‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 394 sur 511 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LES MOYENS d'aCCOMMODER DES MAINS, BRAS ET ïambes ARTIFICIELLES , AV LIEV DE CEVX OVI AVRONT ESTÉ COVPÉS ^

Lanecessité nous a contraints à chercher les moyens d'imiter Nature , et

■ Ce chapitre avec ses figures est extrait des Dix Hures de chirurgie , livre Des gangrenés et 7nortificcilio)is, chil[nlre 19, fol. 117. La disposition du texte y est cependant assez différente pour que je donne quelque idée de la rédaction primitive. Voici comment le chapitre commençait.

Lçs mpïens d'accommoder des mains, bras et fambes artificielles qu lieu des membres extirpez.

« Et .çombieq que ce soit vne chose fort iniwmaine d'ainsi extirper vu membre, neantmoins nous deuons préposer la vie de tout le corps à la perte d'vne partie d'iceluy, raesmement des membres que Ion peut ex-

DADIOVSTER CE QYI DEF^yX. 6l5

suppléer au défaut des membres deperdus, comme tu verras aux membres artificiels. Les figures et porirails des mains, bras et ïambes qui s'en§uiuent, représentent les moujuemeijs volontaires, de tant près qu'il est possible à l'art ensuiure Nature. Car flexion et extension se peuuent faire par bras et iambesartificieneraent faites sur ces portraits :

lesquels i'ay, par grande prière, recouucrt d'vn nommé le petit Lorrain, serrurier demeurant à Paris, homme de bon esprit , auec les noms et explication de chacune partie desdits portraits, faite en propres termes et mots de l'artisan : à fin que chacun serrurier ou horologeur les puisse entendre, et faire bras ou iambes artificielles semblables : qui seruent non seulement à l'action des parties coupées, mais aussi à la beauté et ornement d'icelles, comme on peut connoistre et voir par les figure suiuantes.

tirper auec espérance de guerison : qui plus est l'vsage nous a donné les moiens d'imiter nature, et supplier {sic) au deffaut des membres perduz comme tu verras aux membres arlificielz que nous descrirons cy après. »

Venait alors la ligure de la iambe de bois pour les panures, reportée un peu plus loin dans les éditions suivantes; puis un paragraphe reproduit tout entier au commencement du chapitre actuel : Les figures et pourtraits, etc.; puis, sans autre texte, la jambe artificielle, la main de fer et le bras de fer. Les autres figures sont d'une autre date, que nous fixerons à l'occasion de chacune d'elles.

6iG

LE DIX-SEPTIEME LIVRE

Portrait de la main artificieUt.

Description de la main de fer.

1 Pignons seruans à vn chacun doigt, qui

sont de la pièce mesme des doigts, adioustés et assemblés dedans le dos de la main.

2 Broche de fer qui passe par le milieu

desdils pignons, en laquelle ils tournent.

Gaschettes pour tenir ferme vn chacun doigt.

4 Estoqueaux ou arrests desdites gaschettes,

au milieu desquelles sont cheuilles pour arrester lesdiles gaschettes.

5 La grande gaschette pour ouurir les quatre

petitesgasrhettes, qui tiennent lesdoigts fermi's.

6 Le bouton de la queue de la grande gas-

chette, lequel si on pousse, la main s'ouurira.

7 Le ressort qui est dessous la grande gas-

chette, seruant à la faire retourner en son lieu , et tenant la main fermée.

8 Les ressorts de chacun doigt, qui ramènent

et font ouurir les doigts d'eux-mesmes , quand ils sont fermés.

9 Les lames des doigts.

La figure suiuante te monstre le dehors de la main , et le moyen de l'attacher au bras et à la manche du pourpoint.

Page 1