‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 393 sur 511 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

DV VICE DES ïambes DONT LES MALADES SONT APPELLES VARI ET VALGI, ET DES ÏAMBES TROP GRESLES^.

Il m'a semblé bon d'escrire vn vice dont le patient selon la disposition est nommé en latin varus, à sçauoir, quand le pied est tourne vers le dedans : et ce vice vient quelquesfois

' J'ai dit dans la note précédente que cette figure avait déjà été publiée en 1564. Elle avait pour titre : P^n deitierde fer blanc, lequel se peut attacher {au moijen de ses deux petites boucles) au poignet, pour empescher que le poulce ne se ployé dedans la main, qui se fait par-ce que les tierfz ou tendons qui eslendent ont esté couppez. Du reste, la bataille de Dreux ayant été livrée en 15G3, c'était donc le doigtier imaginé pour le gentilhomme blessé à cette bataille que Paré s'était hûté de figurer dans le livre qu'il avait sous presse.

'Ce chapitre et les figures qui l'accompagnent datent de 1575.

(lés le ventre de la raere : laquelle

pondant sa grossesse s'est tenue trop longuement assise les iambes croisées : ou pour-ce que la mère a tel vice : ou pour la mauuaise figure qu'aura tenue la nourrice enuers l'enfant , pour ne l'auoir tenu bien droit, ou pour auoir pressé et tourné le pied contre sa figure naturelle.

Car les os des petits enfants nouuellement nés sont fort mois.

Au contraire, quand le pied est tourné vers la partie extérieure, on nomme le patient qui a tel vice , valgus , qui se fait aussi de mesme cause : et l'vn et l'autre vice est nommé du vulgaire pied-bot : et n'advient pas seulement au pied , mais aux genoiiils pareillement.

Pour remédier à tels vices, et réduire les os en leur lieu , il les faut pousser en leur situation naturelle.

Et fîiut icy noter, que si le malade est varus , il faut pousser le pied et le tenir comme si on le vouloit rendre valgus. Au contraire, s'il estoit valgus , le faut pousser comme si on le vouloit rendre varus : et les y faut tenir assez long temps , à fin que les os puissent demeurer en leur deuë situation. Car, où l'on se contenteroit de remettre seulement les os à leur place , ils retourneroient en leur premier vice. Parquoy il faut d'auantage les pousser, et les y faut tenir , tant par bandages et compresses appliquées au lieu vers lequel tend le vice , et aussi par petites botines propres à ce faire , lesquelles seront de l'espaisseur d'vn teston , faites de cuir bouilli, et fendues par le douant et sous le pied , à fin qu'elles s'ouurent mieux pour y mettre le pied :

et seront liées et attachées commodément : et y sera appliqué ce remède, qui en tel cas est excellent :

LE DIX-SEPTIEME LIVRE

Thuris, raastiches, aloës, boli Armenis

aria 5. j. Aluminis roehce, resinae pini siccae sub-

tilissimc puluerisatorum ana 5. iij.

Far. volatilis 5 . j. fi.

Alburaina ouorum q. s.

Fiai medicamenlum.

• On y peut adiouster de la térébenthine , de peur qu'il no se clesseiche trop.

Il faut icy noter qu'on ne doit aucunement faire cheminer les enfans vares et valgcs, que premièrement les iointures ne soient bien affermies, de peur qu'ils ne se desboitent de rechef. Et lors qu'on voudra les faire marcher, on leur baillera des souliers assez hauts, comme des demies bolines , et lacés par le douant , ou attachés à vn petit crochet , et qu'ils soient de cuir assez solide : à fin de tousiours tenir les os fermes sur leur iointure , et qu'ils soient contraints d'y demeurer.

Et faut faire que la semelle soit plus haute du coslé où le vice est enclin à se tourner, à fin de le faire renuersor du costé qu'il sera nécessaire , comme tu vois par ceste figure.

Portrait de deux petites botines, l'vne «wuerte, et Vautre close.

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