ACTE V, SCÈNL XI
ZORAIDE , en voyant tomber le chevalier.
Grand Dieu ! mon défenseur!... S'il était mort pour moi !... Courez donc !
IBRAHIM, aux esclaves.
Détachez son casque.
LES ESCLAVES , qui entourent le chevalier lui détachent son casque , et , reculant de surprise , disent :
C'est le roi I (Zoralde qui est descendue de l'ëchafaud , Ibrahim et Inès s'approclient de Boabdil qui revient i lui.)
IBRAHIM
Boabdil !
ZORAIDK.
Mou époux-!
INÈS
Le roi !
ZORAIDE, à Boabdil.
Vous ?
BOABDIL
Oui, moi-mcme; Moi, qui pus un moment, dans mon délire extrême, Outrager ta vertu par un affreux soupçon ; Moi qui suis à tes pieds et demande pardon !
IBRAHIM, à part.
O Tertu ! dans son cœur tu n'étais donc pas morte ?...
ZORAIDE, avec intérêt.
Vous n'êtes pas blessé ?
BOABDIL, se relevant.
Non ! mais d'ailleurs , qu'importe , Quand c'est l'âme qui souffre , une blessure au corps ?
4^2 LOABDIL.
IBRAfflM.
Roi , qui put t'inspirer ce dessein ?
BOABDIL
Mes remords,
ZORAIDE.
Quoi ! par -vous aujourd'hui ma gloire m'est rendue V Vous me pensiez coupable , et m'avez défendue !
BOABDIL
J'avais appris déjà la mort de mon rival. Malgré moi , poursuivi par un doute fatal. Je ne me sentais plus convaincu de ton crime. D'un horrible complot je te pensais victime ; Mais enfin, innocente ou coupable envers moi, J'étais du moins certain , en combattant pour toi, Ou de ne pas survivre à ma gloire outragée , Ou de te retrouver innocente et vengée. Tu l'es ! daigne oublier ma trop funeste erreur.
ZORAIDE.
Aux yeux du monde enfin j'ai recouvré l'honneur. Je puis donc l'emporter au tombeau !
Zoraïde , Que dis-tu ?
ZORAIDE, lui montrant son anneau.
Regardez, voyez cet anneau vide; La mort qu'il contenait a passé dans mon sein.
BOABDIL
Empoisonnée !
INÈS
Oh ciel !