DORS, MON AMI
Je me <uis éveillée et des chagrins sans nombre En pesant sur mon coeur sont veuui le Qétrir.
Dors , mon ami-, que les plus heureux songes
Te bercent pendant ton sommeil ;
Peut-être que ces doux mensonges
N'en seront plus à ton réveil.
Si les fils de la Nuit , empruntant mon image ,
Te font l'aveu de mon amour, Ce n'est point une erreur, sous ce même feuillage,
j6 dors, mon ami.
De moi tu l'entendras un jour.
Caresse du bonheur rillusiou chérie ,
De ton esprit chasse l'effroi ; Ah ! dors tranquillement ; dors , ta fidèle amie
Veille attentive auprès de toi.
L'oiseau sur la branche flexible
Soupire ses chants amoureux -, Sa compagne l'écoute, elle est jeune et sensible Oh ! mon ami , quand serons-nous heureux !
Mais de nous s'approche un nuage :
Il va pleuvoir, je tremble malgré moi ;
Tout nous menace de l'orage :
Mon jeune ami, réveille-toi.
( Octobre i825. )
ELEGIE
ÉLÉGIE
LasI i ce qui n'ett pltii , quelle erreur de prélendre! Tout m'accable aujourd'hui , tout m'apporte un regret : Vainement je crois Toir, cnvaio je croii entendre : C'est la nuit , le silence , et pour moi tout se lait! Elis* Mencoccn.
Qc'ai-je entendu? dans mon âme oppressée La cloche funéraire a soudain retenti.
Toi qui règnes dans ma pensée,
Tu n'es donc plus , fidèle ami.
C'en est fait , un affreux délire
Trouble tous mes sens éperdus :
Ma voix , qui faiblement soupire ,
S'exhale en regrets superflus.
Lorsqu'une fleur est desséchée Par le soleil brûlant qui vient de Tentr'ouyrir,
Pâle , sur sa tige penchée ,
On la voit tomber et mourir.
Moi, je me fanerai comme elle,
20 ELEGIE
Et mes yeux ne s'ouvriront plus :
Alors , dans la nuit éternelle , Nos deux cœurs seront confondus.
Ah! quand ils4'étaient sur la terre, Nous croyions rencontrer le bonheur dans l'amour ; C'était une chimère Qui n'a pu nous tromper qu'un jour.
J'ai tout perdu -, de ma bouche brûlante S'échappe un soupir douloureux :
Mais, seule avec ses pleurs, ta malheureuse amante Ose encore former des vœux.
Je rêve.... La cloche m'éveille, Et c'est pour gémir sur mon sort.
Dans le plus doux repos mon jeune ami sommeille ^
Moi seule j'ai senti la mort.
Quand tu fus arraché des bras de ton amie, Quand ton âme vola vers l'immortel séjour, Je sentis s'affaiblir le flambeau de ma vie; Il répandait à peine un triste jour. Bientôt, de profondes ténèbres Succéderonfà sa lueur :
La mort couvre mes yeux de ses voiles funèbres , Son froid glace mou cœur -, Ma voix s'éteint, je cède, je succombe : Je suis heureuse de mourir , Puisqu'aujourd'hui la même tombe Va pour jamais nous réunir.
(Octobre 1825.)
NE LE DIS PAS
NE LE DIS PAS
Qu'uD lerret fait da mal qaabd od d'où l'apprendre ! Eiist MeiccEOE.
Tiens, d'un secret je veux l'instruire^ Mais j'ai peur de l'Echo, je parlerai tout bas,
L'indiscret pourrait le redire j Il faut, petit ami, qu'il ne m'entende pas.
Écoute ; Du rosier la feuille fugitive
Tombe et s'envole en murmurant :
La feuille fait du bruit, je serai moins craintive^ Le bruit m'a rassurée , et je tremble pourtant. Qu'un secret fait de mal quand on n'ose l'apprendre !
24 NE LE DIS PAS
Il semble qu un lien l'attache sur le cœur.
Vois^ mon regard te parle, il est plein de douceur :
Uis-moi donc, mon ami, ne peux-tu le comprendre?
- Il était prêt à se trahir , Le secret que devait t'expliquer mon silence.
Il s'échappait : timide en ta présence , Ma bouche se referme et n'ose plus s'ouvrir.
Bien tendrement la tienne a dit : je t'aime ! Lorsque ce mot si doux fut prononcé par toi -^ Méchant, c'est mon secret que ta bouche elle-même, Comme un écho du cœur , t'a révélé pour moi.
Tu le connais; et peut-être parjure,
Un jour, hélas! tu le décèleras :
Petit ami , je t'en conjure , Si tu le sais , ne le dis paj.
(Décembre 1825.) -'
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