IL. Resinae pini recenlis clars et odoralœ 5. vij
Ole! laurini puri , tefebenthinae optim.
ana § . ij .
Giimmi elerani transparentis , garuis ac boni odoris 5 . iiij.
Misce.
» Il faut tout premièrement mettre la résine et la gomme en vn poillon ou petit bassin d'estain sur le feu , le remuant iusques à ce qu'ils soient meslés ensemble l'vn auec l'autre :
puis faut adiouster l'huile laurin et la térébenthine, et de rechef les faire rebouillir, remuant tousioius :
et lors que vous verrez que ledit médicament viendra espais , le faut passer au Irauers d'vn gros linge, et le mettre dans vn pot de terre plombé et bien bouché, et en estendre sur du cuir, et faire vn emplastre qui couurira non seulement la playe, mais quatre ou cinq doigts es enuirons , luy donnant iour au
1 A. Paré fait ici un contre-sens ; A. de La Croix dit : Hoc entl de .secreli-; honesiisaimi pairis vtei , qui in hac medicinae parle dia mafjnm vixil experimenlaior. Il ne parle pas des quariiers où son père a régné, mais de la partit de la médgcim qu'il a exercée.
» milieu , pour donner passage aux » matières estranges. »
Il faut seulement penser lesdits malades vne fois le iour en hyuer, et deux en esté. Il loue aussigrandement, comme escrit Galien au 5. liure de Locis aff'cctis, et au chapitre 2. du 5. liure de la Méthode , et Dioscoride , liure 5. chapitre 9. l'vsage du melicratum , qui est fait de deux parties d'eau de riuiere et vne de miel. Il incise et atténue le sang caillé, qui autrement ne pourroit passer pour raison de l'angustie de la playe , pris en potion , ou bien en y faisant iniection dans icelle playe.
Galien au liu. 7. des Administrations Ânatomiques , recite ceste histoire , que le seruiteur de Marillus Mimographe receut vn coup surlebrichet, duquel au commencement il ne fist compte : et en après ne fut bien conduit ni gouuerné. Estre passé quatre mois, il monstra de la fange en la partie qui auoit esté frappée : celuy qui la pensoit, la voulant euacuer, fist incision : et comme il cuidoit deuoir estre fait , incontinent fist venir l'vlcere à cicatrice. « Par après ladite » partie s'enflamma de rechef et s'a- >' postema, et de rechef fut incisée, et " ne fut de là en auant possible la ci- » calriser. A celte raison, son maistre -assembla plusieurs Médecins, du » nombre desquels ie fus , et les pria » consulter desaguarison Or comme » tous Guidèrent la maladie estre vn » sphacele et corruption du brichet, w se voyant et apparoissant le mou- » uement du cœur en la partie senes- » tre, aucun n'osa entreprendre de » couper l'os gasté et corrompu : lors » ie promis de le couper, au reste ie )> n'asseurois point le guarir parfaile- » ment. Auoir donc coupé l'os cor- « rompu, à l'endroit où luy est adhe-
LE HVJTJtMi: LIVRE,
» renie la pointe de l'estuy du cœur, » et se iTionstrant le cœur tout nud , w par-ce que son cstuy ou Péricarde î) estoit pourri : en cest instant nous » conceusmes mauuaise opinion et es- >) perance dudit seniiteur : ce neant- » moins il fut totalement g^uari en peu )' de temps : ce que ne fust aduenu , » si on n'eust pris la hardiesse de cou- » per l'os gasté. »
Cecy sont les paroles de Galien, dignes de grande admiration , comme vn homme a peu viure, luy ayant veu le cœur à nud et hors de son enueloppeou tunique, nommée Péricarde.
Et si c'estoit un autre que ce grand personnage Galien , difficilement on le pourroit croire '.