement
lion de ces mots au premier paragraphe , lorsque la carie est en vu yrand os fort et solide, qui ont été ajoutés en 1579, et cette petite plirase isolée: Les os se trouent, raclent, etc., qui a été intercalée seulement, en 1.G85. En résumé, on voit qu'en 155'2 Paré débutait par ruginer, et trépaner et qu'il réservait les cautères pour les cas de carie trop profonde. En 1561, mais à la vérité pour la carie spéciale des os du crâne, il s'en tenait aux cautères, soit actuels, soit potentiels, réservant uniquement le trépan perforatif pour aider l'action des cautères, et dans le cas où la carie était profonde. Et enfin en 1564 et depuis, il commençait par l'emploi des médicaments, pour passer plus tard, le cas échéant, à l'usage des rugines et du trépan, et plus tard encore à l'exlrème ressource des cautères. Notez encore que pour la carie spéciale des os du crâne , dès 1575 il conseillait ou les cautères, ou les médicaments , et dans la carie étendue» les rugines. "Voyez ci-devant, page 65.
Mais ce qui est surtout à remarquer, c'est la persistance de l'auteur à conserver le pré-
carieux : de laquelle les pointes sont qnadrangulaires ou sexangulaires , comme tu peux voir par ceste figure subséquente.
Trépane dont les pointes sont qnadrangulaires et sexangulaires.
D'auantage, si la carie est fort profonde , et l'os est solide (comme se fait souuent par altération de l'air extérieur) alors il faut couper les os corrompus auecques les instrumens descrits aux playes de teste , desquels tu osteras la corruption , frappant d'vn maillet dessus , lequel doit estre de plomb , à fin de moins estonner la partie : puis tu osteras les fragmens et esquilles auec petites pincettes.
Le signe pour connoislre que l'on
cepte de perforer l'os en divers endroits , dans la carie profonde, pour donner air et transpiration, et aussi pour aider la vertu des remèdes. C'est là encore une de ces doctrines attribuées à Bclloste, et qu'il faut restituer à Paré, comme nous avons déjà fait pour la suppression des tentes. Voyez t. l«s page 435.
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aura osté la carie , est quand au dessus d'icelle l'os sera trouué plus solide , et quand aussi on verra sortir du sanff.