‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 53 sur 264 · CXLVIII MEMOIRES · texte numérisé non relu

CXLVIII MEMOIRES

séder comme elle une âme de feu, et que d'êlre comme elle le soutien d'une mère tendrement aimée et de n'avoir pour la faire subsister que la perspective du seul produit de ses travaux , de pouvoir se faire au juste l'idée des sensations qui durent agiter son cœur filial en recevant, en un même jour, tant d'éléments de bonheur (i). Je dirai seulement que dès qu'elle put rassembler ses pensées , elle se hâta d'adresser ses remercîmens à MM. de Sesmaisons , Halgan et de Villeneuve , ayant soin de placer sous le couvert des deux premiers ceux qu'elle voulait faire parvenir à l'intendant général de la maison du roi (le baron de Labouillerie ) et au vicomte de Larochefoucauld; elle plaça de plus sous le couvert du comte de Sesmaisons une lettre à l'adresse de madame la maréchale duchesse de Reggio qui contenait une pièce de vers entremêlée de prose pour S. A. R. Madame, duchesse de Berri . Les vers se trouvent dans ce volume ; mais Elisa n'y ayant ajouté la prose

(i) Elisa fut si convaincue, d'après toutes les faveurs qu'elle reçut à la fois , que chacun dans sa -vie avait des jours 'nTa+qués pour le bonheur, qu'en reconnaissance de tout celui que liri' avait procuré le 3 avril , chaque année depuis lors elle faisait dire une messe qu'elle entendait avec toute la dévotion d'un jeune cœur qui rapporte à Dieu tout ce qui lui arrive d'heureux.

DELISA MERCŒUR. CXLIX

qu'en les transcrivant au net , je n'ai pu ia joindre à la pièce; j'ai seulement indiqué par des points les endroits où elle se trouvait placée.

Tenante justifier la bonne opinion que S. Exe. le ministre de l'intérieur avait conçue de son talent, Elisa ajourna à un temps un peu plus éloigné les remercîmens qu'elle lui devait, désirant les faire suivre d'une ode qui fût digne de lui être offerte, et, pour cela, il fallait at tendre l'inspiration.

Les journaux firent bientôt connaître toutes les faveurs dont Elisa venait d'être comblée.» Tant d'honorables encouragemens accordés à la fois à une jeune fille de province la firent grandir tout à coup de dix coudées ; l'attention se fixa plus que jamais sur elle, et particulier! rement celle des étrangers qui venaient visiter Nantes. Je crois qu'ils nous auraient accablées de visites s'ils n'avaient eu la facilité de la voir au spectacle (i) ; cela n'empêcha pas cependant que plusieurs parvinrent h se faire présenter à la maison , tous paraissaient concilier difficilement son extrême jeunesse et son profond sa-

(i) La Ville, sachant qu'Elisa était dans l'intention de travailler pour le théâtre, afin qu'elle pût étudier les effets de scène, nous avait donné nos entrées au spectacle. 11 sera facile de se convaincre en lisant sa tragédie, si elle fut bon observateur ou non

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