‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 235 sur 264 · ACTE V , SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE XI

BOâBDIL, criant.

Du secours !

ZORAIDE.

C'est en vain, Ma tombe s'est ouverte, et je vais y descendre.

BOABDIL, égaré.

Tout ce que je possède à qui peut me la rendre! Du secours !

ZORAroE.

Je vous dis qu'on n'en pourrait trouver. Aucun art des humains ne peut plus me sauver. J'ai compté les momens; une horrible souffrance Me dit que le dernier de ces momens s'avance.

(Elle » appuie sur Inès.) INÈS.

Tauvre maîtresse !

Inès , tes soins sont superflus

Asseyez-moi.... déjà , je ne me soutiens plus.

(On l'assied sur l'éckafaud, Boabdil est jeté sur les marches et Im tient lei mains.)

IBRAHIM

On outrage le ciel , quand on en désespère ; R^ine, qu'avez-vous fait ?

ZORAIDE.

Moi, je n'ai point , mon père , Douté du saint arrêt rendu par l'Eternel. Quand je m'empoisonnais , je savais que le ciel Devait au défenseur accorder la victoire ; Mais je voulais mourir, en recouvrant ma gloire. lié bien 1 pourquoi pleurer ? je ne vais plus souffrir

424 BOABDIL

BOABDIL , avec délire.

Oh ! par pitié pour moi , tu ne vas pas mourir i Non , tu vois les tourmens qui dévorent mon âme. Tu ne vas pas mourir.... Zoraïde.... ma femme !

ZORAIDE.

Quelle affreuse douleur !

BOABDIL, («perdu.

Dis-moi que tu vivras !

Zoraïde , ô mon Dieu ! ne meurs pas , ne meurs pas !

ZORATDE.

Un reste d'existence, une souffrance horrible, Se livrent dans mon sein une lutte pénible. Dieu!

BOABDIL, aballa.

Je n'ose pas même implorer mon pardon , Tu le refuserais, tu me détestes?...

ZORAIDE est long-temps à dire ce dernier couplet, pen à peu sa voii ièieiat.

Non!

Zoraïde au tombean n'emporte pas de haine. Reviens de ce transport ou la douleur l'entraîne. Non , je ne te hais pas. Un indigne imposteur Fit entrer malgré toi le crime dans ton cœur.... Qu'il en sorte !... qu'enfin, la vertu soit ton guide !... Boabdil... je pardonne!... Oui!... je meurs !

(Sa tête retombe.) BOABDIL , se jette à ses pieds en criant.

Zoraïde î ! !

(Sa tête retombe sur les genonx de Zoraïde.) (La toile tombe.)

FIN DU CI^Qt;lÈME ET DtKKIER ACTE.

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