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S'illustre-ton jamais quand on n'ose minier?
Comme un son fugitif de quelque note amie , Accueille doucement un accent de ma voii. Elis.i Mebcccir.
Foyer secret du cœur, invisible pensée, Au douteux avenir livre mes premiers chants. Que ta voix est tremblante ! Ose donc, insensée : L'oreille qui s'incline entendra tes accens. Mais l'aurore au midi ne saurait être égale ; Le ciel n'est embrasé qu'à l'exil du printemps : Mon âme , de tes feux comble cet intervalle ; Vieillis-moi , s'il se peut, et dérobe le temps. Quoi ! pas un de mes jours n'a laissé de mémoire ? Quoi! mon nom reste encor dans l'ombre enseveli ?
Ah I pour moi chaque instant qui s'écoule sans gloire Est un siècle fané par la main de l'Oubli ! Mais toi , chantre sublime , à la voix immortelle , Demain , si tu l'entends , la mienne qui t'appelle Aura des sons plus purs que ses chants d'aujourd'hui.
Ainsi l'on voit le faible lierre
Mourir lorsqu'il est sans appui :
Si le chêne lui prête un rameau tutélaire,
11 s'attache , il s'élance , il s'élève avec lui.
Voyez de ce roseau trembler la faible cime , Au moindre souffle il penche et frémit sur l'abîme. Ah ! bravons l'aquilon qui le vient agiter ! S'illustre-t-on jamais quand on n'ose monter ? Le cèdre s'est caché sous le voile de l'herbe , Avant qu'arbre géant il grandît à nos yeux -,
Il monte encor, son front superbe
S'étend , et s'approche des cieux !
Passagers d'un moment , sans effroi du naufrage
Gaîment de notre asile abandonnons le seuil.
Eh ! qu'importe , après tout , que , pendant un orage
Notre vaisseau brisé nous jette sur l'écueil î
Sur les flots moins émus si notre voile flotte ,
Passons , mêlons un hymne aux chansons du pilote.
A toi-même , dans ton matin , Le Bonheur qui fuyait oublia de sourire :
Subjugué maintenant par les sons de ta lyre ,
Ce Bonheur tant rêvé s'attache à ton destin.
Par un instinct inné qui dispose de l'âme ,
Ta voix , qui s'unissait aux longs soupirs des mers ,
Surprenant dans ton cœur des pensers pleins de flamme,
Dans les temps d'infortune a trouvé des concerts.
Tu rejetas le fruit qui meurt lorsqu'on le cueille -,
La gloire pour ton front laissait croître un laurier -,
Marchant sans regarder le gazon du sentier,
Tu méprisas la fleur qui sous le pied s'effeuille.
Par toi , la Vérité , comme un divin flambeau ,
S'échappa de la nuit du silence et du doute;
Et , pour lever les yeux vers la céleste voûte ,
L'Ignorance vaincue arracha son bandeau.
Ton luth aux nobles sons par un vent du caprice
Lorsque tu le touchais ne fut point agité ;
Sa corde, que jamais n'effleura l'injustice ,
Eut même dans l'exil des chants de liberté.
Mais il est des momens où la harpe repose , Où l'inspiration sommeille au fond du cœur, Où les gouttes du ciel qui baignaient une rose En séchant par degrés n'humectent plus la fleur .
Dans ces instans de rêverie , Où ton luth sans accords est muet sous tes doigs , Comme un son fugitif de quelque note amie , Accueille doucement un accent de ma voix. Caresse le présent au nom de l'espérance ,
Songe au peu de saisons que j'ai pu voir cncor, Et combien peu ma bouche a puisé d'existence Dans le vase rempli dont je presse le bord. Tends une main propice à celui qui chancelle ; J'ai besoin , faible enfant, qu'on veille à mon berceau Et l'aigle peut , du moins , à l'ombre de son aile , Prologer le timide oiseau.