‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 377 sur 511 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

DES CAVTERES ACTVELS ET POTENTIELS '.

Et si ces instrumens prédits n*auoieiit lieu , à cause de la trop grande corruption , il conuiendroit vser de cautères actuels ou potentiels : entre lesquels ie prise plus les actuels ^ :

' Le fond de ce chapitre, et même en parlie la forme, se retrouvent déjà dans les éditions de 1552, 1561, 15G4; et en conséquence nous n'aurons guère qu'à noter les additions .successives qu'a éprouvées le texte primitif.

- L'édition de 1552 commence à peu près de même , mais elle n'ajoute que peu de lignes pour rendre les mêmes idées qui comprennent le reste de ce paragraphe.

« ... entre lesquelz ie prise plus les actitelz , pource qu'en roborant ilz absument et deseichent les superfluitez imbibées en la substance de l'os ( qui sont cause matérielle de carie), ce que ne peuuent faire si seurcment les potentielz. Toutefois semâmes souuent contrainctz vser d'iceux , parceque les patientz abhorrent le fer ardant. »

L'édition de 1501 dit la même chose avec une autre forme de rédaction ; mais cependant, trois pages plus loin , elle ajoute ces quelques lignes qui ne se trouvent pas dans les éditions suivantes :

o Le cautère actuel est plus commode que le potentiel, à cause qu'il opère plus promplement, et qu'il ne communique sa véhémence aux parties proches. Aussi n'est cause de si grande douleur, et par conséquent ne fait telle atlraclion d'humeur que le j^otcntiel. Pareillement corrobore la partie, en consumant les humeurs et malice d'iceux, et ayde à faire la séparation de l'os corrompu. »

Celle de 1564 reprend presque absolument

parce que leur action est plus soudaine et plus seure , et ne bruslent qu'où ils touchent, sans offenser les parties proches. loint qu'ils sont ennemis de toute pourriture , parce qu'ils consomment et desseichent l'humidité estrange , imbue en la substance des os, et corrigent l'intemperalure froide et humide : ce que ne peuuent faire les potentiels.

Toutesfoisnous sommes souuent contraints d"vser d'iceux, pource que les malades abhorrent le fer ardent , pour leur délicatesse efféminée, et aussi pour la couardise et timidité des chirurgiens. Or l'action des potentiels est tardiue , et ne brusle pas seulement l'endroit où ils sont appliqués :

mais aussi pendant qu'ils sont eschauffés par la chaleur naturelle de la partie , ils agissent et impriment leur qualité ignée tout doucement , et plus loin : et aux corps cacochymes, quelquesfois causent inflammation , gangrené et mortification. Ce que i'ay veu à mon grand regret : toutesfois nous sommes souuent contraints d'en vser , pource que les patiens abhorrent souuentesfois le fer ardent.

Les potentiels sont comme eau forte , eau de vitriol , huile feruente , soulphre fondu et bouillant, et autres semblables. En l'application desquels est requise au chirurgien grande discrétion et habileté : car il y a danger que par faute d'industrie

la rédaction de 1552, elles éditions complètes de I575et I579n'y ajoutent rien. C'est en 1585 que Paré remania le premier paragraphe, comme on lelit ici; je noierai seulement que dans l'édition deceUedate on lit ■■ loinci f;(/'//vso»/aducnus de louic pourriture ; Çivangc faute d'impression qui a été corrigée dans

DE LA GROSSE VEROLLE

et dextérité , il touche d'iseux quelque partie de la chair saine : qui seroit cause d'exciter grandes douleurs et inflammation , chose grandement à craindre.

Quant aux actuels, ils sont faits en tant de sortes , que le récit en seroit trop long pour la diuersité des formes, qui ne peut estre limitée , et

encore moins escrite, à cause qu'il les faut diuersitîer selon la grandeur du mal, et figure des os carieux.

Toutesfois ie proposeray icy quelques portraits de ceux qui sont maintenant plus vsités pour lesdites caries :

desquels aucuns sont cultellaires, les autres ponctuels, les autres oliuaires, et d'autre ligure K

Diuersilés des cautères actuels, desquels pourras vser à la commodité '

' Ce paragraphe et le précédent sont les mêmes, à quelques mots prés, dans toutes les éditions.

2 Le nombre des figures de cautères représentées sous ce titre, avarié. Ainsi, en 1562, sous ce titre = Cautères aciuelz, cultellaires , ponciuelz et oliuaires, on voyait en première ligne les huit cautères qui sont groupés autour du réchaud, et cinq autres qui précédent les quatre derniers. Toutes les autres figures avaient cependant été gravées, et se trouvaient dans l'ouvrage même, mais à une autre place, et comme devant servira arrêter l'héraorrhagie après les amputations. J'ai

transcrit le curieux article où elles se' trouvent dans la longue note de la page 227 de ce volume.

Dans l'édition de 1561 , ces figures furent changées. Ainsi on voyait d'abord les cautères avec canules, que nous retrouverons à la fin du chapitre ; puis les six premiers du groupe actuel, suivis des huit autres au centre desquels se voit le réchaud. Enfin , en 1564, ils furent tous réunis, bien que dans un ordre un peu diderent ; et dés la première édition complète, ils ont été disposés dans l'ordre où on les voit aujourd'hui.

LE SEIZIEME LIVRE

Cestuy suiuant est propre aux nodus de la verolle qui sont au crâne, lors qu'on veut emporter la chair qui couure l'os : pour ceste cause est lait caue et tranchant, de figure triangulaire et quandrangulaire , et séparé en trois pour en vser à la commodité ^

> Ce paragraphe et la figure qui le suit ont été ajoutés en cet endroit en là64.

Ceux qui s'ensuiuent auront lieu si l'os carieux est profond , en sorte qu'on n'y puisse toucher sans brusler les bords et léures de l'vlcere , qui ne se fait sans grande douleur : pource est-il plus seur et doux vser de cannule de fer, par laquelle l'on fera passer le cautère actuel iusques sus la carie , en la façon qui s'ensuit , sans que la chair sente notable action de feu».

Cautères actuels auec canules.

» Ce paragraphe , avec les figures qui le suivent, se trouvait déjà dans l'cdition de 1652, et a été conservédans toutes, sauf celle de 1561, qui a donné les figures sans le texte.

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