‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 62 sur 511 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DESCRIPTION DES INSTRVMEMS PROPRES POVR TIRER LES BALLES ET AVTRES CHOSES ESTRANGES.

Quant aux choses estranges , elles peuuent estre tirées par les instru-

1 La première et la deuxième éditions portent : Lors fuz enuoijé par mondict seUjneur de Jtohan vers ledict .ieigneur de Brissach pour sçauoir si ie pourrais Irouuer ladicle ballolle : el pour ■par uenir hceslefin, ie eomprimaij doucement les parties circonvoisines de la playe, elencejuisautie trouuay tumeur etdureté en la chair , etc. Les mots : auec sentiment de douleur et liuidité au lieu où estoil la balle , manquent dans la première édition el ont été ajoutés à la seconde.

^ La première édition dit: auquel lieu fui

mens cy après depeincls , qui sont de dîuerse figure et grandeur selon la nécessité : les vns sont dentelés , les autres non : et faut que le Chirurgien en ait de plusieurs et de diverses façons , les vns plus grands , les autres plus petits , en chacune de ses formes , à fin de les accommoder aux corps et aux playes , et non les corps ny les playes à ses instrumens '.

Inslrumens requis à tirer les choses eslranyes. Bec de Corbin dentelé.

Cestuy est nommé bec de Grue, pour la similitude , lequel pareillement doit estre dentelé : et est propre à extraire du profond , dragées , mailles , esquilles d'os fracturés , et autres choses.

faicte l'incision, et la ballolle tirée parvn nommé maistre Nicole , l'un des chirurgiens de monseigneur le dauphin , et depuis fut tost guery. — La deuxième porte, par vn nommé maistre JVicole Lauernault chirurgien du roy ; et enfin cette mention a tout-à-fait disparu à partir de la troisième.

1 Les éditions de 1546 et 1552 portent seulement:

Quant aux corps estranges, peuuent estre osiez par tels instruments ci après Jigurés : comme cestuy nomme bec de corbin [yarce

LE NEVFIÉME tîVRE,

^cc de Grue droit.

Bec de Grue coudé '.

Cestiiy qui est nommé Bec de Cane, ayant vne cauité en son extrémité , large et ronde , dentelée, pour mieux

prendre la balle, est propre principalement lors que la balle est aux parties charneuses.

Bec de Cane.

Vitre figure de Tire-balle , nomutée Bec de Lézard, pour tirer la balle, lors qu'elle sera applatie : cotiée de mesmes- lettres que l'autre.

'/« il représente vu bec de corbeau ) lequel doit estre dentelé pour mieux tenir et tirer Icsdites choses esiranges.

La phrase qui termine le paragraphe a été mise en ce lieu en 156» ; mais A. Paré

l'avait déjà ajoutée à l'édition de i;i.)2, seulement dans un endroit différent, corresitondant à la fin de ce chapitre.

* Le bec-de-grue coudé ne date que de l'édition de 1664.

DES PLAYES D HARQVEBVSES.

/iuire façon de Tire-balie.

A A Monstre sa cannule.

BB La verge qui fait ouurir et fermer la

charnière.

ce La charnière » .

Autre instrument nommé Bec de Perroquet, pour tirer quelques pièces de harnois insérées au profond des membres, mesmes dedans les os.

Bec de Perroquet.

A Monstre la queue de la vi/.

B L'escrouë.

C Le coulant, lequel au moyen d'vno viz

se hausse et baisse.

DU La coulisse.

Autre instrument nommé Bec de

Cygne , lequel s'ouure à!viz','accompagné d'vne pincette que par cy deuant nous auons nommée Bec de Grue droit : et sert à tirer quelque chose estrange , après auoir dilaté la playe auec ledit Bec de Cygne 2.

Bec de Cygne.

« Les deux figures précédentes, de même que les suivantes représentant le bec-deperroqiiei et le bec-de-cygue, ont paru pour la première fois dans l'édition de loOi. A la suite du bec-de-lezard, elle en donnait également une autre sous le nom dQ.pied-degriflon, avec ce titre :

Autre façon de Tire balle nommé Pied de grllfon, lequel s'ouure en tirant la verge contre soi et se ferme en lu passant dedans : ainsi qu'il t'est monstre manijcslcment: et est fort

vtile à tirer les balles des haquebutes à croc et autres de gros calibre.

Ce pied-de-grilTon a été reporté depuis au livre De la (fcneration , chap. 42 , comme instrument propre à l'extraction des moles.

On remarquera que sous le nom de becde-perroquet, A. Paré comprend deux instruments, celui qu'il représente ici, et une sorte de tenailles incisives figurées à la page IC de ce volume.

^ Apiè- la figure du bec-de cygne, l'édi-

LE NEVFIEME LIVRE,

Si les corps eslranges, spécialement les balles et drag^ées , sont peu profonds, on les pourra tirer auec Eleuafoires *.

Autre instrument, nommé Tirefond , lequel tourne à viz dedans vne Cannule , et est fort conuenable à tirer lesdites balles, lors qu'elles ont pénétré iusques dedans les os : car sa pointe entre dedans ladite ballote, pourueu qu'elle soit de plomb ou

lion de 1564 en donne une autre que je n'ai retrouvé dans aucune des éditions postérieures; la >oici :

. filtre semblable qui s'ouiire à charnière.

^ L'édition de 1545 ne parle'pas d'élevatoi-

es; celle de 1552 contient la figure unique

de celui que nous avons représenté dans la

estain (car elle ne pourroit entrer en vn corps plus dur) , et par ce moyen peut estre aisément ostée '.

Cannule de Tire-fond.

Cestuy est nommé Bilatatoire, duquel on peut vser à ouvrir et dilater les playes, à fin de mieux trouuer lesdites choses estranges. Car en comprimant ensemble deux de ses extrémités, les autres s'ouurent : et peut aussi seruir

note 1 de la page 15 de ce volume; enfin l'édition de 15ft4 emprunte au Traité des Playes de teste de 1561 les deux autres également figurés à la page 15, et retranchés de cet endroit dans les éditions complètes.

1 Après ces figures du tire-fond , l'édition de 1564 ajoutait celles de deux autres tirefonds que l'on trouvera au\ pages 12 et 58 du présent volume, et qui ont été retranchées de cet endroit dans les grandes éditions.

De même aussi , après les figures du tirefond, l'édition de 1545 ajoutait:

« Le subséquent est nommé tenaille incisiue: lequel e.-t commode à couper aucun os fracturé, qui sort hors la chair, lors qu'il a esté rompu par la violence du bouliet , et est plus aysé que n'est vne scie, et ne faicl

DES PLAVES d'hARQVKBVSES.

en plusieurs lieux , comme aux narines , au siège , et aux parties • .

Dilatatoire.

Les instrumens qui s'ensuiuent sont nommés Aiguilles à Selon, lestant de douleur: ioinlque par luy l'opération est plus subite.

Tenailles incisiues.

Les éditions de 1552 et 1564 ont substitué à cette figure celle des tenailles incisives que l'on trouvera au livre des Opérations, ch. 30j et les éditions complètes ont absolument retranché en cet endroit tout ce qui a rapport à ces instruments.

quelles sont conuenables , lorsqu'on veut passer vn Selon pour tenir la playe , et la voye de la balle ouuerte, iusques à ce que Ton ait tiré hors les choses estranges qui y peuuent encore estre. Outre ce , peuuent seruir à sonder les playes profondes , pour trouuer la balle , et ne causent point de douleur , pour ce qu'elles sont rondes et polies en leur extrémité 2.

Faut donc entendre que les sondes , desquelles on cherche la balle , doiuent estre moyennement grosses , polies et rondes en leur extrémité :

«Dans l'édition de 1535, le dilatatoire présentait cette autre forme, disparue déjà en 1552 :

2 Dans les éditions de 15G4 et même de 1575,ce paragraphe faisait le commencement du chapitre suivant sous ce titre : La manière de traicter les playes nu premier appareil après que les choses eslranfjcs 'ionl tirées. Ce titre a été conservé , mais transporté un peu plus loin et à une place plus convenable à partir de l'édition de 1579.

Au reste le commencement de ce paragraphe se lisait déjà dans l'édition de 1545: mais la lin ne date que de celle de 1552.

LE NI VFlléME LIVRE,

pour ce que les parois de la playe, et les voyes par où la balle a passé , incontinent se rapprochent et relouchent l'vne contre l'autre, de sorte que ladite playe ou voye appert au sens de la veuë beaucoup plus petite qu'elle n'est. Et pour ceste cause les sondes gresles et aiguës sont moins commodes : car elles s'arrestent à la chair rapprochée et contiguë , et ne peuuent si facilement aller au lieu de la balle, comme celles qui sont médiocrement grosses ; ioint aussi qu'elles piquent la chair de la playe, et ce faisant molestent fort le patient : qui est souvent cause que les balles ne peuvent estre troiiuées. On en doit aussi auoir de plus grandes pour passer au trauers d'vne cuisse , lors que le cas le requiert . Par ainsi la longueur d'icelles se doit changer selon la grosseur du membre blessé.

Et ne suis d'aduis qu'on s'efforce beaucoup à les faire tousiours passer au trauers des parties blessées, de peur d'induire douleur et autres accidens. Car le malade ne laissera pas à guarir, pour le setori qui ne sera passé tout au trauers, comme l'expérience en fait foy , lors qu vue balle passe au trauers du corps , on ne passe point de selon, et neantmoins guarissent '.

Sondes quipeuueiu seruir de .setoiis^.

> Ce paragraphe fort remarquable manque dans toutes les éditions françaises jusques et y compris celle de 1579, et conséquerament aussi dans l'édition latine. Il date donc seulement de 1.S85.

- L'odilio» do 16i.'^ ne contient qu'une

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