CXXVI MÉMOIRES
être même bien davantage. Oh! oui, car d'ici l'apparition de mon volume, j'ai tout lieu de penser que M. Danguy me recueillera encore bien des signatures (i); ainsi tu vois que c'est bien heureux que ce traité ne me soit pas parvenu plus tôt. Espérons donc, d'après cela, que tout s'arrangera pour le mieux ; que le jour du bonheur se lèvera bientôt pour nous , et que nous ne retrouverons plus nos chagrins que dans notre souvenir!... Espérons, maman, espérons; Dieu nous protégera, j'en suis sùrel... je le crois, du moins...»
Et , pleine de cette croyance si douce à l'âme candide d'une jeune fille , Elisa prit la plume , et, sous la dictée de sa reconnaissance, elle écrivit aux membres de la Société académique de Nantes, car c'étaient eux qui s'étaient ré-
ser se charger de ce soiu; que, pendant qu'elle s'occuperait del'arrangement de son volume, lui s'occuperait de lui procurer des signatures; qu'il espérait pouvoir lui en obtenir beaucoup à la Bourse et au spectacle.
(i) Elisa avait raison, M. Danguy lui recueillit encore bien des signatures, car la liste qui, lors du traité, ne contenait que quatre cents noms, à la publication de ses poésies , en contenait près de six cents; et je dois dire que pas un de^eux qui avaient signé ne manqua à son engagement : il semblait que c'était un tribut que chacun d'eux croyait devoir au talent de la jeune Musc armoricaine et qu'il s'empressait de lui payer.
DELISA MERCOEUR. CXXVIl
unis (i) pour lui faire les propositions qu'on a vues dans le traité, et dont M. de Tollenare était chargé de l'exécution (2), afin de leur exprimer le regret qu'elle éprouvait de ne pouvoir profiter de leur bonne intention à son égard. Cela fait, elle ne s'occupa plus que des moyens d'accélérer la publication de son volume, qui, à sa grande satisfaction, eut lieu le 21 juin (1827), cinq semaines après ce que je viens de rapporter, et trois jours avant qu'elle n'eût ses dix-huit ans accomplis. M. Mélinet, à qui elle en avait confié l'impression , avait trop bien compris l'impatience que doit éprouver une jeune personne qui s'élance à la fois vers la gloire et la fortune, pour* ne pas donnera ses presses toute l'activité qui dépendait de lui. Elisa eut on ne peut plus à se louer des procédés de M. Mélinet (3) ; aussi,
(1) Une autre fois encore les honorables membres de la Société académique de Nantes se réunirent en l'honneur d'Elisa ; mais celte fois , ce fut pour souscrire pour le tombeau de leur jeune collègue.
(2) C'était à M. de Tollenare qu'Elisa était redevable de sa nomination à la Société académique de Nantes , et à M. Mélinet, des propositions que cette Société lui fit relativement à l'édition de ses poésies. M. Mélinet, craignant qu'EIisa ne se décidât pasè faire imprimer ses poésies, et sentant combien il était important pour elle qu'elles le fussent, avait engagé les membres de la Société académique, dont il fait partie, à se charger des frais de l'impression.
(3) Ainsi que M. Mélinet l'avait promis à Elisa lorsqu'il l'avait