LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS
Versait à la fois ses bienfaits Sur mes besoins et sur ma gloire (1) , Et dont le souvenir, culte de mes regrets , Par la reconnaissance est gravé pour jamais Dansmon cœur et dans ma mémoire !
Mais vous m'avez dit : « Du courage (2) I » J'en ai besoin. Ma vie a souffert tant de maux ! Ballotté par les vents qui déchaînent leur rage , Mon frêle esquif sans rame , égaré sur les flots ,
Se voit menacé du naufrage ^ Et si , parfois, mes yeux pensent apercevoir
Un riant et prochain rivage ,
Ge n'est jamais , ô désespoir !
Que Timposlure d'un mirage !
Mais si pourtant du bord je pouvais m'approcher, De mon esquif errant devenu le nocher.
(i) Lorsqu'Elisa parla à M. d'Aigout de la perte Je. sa pension de la liste ci\ile, il lui dit^qu'il la dédommagerait de cette perte ; qu'à la première vacation, il porterait sa pension de 1,200 francs à 2,000 francs, comme celle de madame Tastu.
(2) Quoique je n'aie pas trouvé ces dix-huit [derniers vers avec les prccédens , ils m'en ont semblé la suite , et je les ai poÉCs là.
294 A s. EXC. LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS.
Pilote habile et tutclaire , Si vous disiez aux (lots d'apaiser leur courroux ,
Aux vents de dompter leur colère ^
Si , poussant ma barque légère , Un zéphir bienfaisant , au souffle calme et doux , Seul respirant sur l'onde où je vogue incertaine ,
Vers quel bord le destin m'entraîne , Je pouvais sur la rive aborder, grâce à vous , Ma voix , de vos bienfaits consacrant la mémoire , Dans ma reconnaissance , au charme inspirateur, Heureuse , j'essaîrais d'acquitter par la gloire
Ma dette envers mon bienfaiteur !