‹ Œuvres complètes d'Élisa Mercœur de Nantes (volume 2)Chapitre 87 sur 264 · AU LÉ THÉ · texte numérisé non relu

AU LÉ THÉ

CLiaquc siècle qui tombe et que iod oDde entraîne' N'est qvi'un «clair nouveau que toit l'éleroité. Elisa Hiicotui.

LoRSQu EN mon sein gonflé par un dernier soupir Le flambeau de la vie aura perdu sa flamme, Dans ton cours oublieux n'abîme point mon âme , Léthé, que sur tes flots surnage un souvenir.

Qu'un reflet de la terre et m'entoure et me suive , Qu'un vent, comme un adieu de ses passagers biens. Conduise , en inclinant les roses de ta rive, Ma nacelle sans rame aux champs Elysiens.

3 22 AU LETIIE,

Fleuve toujours voilé d'un frais et doux ombrage , Il n'est donc point d'hiver sur tes hors éternels ? Quoi ! jamais agité ? Quoi ! pas un seul orage ? Et ce calme convient à l'esprit des mortels ?

Ah ! dans tes flots on perd les pensers de la vie : Dans les champs du repos , du bonheur sans désir . De ses émotions l'âme n'est point suivie ; Là , c'est un long présent qui n'a point d'avenir.

L'âme , en fuyant la terre en rejette la chaîne -, Heureuse , elle se plaît dans l'immobilité ^ Chaque siècle qui tombe et que ton onde entraîne N'est qu'un éclair nouveau que voit l'éternité.

Là , jamais ne s'échappe une heure fugitive Que le sable jadis marquait à petit bruit ; L'homme ne penche plus une oreille craintive Pour écouter le temps qui le frappe et s'enfuit.

Là , n'est jamais aux cieux le semblant d'un orage , C'est toujours sous leur voûte une aurore, un printemps, Aux timides zéphyrs effleurant ton rivage , Les fleurs livrent toujours leurs parfums enivrans.

Sans cesse de la lyre un son divin s'exhale , Se prolongeant dans Ta^r qui doucement frémit.

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