LES SIGNES DE LA MATRICE INTEMPEREE
Les signes qui demonstrent la matrice trop chaude, c'est que les mois soilerit en petite quantité, vue bonne partie de lein- maliere estant résolue par insensible transpiration, à cause de l'actiuité de la chaleur^ : le sang est gros et noir (comme ainsi soit que le propre de la chaleur est d'espaissir par resolution des parties les plus ténues, et de noircir par adustion 3) et coule auec acuité et douleur: la femme désire l'acte vénérien, auec prompte expulsion de la semence, accompagnée dvne cuiseur et mordacité après estre ietlée aux parties par où elle aura passé, à cause de l'acrimonie chaloureuse.
Les signes de la matrice froide sont que les mois sont supprimés, ou sont rares et en petite quantité, et de couleur blafarde, et de tardiue expulsion, à cause que le propre de la froideur est de retenir, comme au contraire de la chaleur, de pousser hors : le pareil se peut dire en la semence , laquelle par telles femmes est ieltée auec peu de plaisir et délectation, et le linge sur lequel sera tombée se laue légèrement, à cause que telle semence n'est point espaisse
iLes éditions de 1673 et 1575 portent intempérée en chaleur, ce qui ne convenait qu'au premier paragraphe du chapitre.
■^ Ce membre de phrase, me bonne partie de leur matière, etc., manque en 1573.
3 Celte autre espèce de parentliése explicative, comme ainsi soil que le propre de la chaleur, etc., a été également intercalée en 1576.
et corpulente, ains liquide et de nature d'eau'.
Le signe de la matrice trop iiumide est vne grande humidité coulante du col d'icelle, qui cause qu'elle ne peut retenir la semence de Thommc : et s'il aduient qu'elle la retienne et engendre enfant, auorte facilement, principalement quand l'enfant commence à croistre-
Les signes que la matrice est trop seiche se monstrent par la petite quantité de ses mois, etietle peu de semence, et désire volontiers l'acte vénérien pour estre humectée et lubrifiée: et le col de la matrice estsuiet aux rhagadies, fissures et prurit ( desquels accidens parlerons cy après '^} à cause que par le défaut d'humidité (le propre de laquelle est de lier et agglutiner les parties Tviie auec l'autre) il endure aisément solution de continuité de sa substance, tout ainsi que nous voyons la terre resseichée par l'ardeur du soleil, se fendre et entr'ouurir en plusieurs endroils,
La femme engendre volontiers sur le point qu'elle cesse à ietler ses fleurs (tant parce qu'elle est bien nettoyée, et partant apte à bien conceuoir 3, qu'aussi à cause que l'vterus est encores ouuert, qui fait qu'il peut aisément leceuoir la semence de
» Le paragraphe était plus concis en 1573, et ne contenait point ces explications : à cause que le propre de la froideur, à cause que telle semence, etc.
'^ Icis'arrêtait ù ce paragraphe en 1573; le reste , qui consiste encore en une explication , est de 1575.
3 Ici s'arrêtait la première partie de la phrase en 1573, et l'auteur reprenait immédiatement : ou lors qui luij veulent venir, car Hz si arrestentpar la vertu de la semence. Tout le reste de la phrase a été ajouté en 1575.
l'homme, et mesme que les bouches et cotylédons des veines qui aboutissent en iceluy sont encore» enlr'ouuerleSiQui f;iit que l'vteius en sa capacité inlerieiire, aspre, inégal et comme raboteux, retient commodément la semence receuë) ou lors qu'elles luy veulent venir, car elles s'y arreslent par la vertu de la semence : combien que lors y ait danger que le sang venant pour son commencement à couler en grand abondance, ne noyé et suffoque la semence virile. Aussi quelques- vues engendrent pendant qu'elles coulent encore, qui n'est que le fœtus s'en ressente de quelque marque sus son corps, et est suiet à plusieurs maladies, voire quelquesfois à lèpre » :
principalement si telles femmes sont cacochymes, mal-saines et valétudinaires : autrement le sang d'vne femme saine estant sain et loiiable, ne pourra communiquer aucun vice ny séminaire de maladie à l'enfant, sinon (peut-estre) de pléthore et repletion. Or il se trouue quelques femmes , l'orifice de l'vterus desquelles se referme promptement quêteurs mois ont commencé à couler, sçauoir le premier ou second iour passé, de sorte que par après elles ne peuuent receuoir la semence virile. Et à telles femmes, si elles veulent auoir enfans, Arislole commande de se ioindre et habiter auec leurs maris lors que leurs mois coulent, car autrement n'en pourront-elles iamais auoir : qui est vn point fort remarquable et digne de considération -'.
' Le paragraphe finissait ici en 1573 ; le reste est de 167 S.
' Aristote liu. 7. chap. 17. — A. P. — L'édition de 1575 disait en cet endroit : « Qui
est vn point fort remarquable, et lequel ignoré par le commun des médecins, fuit que soutient
LE DIX-HVITIEME LIVRE
Pour reuenir à nostre premier point, aussi quand l'homme a les reins vlcerés, il découle quelquesfois du sang auec la semence, qui peut pareillement eslre cause de donner quelque tache à l'enfant, ainsi que fait le sang menstruel de la femme.
Or la femme peut engendrer depuis le quatorzième au iusques au cinquantième, et l'homme depiiis le douzième iusques à soixante et dix '.
Toutesfois touchant cest article il y a grande variété selon la diuersilé de l'air, du tempérament, de la propre et spéciale nature d'vn chacun en particulier, des humeurs , de la manière de viure : dont vient que Pline, liure 7. chapitre 14, escrit que Masinissa, roi de Numidie, ayant passé l'aage de quatre vingts ans, engendra vn enfant : chose mesme qu'il afferme de Cato Censorius. Outre entre les femmes, la Romaine Cornelia à 62 ans auoit enfanté. Valesius de Tarenta-, liure 6. chapitre 12, afferme auoir veu vue femme qui eut vn enfant en l'aage de soixante sept ans, icelle mesme en ayantja eu à soixante et soixante et vn.
Monsieur ïoubert, très docte médecin , dit qu'en Auignon la femme
ils se lourmenlenl la teste et bourrellent la pauure femme stérile en tain par médicaments , qui ont vertu de rectifier l'amarry, pensants que la cause de leur stérilité dépende de quelque intempérie d'iceluy. »
' Ici finissait le chapitre en 1573 ; la fin de ce paragraphe a éi(' ajoutée en f575, et le pafagraphe final seulement en 1585.
^ Pour Vdlescus, atilrcrneht Balescon.
J'avais dessein d'abord de corriger celte faute que j'ailribuais à l'imprimeur; rhaîs dans toutes les éditions elle se répète, et bien plus, dans le chapitfe 64, réditloû de 1585 ayant éctît Falescus de Tarante, l'auteur dans son errata a rerais l^dUsîus de Tarenia,
De la GENERATION
d'vn tailleur d'habits nommé André, àéruitetir de monsieur de loyeuse , continua à faire des enfaiis à l'aage de soixante et dix ans K