‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 445 sur 511 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

DES MOYENS DE SVRVENIR A l'eNFANT, LA MEP.E morte ^.

Ors'il aduenoit que la femme grosse d'enfant fust en agonie, ou aux efforts de la mort, qui se peut connoistre par les .Mgnes cy deuant déclarés , faut que le chirurgien se trouue prest et

• Monsieur loubcri. — A. P. — Tout ce dernier paragraphe, avec la citation qui s'y rapporte, a été ajouté en 1579.

' Ce chapitre, comme le précédent, est en grande partie extrait de La manière de extraire les enfans, etc. Franco en a fait son chapitre 87 intitulé : La manière de tirer l'enfant qitn'ul la vicre e^t aux traits de ta inurt.\o)c/. ci-doaiit page G-31. >i Rocsslia ni r.iu'IV II'. .lit traité ce sujet.

.npparoillé à ouurir subit la femme, npresie dernier souspir de la mort, à fin de sauner l'eniatit , s'il est possible : et ne faut auoir confidence à la bâillonner, et tenir sa bouche et parties génitales ouuertes, pour donner air et esprit à l'enfant estant dans le ven trc de sa mère et encor iniiolué dedans les membranes, veu que ledit enfant estant au ventre de sa mère n'a son air que par les mouuemens de l'artère ombilicale '. Et la mère decedée, ses poulmons ne font plus leur action, qui estoit attirer l'air extérieur par la bouche, et le conduire par la trachée artère aux poulmons, et diceux au cœur par Tartere vénale, et du cœur par la grande artère aux artères de la matrice, et d'icelles par les cotylédons, qui sont au. chorion ou arriere-faix , et d'iceux à l'ombilic de l'enfant par l'artère om-

DE LA GENERATION. 7^7

figure d'escusson, en euitant bien de faire apertion des intestins : puis subit on incisera la matrice, la leuant en haut, de peur qu'en faisant i'incision on ne touche du rasoir à Tenfant, lequel trouueras nager aux aquosités susdites, et souuent le nombril entortillé au col , ou aux bras et iambes.

Faite l'ouuerture, le dit enfant ne se meut pas tousiours, pour l'oppression et la debililation et faute des esprits et vertus qu'il n'aura receuës à suffisance, à cause du decés de la mère. Parquoy de prime face semblera aux assistans qu'il n'aura nulle vie:ceque connoistras véritablement en touchant et tastant son ombilic, auquel senliraspousser et battre l'artère ombilicale, s'il a vie : aussi que si tost qu'il aura senti l'air, mouuera tout en vn coup aucuns de ses mem-

bilicale, et de là aux artères iliaques, bres. Or si tu connois que ses vertus

puis au cœur, et d'iceluy à toutes les parties de l'enfant- Parquoy la mère estant decedée, tous ces niouuemrns cessent, dont ne pourra plus reccuoir ny attirer aucunement Fair par l'ouuerture de la bouche et parties génitales de la mère estant morte : et par conséquent le mouuement naturel du cœur dutlit enfant cesseroit en brief, après que la femme auroit rendu l'esprit. Parquoy si tost qu'elle aura expiré et ietté le dernier soupir, la faut ouurir en diligence, et ne se fier aucunement ausdites ouuertures.

Et quant à l'ouuerlurc de la femme grosse decedée, pour extraire l'enfant, elle doit estre commencée près le cartilage nommé xiphoïde, ou pomiim granatum, en leuant le cuir et muscles du ventre elle péritoine en

' Beau discours comme l'oifunt adiré son airenianlauventrede samere. — A. P. — 157Ô.

et forces soient débiles, faut bien euiter de lier et séparer l'ombilic d'auec l'arriere-faix, à cause que le dit enfant peut attirer et receuoir chaleur et quelque reste d'esprits contenus encore audit arriere-faix : parquoy le poseras sus le ventre de l'enfant, et le laisseras iusques à ce que la chaleur soit exhalée : car par ce moyen seras cause d augmenter ses vertus, et par conséquent d'allonger sa vie.

Mais là où ledit enfant seroit fort, alors pourras lier subit ledit ombilic, comme nous auons dit cy dessus, et au reste laisser l'enfant à Dieu et aux femmes, qui luy feront ce que nous auons escril '.

' Après avoir copié ce chapitre, Franco décrit sous le litre : Autre procédure , une luaniore de faire un peu difl'érenle, dont le trait le plus saillant consiste, après la première incision faite au péritoine, à le sou-

718 LE DiX-flVITlÉME LIVRE,

Ce qu'il faut faire lors que ta sage fefnme a dilaccré et rompu le périneum ' ,

Et s'il aduenoit, cornînc quolquesfois se fait, que par la violence d'auoir lire l'enfant, on enst dllaceré les parties génitales de la mère, et que des deux trous il s'en fust fait vn, alors il faudra faire quelques poiîits d'aiguille pour reiuiir ce qui seroit contre Nature séparé, et traiter la plnjit selon l'art. Et lorsque tel accident adulent, est vn grand desastre à la panure femme, parce que si elle reuient à cstre grosse après, et que son heure soit venue d'enfantei', ses parties génitales ne se peuuent assez suffisantment dilater pour donner passjige à l'enfant, à cause de la cicatrice : parquoy on est contraint la couper vn pou, puis la dilacerer, à raison que l'vnion se fait mieux, ou autrement la femme ne polirroit ia-

lever avec les doigts repliés au-dessous , pour éviter les intestins. Comme la mère est morte, celte précaution n'a pas grande imiwrtance ; et, en général, Franco n'a pas été aussi bien inspiré pour Ic^ ^accouclîcmenls quepoiirlachirursie proprement dite.

Guilleineau dit avoir l'ail l'opération césarienne sur le mort, en présence de Taré :

« l'ay fait telle opération à quelques femmes fort heureusement, et entre autres A madame Le Maire, accompagne de M. Philippes, mon oncle : et à madame Pasquier , soudain après qu'elle fut decedee , presens monsieur Paré, et le curé de Saincl-Andrédes-Arts. » L'heurcax accouch. Liu 11, ch. 28; 1G21 , p. 30 '1.

' J'ai mis en titre cette note marginale , afin d'appeler l'attention du lecteur sur ce passage perdu dans un chapitre où on ne serait guère tenté de l'aller chercher, et où l'on trouve cependant le premier conseil et la première cxéculion de la suture du pcrincc.

tnais accoucher : ce que iay fait à deux en ceste ville de Paris.

Or ie m'csmerueille comnie d'aucuns veulent aflermer auoir vou des femmes auxquelles, pour extraire leurs enfans, on leur auoit incisé le ventre, non seulement une fois, mais plu.sieurs' : car telle chose par raison m'est du tout impossible à croire^ attendu que pour donner issue à l'enfanl, il faudroit faire vnegrandeplaye aux muscles de l'épigastre, et pareillement à la matrice, laquelle estant imbue de grande quantité de sang, et y faisant vne diuision si grande, il y auroit vne 1res grande hemorrbagie, dont la mort s'ensuiuroit. D'auantage après auoir consolidé la playe, la cicatrice ne permettroit après à la matrice de se dilater pour porter enlant. 11 y a encores d'autres accidcns qui en pourroient aduenir, et le pis, vne mort subite à la mère : et partant ie ne conscilleray iamais de faire tel œuure, où il y a si grand péril, sans nul espoir 2.

' L'édition de 1573 disait en cet endroit : [Si cela csl vratj il peut cstre) si est ce (lue cela m'est du loui impossible à croire, etc.

' Ce dernier paragraphe est en quelque sorte l'origine d'un des meilleurs livres du XVI'' siècle ; je veux parler de VHysieroioino^ luliie de Roussel, qui fut composée pour répondre au défi de Paré.

Il semble que Paré n'ait pas fait preuve en cette circonstance d'aulaut de soumission à la voix de l'expérience, que lorsqu'il s'agissait de la diduclion de la symphyse pul)icnnc. En eflct le livre de Roussel avait jiaru dès 15S1 ; il avait été écrit pour le convaincre de la possibilité de l'opération, et la dérnonslration ne pouvait être plus claire : Roussel rapporte dix observations, pour plusieurs desquelles il avait lui-racme vu les malades. Comme l'édition française de son livre csl rare, je reproduirai le commencement de son Avis au Icciair,

CIIAPITIIK XXXiX.

DE LA SVPERFETATIOlN , c'eST-A-DIP.E CONCEPTION REÏTERÉE OV SVP.EN- GENDF.ÉE.

Quand la femme a deux oi trois ou plusieurs enfans, et chacun d'iceux sont distincts et séparés, ayanscliacun leurarriere-fais, ii y a superfeta ion : mais s'ils sont Irouués enueloppés en vn seul, seront engendrés par vne grande quantité de semence, et non

où ii parle de ses discussions avec Paré.

« le n'aiiois entrepris ( Amy Lecteur ) au commencement, que de mettre en cscrit vne simple histoire , et quelques petites disputes, que monsieur Paré et moy auions par cydeuant amiahlement eues ensemble sur l'enfantetnent, que ieluy baplisois du nom de caîsarien ; el ce en sliie françois, duquel il vse plus volontiers en ses conrcrences el escritures. ftîais après que la veiie de mon allégué luy eust descouucrl la vérité du faicl liislorial , et que la probabilité de mes raisons sembloil luy auoir persuadé, ce qu'il tenoit pour impossible ; ie deliberay de n'en fescrire rien du tout. » Traiilé nouueaa de V hrjslerolomolokie ou eiifanlement ccetnrieu, par Franroys Piousset, médecin. Paris 1581. On peut remarquer dans ce court passage deuv points et virgules (;), ce qui lait remonter l'usage dr ce signe beaucoup plus haut que je n'avais dit dans mon Introduction. J'aurai peut-être occasion de revenir sur ce point.

Mais pour revenir à noire objet, on voit donc que Uousset s'imaginait avoir converti Paré à son opinion. Oui ne l'eût crU de mème,'après(iix observations! Ktd'un autre côté, si l'on songe que Paré, en 1579, se tenait, par raison, convaincu du contraire, et qu'il a conservé cette manière de dire en 1685, il ne parait pas pouvoir échapper au reproche d'avoir, pour cette fois au moins, préféré la raison à l'expérience. 3Iais un pas-

DE LA. GENERATION

par superfetation

ce qui se promie parles raisons qui s'cnsuiuent. Galien au liure des Facultés nalureUes^ei au liure de semine, nous enseigne, que tout ainsi qu'après que nous auons pris nostre repas, l'estomach vient à se retirer de telle sorte que, comme auec les deux mains, il tient de tous costés enuironnées les viandes qui sont au dedans, pour peu qu'il en ait, à fin de les cuire et altert^r pour la génération du chyle, de sorte que lesdits alimens ne peuuent eslre esbranlés çà et là, pour la compression faite par le susdit eslomach (Galien

sage fort curieux de Guillemeau nous donnera la véritable raison de cette apparente opiniâtreté :

« Aucuns tiennent que telle section césarienne se peut et doit practiquer (la femme estant viuantel en vn fascheux accouchement : ce que ie ne puis conseiller de faire, 1)0111' ['auoir expérimenté par deux fois, en la présence de Monsieur Paré, et veu practiquer à messieurs Yiart, Brunct, Charbonnet, chirurgiens fort experts : et sans auoir rien obmis à la faire dextrement et methudiqucmcnl : Toutcsiois de cinq femmes ausquelles telle opération a esté faite, il n'en esl rcschappé aucune : le sçay ce que l'on peut mettre en anant qu'il y en a qui ont esté sauuees : mais quand cela seroit arrivé, il le faut plustost admirer que practiciuer ou imiter : d'vnc seule arondclle on ne peut iugcr le printemps, ny d'vne seule expérience l'on ne peut faire vne science.

» Apres que Monsieur Paré nous t'eut fait expérimenter, et voyant que le succès en esioil malheureux, ils'est désisté et rétracté de ceste opération, ensemble noslre Collège des Chirurgiens iurez à Paris, et la plus saine partie des Docteurs Regens en la Faculté de médecine à Paris: lorsque ceste question fut suflisammenl agitée par feu monsieur. Marchand, en ses deux déclamations qu'il lit lorsqu'il eut cesl honneur de passer Chirurgien iuré à Paris. » [L'heureux accouchement, liu. u, chap.28j 1021, p. 307.)

entend de l'estoniacli des personnes sains, non malades : de mesineveiil il estre fait en la matrice, après l'eiection de la semence de l'iiomme et de la femme. Car de tous coslés la matrice vient se serrer, et se comprime le plus qu'elle peut, pour retenir lesdiles semences en vn, en quelle quantité qu'elles soient, de sorte qu'vne partie de la semence ne peut estre retenue en l'vn costé de la matrice, ny l'autre en l'autre, pour faire deux fœtus d'vn coït et d'vne mesme semence, couuorts de plusieurs arriere-faix :

et moins trois, ou quatre ou plus , comme il s'en trouue par fois : attendu que la matrice des femmes n'a nulles sinuosités ou réceptacles, comme ont les bestes, qui conçoiuent plusieurs fœtus à vne fois : autrement faudroit dire la semence n'estro de tous coslés comprimée et serrée par ladite matrice, ce qui seroiî conlreuenirau dire des anciens : ioinl aussi qu'en l'espace \uide il seroil nécessairement contenu de l'air, par lequel la vertu g-eneratiue des semences seroit muée et altérée. Mais comme il est aisé à voir les deux, ou trois, ou plus ou moins, fœtus enueloppés de diuejs arrierefaix, c'est-à-dire, non gémeaux, seront engendrés comme s'ensuit. Supposé que pour ce iourd'huy l'homme ayeconneula femme de te41e sorte, que de ce soit ensuiui génération, laquelle, comme nous monstre Arislote et Galien, se fait en un moment : aussi tost que la semence fertile de tous deux a esté receuë dedans la matrice, adulent qu'elle n'est fermée si exactement et eslroitement qu'elle ne s'ouure quelque temps après, si riiomme de rechef se ioiiit auec la femme, et que tous deux reiettent semence fertile ; et lors se fera nouuelle genera-

LE DIX-HVITIEME LIVRE

tion ', c'est-à-dire, superfetation : car Superfelation n'est autre chose qu'vne seconde conception, sçauoir lorsque la femme ja grosse vient de rechef à conceuoir; et telle est l'opinion d'ilippocrate, au liure qu'il a fait de la Superfetation.

Quant à l'occasion et cause pour laquelle l'vterusjaclos par le moyen de la première conception, vient de rechef à se rouurir, icelle est diuersement rencontrée. Quelques-vns disent que l'vterus après la conception par diuers interualles de temps s'ouure, pour se vuider de certains excremens qui s'amassent en iceluy : que si lors il adulent que l'homme s'accouple auec lafemme^ la superfetation auoir lieu. Autres disent que l'vterus, ou de soypour estre trop friand et amoureux (selon la diuersité du temperamenl) ou pour estre trop amoureusement chatouillé par l'homme en l'accouplement, esguillonné d'vn appétit comme enragé, par l'extrémité du plaisir et volupté qu'il sent lors (c.ir le propre de volupté est ouurir et lascher, comme de fascherie fermer et restraindre) se r'ouure de rechef, pour receuoiretembrasser la semence virile, dont se fait superfetation et seconde conception : opinion qui me semble fort vray-semblable. Car ainsi voyons-nous sonnent le repas pris, et par conséquent l'estomach fermé , iceluy se r'ouurir, non pour toutes viandes, mais pour celles qui sont de meilleur goust, et propres pour le remettre et esguillonner de rechef en appétit- : ce que mesme n'aduient à

' Le paragraphe s'arrêtait ici en 1573 ; le reste est de 1575, de même que le long paragraphe qui suit inunédiaternent.

^ Belle el facile comparaison. — A. P.

DE LA GENERATlOiX,

■Il

toutes personnes, mais à celles seulement qui sont , comme l'on dit, de plus g^rande vie : non plus que la superfetalion n'a pas lieu en toutes femmes, mais seulement en celles de plus friande et amoureuse nalure.

Or la semence peut estre ietlée à deux ou trois fois, ou plus, par interualle de temps, c'est-à-dire, entre la première et la seconde copulation :

ce que recite Pline ' , qu'vne femme flt vn enfant qui auoit neuf mois, et vn autre qui n'en auoit que cinq, tous deux d'vne ventrée : et dit d'auantage qu'vne femme accoucha de deux enfans, dont l'vn ressembloit à son mary, et Fautre à son paillard : aussi dit que Proconnesia esclaue conceut en vn iour deux enfans, l'vn de son seigneur, et l'autre de son procureur, chacun retirant à son père.

Rousset diL auoir veu vue femme qui accoucha dvn second enfant , trois semaines après vn autre accouchement, dont elle estoit ja releuée '^ :

» Lib. 7, cap. 2.

2 Histoire de Roussel, en son Hure de l'enfanlemenlCesarien. — A. 1\ — Ce paragraphe a été écrit en 1585, ou plutôt refondu et amplifié sur le texte primitif ; et cependant celui-ci mérite d'être reproduit, attendu que Paré appelle en témoignage sa iiroprc expérience .

« Or, i'ay encor à dire pour prouuer qu'il se faict superfetation , c'est qu'autant qu'il y aura d'enfans autant se irouueront d'arriercfais : et est vraysemblabie que si la conception ne se faisoit qu'en vne seule fois, n'y faudroit aus^i qu'vn arrierefais, mais autant qu'il y a d'enfans (s'ilz ne sont iumeaux, et ne s'entretiennent), autant il y a d'arricrefais : ie le seaij pour les auoir veus plusieurs foys separéi l'rwj de l'autre. Or c'est chose monstrueuse, etc. »

Ce texte existe encore en 1579; seulement augmenté de l'histoire de la femme d'Alexandrie, qui avait été ajoutée en 1576.

qui est bien pour prouuer qu'il se fait superfetation. Et ceux qui sont conceus par superfelalson , sont enueloppés chacun de leur arrierefaix , tellement qu'il y a autant d'arrière-faix que d'enfans : au contraire des enfans gémeaux , d'autant qu'ils sont conceus d'vne mesme semence, d'vn mesme coït, et en mesme instant : aussi sont-ils couuerts et enueloppcs d'vn mesme arriere-faix. Et tout ainsi que les superfetations ne sont conceuës en vn mesme temps , aussi ne sont-ils enfantés en mesme temps :

par ainsi comme le temps de la conception en a esté diuers , aussi le temps de l'accouchement en sera diuers. Or la superfetation ne se peut faire, sinon depuis le premier iour de la première conception , iusque au quarantième, et non plus outre; parce que la matrice estant occupée du fœtus, qui commence à croistre, ne permet pas qu'il y ait piace sufflsante en la matrice pour receuoir vn nouueau fœtus. Vne femme d'Alexandrie fut veuë à Rome , du temps d'Adrian, auoir cinq fils, desquels le cinquième estoit né quarante iours après les quatre nés en mesme temps.

Or c'est chose monstrueuse quand la femme porte plusieurs enfans, veu que iXature ne luy a donné que deux mammelles : toutesfois il y en a qui en portent plusieurs, comme nous dirons cy-apres".

L'entrée de la matrice aux vierges et femmes grosses , et en celle qui ne porte plus, est semblable au gland de la verge de l'homme : mais en celles qui sont prestes d'accoucher et celles qui sont recentement accouchées,

'Ici se termine le chapitre dans les premières éditions ; le dernier paragraphe a été ajouté en 1585.

LE DIX-HVITIEME LIVRE

est tellement estenduc et ouuerte, qu'il n'y demeure aucune apparence (rentrée ny gland : car on n'y voit qu'vn creux presque par tout égal, depuis le fond de la matrice iusqu'à la parlie honteuse. Ccsle entrée se serre forteslroitement depuis la conception : toutcsfoiselle s'ouure quand elle reçoit la semence, ou la iclte hors , ou les menstrues et certaines aquosités, et autres cxcremens.

Page 1