‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 126 sur 264 · PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE

J'ai connu qu'un regret payait l'expérience-, Et je n'ai pas voulu l'acheter de mes pleurs. Gardant comme un trésor ma calme insouciance, Dans leur fraîche beauté j'ai su cueillir les fleurs.

Préférant ma démence à la raison du sage , Si j'ai borné ma vie à l'instant du bonheur , Toi qui n'as cru jamais aux rêves du jeune âge , Qu'importe qu'après moi tu m'accuses d'erreur !

En vain tes froids conseils cherchent à me confondre. L'obtiendras-tu jamais ce demain attendu? Lorsqu'au funèbre appel il nous faudra répondre, ]Nous aurons tous les deux , toi pensé , moi vécu.

Nomme cette maxime ou sagesse ou délire , Moi, je veux jour à jour dépenser mon destin. Il est heureux, celui qui peut encor sourire Lorsque vient le moment de quitter le festin î

Paris, 4 tiorembre 1829.

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