ACTE I , SCENE II. Ù2'J
Pour l'accuser de haine , as-lu donc oublié Que c'est d'après lui seul qu'ici j'ai confié L'étendard de Grenade au chef abencerrage ? <3u'Aly fut le premier qui , vantant son courage , Montrant de nos succès un gage en sa valeur, Ait fait pencher enfin les voix en sa faveur ?
Epargne-toi , grand roi , le soin de me défendre Du reproche insolent que j'étais loin d'attendre ; Pour en être offensé , j'en fais trop peu de cas : Un trait lancé par lui , tombe , et ne m'atteint pas. Je me sens à l'abri d'une telle blessure ; Au poids de l'offenseur on doit peser l'injure-
BOABDIL
Gardes 1 Abenhamet en ces lieux peut entrer. Puisque dans ma justice en vain , pour méclairer, J'ai cherché vos conseils , ma volonté suprême Ne doit plus maintenant consulter qu'elle-même. Quel qu'il soit, nobles chefs, respectez mon arrêt. Gardez-vous!.... Mais silence! Abenhamet paraît.