‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 85 sur 264 · ADIEUX A L'EXISTENCE · texte numérisé non relu

ADIEUX A L'EXISTENCE

ODE

Qui lûiise uo uooi peut-il mourir }

Ah .' (|ui pourrait pleurer son rire , Quand le poids que la niorl soulève Laiise eufÏQ reipirerle rœur.

. Eust Uebcobds.

Plus de songes , vie éphémère !

Bien loin de moi tous les hasards; Voici l'instant où ma paupière , De l'œil désormais sans lumière , N'enfermera plus les regards.

Voici l'instant où le délire Laisse muet le cœur lassé ,

Il6 ADIEUX A L EXISTENCE.

OÙ la bouche perd le sourire -, Et si le sein encor soupire , C'est à l'image du passé.

Voici l'heure où le diadème Du front des rois est détaché ^ C'est l'instant vengeur et suprême , L'instant où , libre enfin lui-même , L'esclave aux fers est arraché.

C'est le moment où l'espérance Montre les cieux à sa lueur.

Déjà tu fuis , pâle existence , Ton vol interrompt la souffrance Comme il achève le bonheur.

C'est l'heure où la lyre sommeille, Où l'inspiration s'endort 5 Où le cœur qui pense et qui veille , Quand nul son ne frappe l'oreille.

Frémit sous l'aile de la mort.

C'est l'heure où le trépas nous cueille Et glace la voix du désir -, Où la fleur tombe feuille à feuille ^ Où notre âme , qui se recueille , Fait ses audieux au souvenir.

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