ADIEUX A L EXISTENCE. H
OÙ la mienne desabusée Sur soi-même jelte un regard :
La coupe en un jour épuisée , Sur mes lèvres , déjà brisée , Epanche un reste de nectar.
De fleurs , hélas ! trop tôt fanées , J'ai vu priver mon court exil....
Des heures mêmes fortunées , En suivant le cours des années, Jamais un instant revint-il?
Un jour s'éclipse des l'aurore , Un autre s'achève à demi -, Sortant de la nuit que j'ignore , Un autre lui succède encore , Flétri par un vent ennemi.
Maintenant le voile se lève Et chasse l'ombre de l'erreur :
Ah ! qui pourrait pleurer son rêve , Quand le poids que la mort soulève Laisse enfin respirer le cœur.
Gronde encore, impuissant orage Tous mes songes sont envolés !
Il8 ADIEUX A L EXISTENCE.
Océan , éveille ta rage , Je suis calme sur le rivage Auprès de tes flots refoulés !
(Mars j8a7.)