ADIEUX A L'EXISTENCE
ODE
Qui lûiise uo uooi peut-il mourir }
Ah .' (|ui pourrait pleurer son rire , Quand le poids que la niorl soulève Laiise eufÏQ reipirerle rœur.
. Eust Uebcobds.
Plus de songes , vie éphémère !
Bien loin de moi tous les hasards; Voici l'instant où ma paupière , De l'œil désormais sans lumière , N'enfermera plus les regards.
Voici l'instant où le délire Laisse muet le cœur lassé ,
Il6 ADIEUX A L EXISTENCE.
OÙ la bouche perd le sourire -, Et si le sein encor soupire , C'est à l'image du passé.
Voici l'heure où le diadème Du front des rois est détaché ^ C'est l'instant vengeur et suprême , L'instant où , libre enfin lui-même , L'esclave aux fers est arraché.
C'est le moment où l'espérance Montre les cieux à sa lueur.
Déjà tu fuis , pâle existence , Ton vol interrompt la souffrance Comme il achève le bonheur.
C'est l'heure où la lyre sommeille, Où l'inspiration s'endort 5 Où le cœur qui pense et qui veille , Quand nul son ne frappe l'oreille.
Frémit sous l'aile de la mort.
C'est l'heure où le trépas nous cueille Et glace la voix du désir -, Où la fleur tombe feuille à feuille ^ Où notre âme , qui se recueille , Fait ses audieux au souvenir.